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L’histoire se répète rarement sur les marchés
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24 AVR

L’histoire se répète rarement sur les marchés

24-4-2026
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
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Rédigé le 22-4-2026 13:37
Publié le 24-4-2026 08:37
Les marchés financiers viennent de subir de fortes secousses mais les investisseurs semblent finalement plutôt sereins. Certains ont toutefois la mémoire plus courte que d’autres. Où en sommes-nous ?
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Les marchés financiers viennent de subir de fortes secousses avec le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Ce dernier a en effet provoqué un embrasement au Moyen-Orient et une flambée du prix de nombreuses matières premières, pétrole en tête.

Cette crise est arrivée sans qu’on la voie venir, comme souvent. Mais force est de constater qu’elle aura été de courte durée sur les Bourses, puisque la plupart des pertes enregistrées en mars ont été effacées sur la première quinzaine d’avril.

La situation reste pourtant tendue, le détroit d’Ormuz est toujours largement bloqué à la circulation maritime et les menaces de pénuries de carburant semblent bien réelles à un horizon de quelques semaines.

Risque de stagflation

Malgré tout, les marchés boursiers estiment aujourd’hui que les risques de plongée en stagflation (récession combinée à une forte inflation) sont faibles. Est-ce dû au sentiment que les crises précédentes se sont rapidement effacées, aussi bien en 2020 qu’en 2022, ou à la conviction que les économies sont suffisamment solides ?

Difficile à dire au stade actuel. Mais il est un fait que lors des crises précédentes, en ce compris celle de 2008, les banques centrales et les gouvernements étaient intervenus de manière extrêmement vigoureuse pour « empêcher » le navire de couler. Les injections de liquidités avaient été énormes, au point de multiplier par 9 la taille des bilans des banques centrales. Parallèlement, les gouvernements avaient pioché dans les fonds publics au point d’augmenter les ratios de dette publique de plus de 20% du produit intérieur brut (PIB) dans de nombreux pays.
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En quelques semaines, les taux à 10 ans étaient passés de 0% à 3% en Belgique et de 1% à 4% aux États-Unis.Sylviane Delcuve

Les marchés obligataires plus inquiets

Toute médaille ayant son revers, ces politiques nous avaient plongé dans l’ère des taux d’intérêt négatifs en Europe. Et nous continuons de payer le prix des dérapages budgétaires qui limiteront pour un bon moment la marge de manœuvre des autorités. Les discussions sur les éventuels moyens pour limiter le choc de la flambée du prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat illustrent très bien ces temps d’austérité forcée.

Aujourd’hui, si l’optimisme règne au niveau des Bourses, c’est une autre histoire pour les marchés obligataires qui semblent redouter une hausse inévitable de l’inflation qui risquerait de provoquer les mêmes dégâts qu’en 2022. Le choc avait alors été très violent après des années sans inflation.

La lenteur des banques centrales à réagir à l’époque avait provoqué une vraie panique sur ces marchés. En quelques semaines, les taux à 10 ans étaient passés de 0% à 3% en Belgique et de 1% à 4% aux États-Unis.
En 2022, il a fallu que les chiffres d’inflation atteignent des niveaux astronomiques pour que les banques centrales se décident à agir.Sylviane Delcuve

Relativiser les craintes

Ces craintes sont à relativiser aujourd’hui car l’histoire se répète rarement. En 2022, lorsque l’inflation s’est brusquement emballée, cela faisait pratiquement 50 ans qu’on n’avait pas connu de situation équivalente. Il faut en effet remonter au deuxième choc pétrolier de 1979 pour retrouver une telle hausse des prix.
En 2022, les réflexes étaient dès lors sans doute un peu rouillés et il a fallu que les chiffres d’inflation atteignent des niveaux astronomiques pour que les banques centrales se décident à agir. Aux États-Unis, l’inflation est passée de pratiquement 0% à 9% entre 2021 et 2022 sans que la Réserve fédérale (Fed) ne bouge. En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a attendu que l’inflation atteigne 10% pour commencer à remonter ses taux directeurs. 
Parions qu’il faudra attendre nettement moins longtemps cette fois, ce qui est plutôt rassurant !
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