Sommaire
- La Réserve fédérale américaine a réduit ses taux plus rapidement et fortement que prévu
- L’impact économique du coronavirus n’est probablement pas la véritable raison
- Les investissements des ménages américains représentent 35% de leur patrimoine net
- L’impact d’une chute des Bourses sur les ménages américains serait important
La baisse des taux américains était annoncée. Mais la plupart des observateurs s’attendaient à ce que la Fed patiente jusqu’à sa prochaine réunion du 18 mars. La baisse des taux plus rapide et plus forte que prévu du 3 mars a suscité des interrogations. La Fed n’avait plus réduit son taux directeur d’un demi-pour cent en une fois depuis la crise de 2008.
Que cette baisse de taux soit dictée par les craintes entourant le coronavirus semble peu plausible. La Fed affinera sûrement son estimation de l’impact économique du coronavirus le 18 mars. Mais cela n’explique pas son intervention en urgence du 3 mars.
À l’heure actuelle, les ménages américains ont investi en moyenne 25% de leur patrimoine net en actions.Koen De Leus
Crainte d’une récession
Voyons quelle part du patrimoine net des ménages américains est investie en actions. Le patrimoine net est égal au patrimoine total, y compris l’(les) habitation(s) propre(s). À l’heure actuelle, les ménages américains ont investi en moyenne 25% de leur patrimoine net en actions. Si nous y ajoutons les investissements en fonds, cela monte même à 35%.
L’investissement moyen d’un ménage en actifs risqués est ainsi supérieur à son investissement en immobilier. Financièrement, les ménages américains sont donc très sensibles à toute chute des Bourses. Si Wall Street menace de chuter et que la Fed ne parvient pas à soutenir les cours, la menace d’une récession sera alors bien réelle.
Piégés dans leur propre toile
La Fed semble piégée dans sa propre toile. La baisse des taux aurait dû permettre de soutenir l’octroi de crédits (immobiliers), mais cela n’a pas été le cas. Au lieu d’emprunter, les Américains ont préféré investir massivement.
La politique de taux de la Fed a jusqu’à présent alimenté une reprise de l’économie. Mais cela ne durera que tant que les Bourses continuent de monter. La tentative de la Fed de stimuler les Bourses par une baisse de taux surprise a eu l’effet contraire le 3 mars. Cette intervention me semble surtout être la preuve que la Fed est très inquiète.