« Tous les nouveaux véhicules de société devront être neutres en carbone d’ici 2026 ». Cette petite phrase de l’accord de gouvernement du 30 septembre 2020 a d’énormes conséquences. L’objectif est-il réaliste ? Pas sans changement de cap. Au rythme actuel, le réseau de recharge sera insuffisant en 2026 pour supporter plus de 300.000 voitures de leasing. En 2019, les entreprises ont immatriculé 315.557 voitures neuves.
Il est toutefois réalisable si les conditions suivantes sont réunies :
- Les autorités doivent en faire une priorité
- Les permis pour les stations de recharge sont délivrés rapidement
- Les entreprises privées accélèrent leurs investissements
- Les stations-service installent massivement des bornes de recharge rapide
Modèles, batteries et électricité
Mais l’industrie automobile pourra-t-elle suivre ? Vraisemblablement, oui. À peu près tous les constructeurs développent leur gamme électrique. De nouveaux modèles plus petits et moins chers vont être commercialisés. Sur la base du coût total (prix d’achat, carburant, entretien), le surcoût des voitures électriques pourrait disparaître d’ici 2026. Les prévisions catastrophistes d’une pénurie de courant en 2026 pour les voitures électriques ne sont guère crédibles. Au contraire, elles peuvent contribuer à équilibrer la demande. Lorsque vous rentrerez du travail en 2026, vous pourrez peut-être utiliser l'énergie de la batterie pour faire la lessive et la voiture se rechargera automatiquement plus tard quand l'électricité est moins chère.
Budget mobilité
L’accord de gouvernement promet aussi de réformer le budget mobilité afin de soutenir la mobilité durable. À l’avenir, les employeurs devraient pouvoir octroyer un tel budget aux salariés qui ne disposent pas de voiture de société.
Cela ouvre des perspectives. Surtout si les salariés sont encouragés à opter pour un budget flexible combinant par exemple une petite voiture et un vélo en leasing. Les personnes habitants en ville pourraient renoncer à la voiture personnelle et privilégier une voiture partagée et/ou un abonnement aux transports en commun.
Si cela aboutit, cela serait une très bonne chose. Car cela signifierait davantage de vélos sur les routes, une réduction de la place occupée par les voitures dans les villes, moins de bouchons…
Facteurs de réussite
Le budget mobilité peut devenir un succès à certaines conditions :
- un mécanisme d’incitation fiscal doit être prévu ;
- le budget mobilité devrait pouvoir servir à financer le travail à domicile (connectivité, imprimante, bureau…) afin d’éviter certains déplacements, autre solution au problème de la mobilité ;
- des plateformes de mobilité offrant une expérience de transport fluide et transparente doivent être développées ;
- tout comme les investissements dans les pistes cyclables ont été couronnés de succès ces dernières années, les transports publics doivent devenir plus confortables. Il faut aussi investir dans les hubs de mobilité : points de transfert d'un mode de transport à un autre. Ils doivent être sûrs, confortables et propres.