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Taux d’escompte et coût du capital: un lien distendu?
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7 JUIL

Taux d’escompte et coût du capital: un lien distendu?

7-7-2023
Arne Maes – Senior Economist
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Rédigé le 6-7-2023 07:56
Publié le 7-7-2023 05:00
Les entreprises se basent-elles toujours sur un taux d’escompte et un coût du capital intimement liés pour leurs décisions d’investissements ? Une étude jette le doute.
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Quand, comment et combien investir ? Ces questions taraudent les entrepreneurs. Pour y répondre, ils s’appuient sur certains concepts de base.
  1. Le coût du capital : il s’agit du coût du financement nécessaire à tout investissement.
  2. L’actualisation : il s’agit du processus permettant de déterminer la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs d’un investissement. Ce qui nécessite d’appliquer un taux d’escompte, c’est-à-dire une sorte de taux d’intérêt. Ce dernier permet ainsi de déterminer si les flux de trésorerie futurs ont une valeur supérieure au capital investi aujourd’hui. Si c’est le cas, les voyants financiers passent alors au vert.
Le lien entre ces deux concepts semble aujourd’hui plus distendu.

Lien distendu ?

Dans une récente étude du Becker Friedman Institute for Economics, Niels Joachim Gormsen et Kilian Huber ont examiné le lien entre taux d’escompte (ou d’actualisation) et le coût du capital. Ces deux concepts ont longtemps été considérés comme les deux faces d’une même médaille : les entreprises ajusteraient le rendement nécessaire des nouveaux investissements au coût des capitaux sur les marchés financiers.

Niels Joachim Gormsen et Kilian Huber ont parcouru les transcriptions des conférences téléphoniques entre 2002 et 2021 à la recherche de déclarations de dirigeants à ce sujet. Il en ressort que les entreprises évaluent bel et bien leur coût du capital, mais que cette estimation n’a pas toujours une grande influence sur les décisions d’investissement. En outre, elles n’adaptent que peu leur taux d’escompte en fonction du coût du capital.

Niveau habituel

Les chercheurs abandonnent ce qu’ils appellent « le point de vue stylisé », selon lequel ces deux concepts sont intimement liés. Selon eux, le coût du capital n’a qu'un effet modeste sur le taux d’escompte. Par exemple, une augmentation de 1 point de pourcentage du coût du capital perçu entraîne, en moyenne, une augmentation de 0,3 point de pourcentage du taux d’escompte.

En effet, de nombreuses entreprises modifient rarement leur taux d’escompte, optant souvent pour un niveau habituel pour les projets de plus longue durée. Dans de nombreux cas, les changements observés ne sont même pas liés au coût du capital perçu. Ce qui limite la rentabilité des investissements dans un certain nombre de cas.
Les entreprises pourraient ne pas limiter leurs investissements autant que prévu dans un environnement de taux plus élevés.Arne Maes

Explication

Trois théories peuvent expliquer pourquoi les entreprises négligent la création de valeur.
  1. L’interaction entre le pouvoir de marché et les croyances en matière de création de valeur : les entreprises disposant d’une solide position de marché retiennent des taux d’escompte stables pour leur rentabilité.
  2. Le risque idiosyncrasique au niveau de l’entreprise : les entreprises plus risquées privilégient des taux d’escompte stables et plus élevés.
  3. Les contraintes financières : elles sont à l’origine du décalage entre taux d’escompte et coût du capital.
Cette conclusion peut expliquer pourquoi les investissements ont été moins importants que prévu ces dernières années. Mais elle est également de bon augure pour l'avenir : les entreprises pourraient ne pas limiter leurs investissements autant que prévu dans un environnement de taux plus élevés.

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