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Boursicoter pour lutter contre l’ennui
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18 JUIN

Boursicoter pour lutter contre l’ennui

18-6-2020
Arne Maes – Senior Economist
Arne Maes Senior Economist
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Rédigé le 17-6-2020 10:54
Publié le 18-6-2020 06:54
Les particuliers ont commencé à acheter des actions dès la fin du krach lié au coronavirus. Ils ont ainsi pu profiter de la chute des cours. L’ennui pourrait-il expliquer leur opportunisme?
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Sommaire

  • Les Bourses sont (quasiment) revenues à leur niveau d’avant la crise du coronavirus
  • Ce rebond rapide s’explique en partie par l’afflux de nouveaux investisseurs
  • Selon la théorie des Boredom Markets, investir est devenu une forme de divertissement
  • Plus les gens s’ennuient, plus ils boursicotent
Début juin, l’indice américain S&P500 est quasiment revenu à son niveau d’avant la crise du coronavirus. Les records de la fin février sont à nouveau en vue. Le Bel 20 est plus haut qu’au début du confinement. Comment expliquer un tel rebond alors que des pans entiers de l’économie pansent leurs plaies ? Que les annonces de fermetures d’entreprises et de licenciements s’accumulent ? La Bourse n’est plus le reflet des perspectives économiques ?

Une partie de l’explication réside sans doute dans le profil et les motivations des investisseurs à la manœuvre ces derniers mois. Une analyse de la FSMA et une théorie cocasse, mais certainement pas absurde, du chroniqueur de Bloomberg Matt Levine vont dans ce sens.
Les jeunes investisseurs, âgés de 18 à 35 ans, se sont montrés bien plus actifs pendant cette période de crise.

Les jeunes à la barre

La FSMA a observé une nette hausse du nombre de transactions boursières durant la crise du coronavirus. Le volume d’actions négociées a été multiplié par cinq entre le 24 février et le 30 avril 2020. Les jeunes investisseurs, âgés de 18 à 35 ans, se sont montrés bien plus actifs pendant cette période de crise. Ils ont acheté pour 21 millions d’euros d’actions au cours de la dernière semaine du mois de mars. C’est presque onze fois plus qu’au cours de la troisième semaine de février.

Les investisseurs occasionnels (maximum cinq transactions au cours des deux années précédant la période de crise) ont acheté pour 30 millions d’euros d’actions du Bel 20 durant la deuxième semaine de mars. C’est dix fois plus que la semaine avant la crise.
Les investisseurs plus jeunes et moins expérimentés ont donc contribué au rebond du Bel 20 vers ses niveaux d’avant la crise.Arne Maes

La théorie des Boredom Markets

Les investisseurs plus jeunes et moins expérimentés ont donc contribué au rebond du Bel 20 vers ses niveaux d’avant la crise. Qu’est-ce qui les a poussés à investir ? Vraisemblablement :
  • Les cours attractifs des actions
  • La supposition que certaines entreprises ont été sanctionnées à tort
  • La conviction qu’il y a des opportunités à saisir
Mais un autre phénomène pourrait aussi avoir joué un rôle comme le décrit Matt Levine dans la Boredom Markets Hypothesis. Selon cette théorie pas tout à fait sérieuse, ni complètement farfelue, les particuliers ont investi pour se divertir. En résumé, plus les gens s’ennuient, plus ils boursicotent.

Contracyclique

La théorie de Matt Levine explique pourquoi tant de jeunes ont investi à un moment où les cafés et discothèques étaient fermés. Ils étaient obligés de rester chez eux et avaient déjà fait le tour de l’offre de Netflix. Un des aspects les plus intéressants de la théorie est qu’elle contracyclique. Plus l’économie va mal, plus les investisseurs s’ennuient et achètent des actions.

En cas de nouveau confinement, une partie de l’économie sera à l’arrêt, mais le négoce d’actions se portera bien. Et si un vaccin est découvert et que l’on peut à nouveau sortir, voyager et aller au cinéma comme avant ? Les investisseurs du dimanche auront autre chose à faire que boursicoter, mais les Bourses ne devraient quand même pas en être affectées.

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