Que ce soit à cause des surcapacités, d’un changement de comportement des consommateurs ou de la peur de l’inconnu dans un monde en plein désarroi géopolitique, nombre d’économies semblent en voie de ralentissement. Deuxième économie mondiale, la Chine ne parvient ainsi pas à redresser la barre. Au point qu’une nouvelle baisse des taux directeurs vient d’être décidée par les autorités monétaires. Les chiffres de la croissance américaine ont par contre déjoué les pronostics. Le PIB aurait progressé de manière impressionnante au deuxième trimestre, affichant une croissance de 3,1% sur un an. La plupart des observateurs s’attendaient plutôt à un léger ralentissement de l’activité !
L’enquête sur les conditions économiques aux États-Unis, compilée par les banques régionales de la Réserve fédérale (Fed), suggère pourtant que l’économie américaine ralentit. Cinq des 12 districts de la Fed ont fait état d’une activité économique stable ou en baisse, soit trois de plus que dans l’enquête de mai. L’inflation a également ralenti plus vite que prévu (3% en juin), attisant les perspectives de baisse des taux. En Europe, l’économie montre des signes encore plus nets d’essoufflement, confirmés par les résultats décevants de la dernière enquête auprès des directeurs des achats (indicateurs PMI). Dans le détail, ils confirment la contraction de l’activité dans l’industrie manufacturière et l’amorce d’une dégradation dans le secteur des services.
Le contraste entre pays est toujours plus frappant entre une Espagne qui se porte de mieux en mieux et une industrie allemande qui peine à se réinventer dans un monde où l’énergie coûte plus cher. La Banque centrale européenne (BCE) a déjà procédé à une première baisse de taux. Parions que l’automne sera le théâtre de baisses plus généralisées des taux directeurs par les banques centrales. Aux États-Unis, une réduction de 0,25% d’ici septembre est pleinement intégrée par les marchés. Une deuxième pourrait suivre d’ici la fin de l’année. Cela impliquera-t-il une détente plus importante des taux sur les marchés obligataires ? Rien n’est moins sûr, car le scénario est déjà intégré dans les taux actuels. C’est la magie des marchés financiers !
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