Sommaire
- Avec Joe Biden et la majorité au Congrès américain, les démocrates ont les mains libres
- Les dépenses publiques devraient augmenter pour relancer la machine économique
- Les bilans des banques et des banques centrales sont remplis d’obligations d’État
- Le retour des États-Unis dans l’accord de Paris pourrait stimuler les obligations vertes
Avec Joe Biden comme Président et la majorité à la Chambre et au Sénat, les démocrates ont les mains libres. Ils devraient gonfler les dépenses publiques pour soutenir l’économie. Il se dit que le plan de relance dépassera largement les 900 milliards de dollars promis par Donald Trump. Joe Biden veut améliorer le pouvoir d’achat des Américains tout en taxant davantage les très riches (revenus supérieurs à 400.000 dollars par an) et les sociétés : hausse du taux d’imposition de 21% à 28%. Sous Barack Obama, ce taux était de 31%, ce qui n’a pas empêché la Bourse de monter. Par ailleurs, la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait conserver une politique accommodante et poursuivre ses achats d’obligations finançant les dépenses publiques.
Tant que la Fed tient ce discours, le risque d’envolée des taux à long terme reste limité.
Des taux à long terme plus tendus
Tant que la Fed tient ce discours, le risque d’envolée des taux à long terme reste limité.
Dès que la vaccination sera un peu plus avancée, les États-Unis devraient donc tourner la page de la morosité. Les indicateurs (croissance, indices de confiance, emplois…) pourraient rapidement surprendre par leur vigueur. Les marchés l’anticipent, mais ils savent aussi que cela ira sans doute de pair avec une petite accélération de l’inflation. La réaction sur le marché obligataire n’a pas tardé. Dès la première séance de 2021, le taux américain à 10 ans est repassé au-dessus de 1%, au plus haut depuis mars 2020. Une évolution notable dans un contexte mondial marqué par la chute des taux.
Des bilans remplis d’obligations
Il faut espérer que cette petite remontée des taux à long terme ne soit pas le début d’un mouvement plus durable. Ce serait inquiétant, car le monde n’a jamais été aussi endetté ! Qu’il s’agisse des États, des entreprises ou même des particuliers… Tous ont profité des taux bas. Les bilans des banques sont remplis d’obligations d’État, comme ceux des banques centrales qui rachètent massivement des dettes publiques. Une hausse trop brusque ou trop forte des taux à long terme engendrerait des moins-values gigantesques sur ces positions. Ce qui risquerait de faire vaciller le secteur financier. Ce dont nous n’avons vraiment pas besoin. En effet, la reprise passera aussi par des crédits aux agents économiques ayant souffert de la pandémie.
Aux États-Unis, les entreprises ont émis pour 2.500 milliards de dollars d’obligations en 2020 et le secteur privé semble décidé à poursuivre dans cette voie.Sylviane Delcuve
Le boom des obligations vertes
Personne ne redoute encore une trop forte remontée des taux, tant la crise est sévère. Le risque est faible de voir l’inflation déraper avant quelques années. Les entreprises ne s’y trompent pas. Rien qu’aux États-Unis, elles ont émis pour 2.500 milliards de dollars d’obligations en 2020. Et le secteur privé semble décidé à poursuivre dans cette voie. Que ce soit pour refinancer des dettes bientôt échues ou renforcer des bilans affaiblis par la crise. La perspective d’un retour des États-Unis dans l’accord de Paris pourrait aussi stimuler les obligations vertes. Les émissions devraient atteindre 500 milliards de dollars en 2021. Un bon moyen pour les investisseurs de faire un geste pour la planète…