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Le piège des taux bas se referme sur l’Europe
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4 MARS

Le piège des taux bas se referme sur l’Europe

4-3-2019
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
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Rédigé le 1-3-2019 13:54
Publié le 4-3-2019 08:00
Les taux d’intérêt sont au plus bas en Europe. Des investisseurs sont obligés de payer pour détenir de la dette publique. Faute de rendement, les épargnants sont incités à épargner davantage.
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Sommaire

  • Depuis 2014, les taux d’intérêt sont au plus bas en Europe
  • Le stock de dettes à taux négatif s’élevait à 11.000 milliards de dollars début 2019
  • Certains investisseurs sont obligés de payer pour détenir de la dette publique
  • Un solide casse-tête pour le secteur financier et les épargnants
Selon Bank of America (Merrill Lynch), le stock de dettes à taux négatif s’élevait à 11.000 milliards de dollars début 2019. Cela représentait 22 % des obligations publiques dans le monde. Neuf pays sont concernés : Allemagne, Belgique, Autriche, Finlande, France, Suède, Portugal, Japon et Espagne. Certains investisseurs sont obligés de payer pour détenir de la dette publique. Comme les fonds qui suivent des indices composés d’obligations d’États ou les compagnies d’assurances. Elles doivent en effet aligner la maturité de leurs actifs (placements…) sur celle de leurs passifs, dont leurs engagements en assurance-vie. En Europe, ces obligations permettent aussi d’éviter le taux négatif imposé par la BCE sur les dépôts des banques commerciales.
Si elle fait le bonheur des gouvernements, la persistance des taux très bas peut s’avérer désastreuse pour l’économie.Sylviane Delcuve
Belgique
Les trois pays ayant relevé leur taux ont annoncé qu’ils ne comptaient pas poursuivre cette politique, l’inflation étant plus faible que prévu.

Des tentatives pour sortir du piège

Quelques pays ont tenté d’inverser la tendance et ont relevé leurs taux directeurs, soit les taux à court terme. Le Royaume-Uni, avant la déroute du Brexit, la Suède et la Norvège s’y sont essayés en 2018. Leurs banques centrales ont argué que l’inflation montait et qu’il était prudent de commencer à resserrer la vis monétaire. La banque centrale suédoise a ainsi relevé son taux directeur en décembre 2018 quelques mois après son homologue norvégienne. Depuis lors, les trois pays qui se sont engagés dans cette voie ont annoncé qu’ils ne comptaient pas poursuivre cette politique. Les chiffres de l’inflation sont plus faibles que prévu. Même aux États-Unis, il est pratiquement acquis que les taux ne bougeront plus au cours des prochains mois.
Japon

Un inquiétant parallèle avec le Japon

Depuis plus de 20 ans, le Japon est confronté à une situation similaire qui a empêché toute remontée des taux. Une situation en or pour le gouvernement japonais qui doit financer une dette publique astronomique. Mais un solide casse-tête pour le secteur financier et pour les épargnants. C’est le piège des taux bas. Si elle fait le bonheur des gouvernements, la persistance de taux d’intérêt très bas peut s’avérer désastreuse pour l’économie. La prise de conscience du faible rendement de leur épargne incite les investisseurs à thésauriser davantage. C’est un cercle vicieux. Surveillons donc avec attention l’évolution des principaux indicateurs économiques. Espérons que nous échappions au scénario japonais.

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