Sommaire
- Le secteur a connu en 2018 sa première contraction depuis 2009
- La principale cause est le déclin surprise du marché chinois, le plus important du monde
- En Europe, le marché est resté stable malgré la chute des quatre derniers mois
- Le secteur ne pourra se redresser en 2019 ou 2020 au vu de la baisse des profits attendue
- Un rebond temporaire des actions du secteur est possible au premier semestre 2019
En 2018, les ventes automobiles mondiales ont baissé pour la première fois depuis 2009. Le recul des ventes en Chine, premier marché mondial, a surpris. Elle s’explique par la hausse des taxes d’immatriculation et le recul de la confiance des consommateurs. Les ventes ont aussi atteint leur pic en Europe et aux États-Unis.
En Europe, la chute de 10% des ventes au cours des quatre derniers mois de 2018 est surtout liée aux normes d’émissions plus strictes. Elles ont renchéri les taxes d’immatriculation et rendu certains modèles invendables. Sur l’ensemble de 2018, le marché européen est resté stable. Comme aux États-Unis où les ventes ont profité d’un environnement favorable pour les consommateurs avec la baisse des impôts et du chômage.
Pas de redressement structurel
Le marché automobile mondial ne devrait pas connaître de redressement structurel au cours des deux prochaines années. Dans les pays développés, la saturation du marché et la perte de confiance des consommateurs devraient accentuer le recul des ventes. Cette baisse ne sera pas compensée par le possible redressement des ventes en Chine et dans les pays émergents (Inde, Russie, Brésil).
La faible valorisation des actions des constructeurs automobiles est à relativiser. Leurs profits risquent de baisser en 2019 et en 2020. Les revenus sont sous pression. Et les coûts demeurent élevés sur fond de durcissement des normes d’émission et de développement de voitures électriques. Le marché ne devrait pas atteindre le creux de cycle avant début 2020.
Un rebond temporaire des actions du secteur automobile n’est pas à exclure au cours des premiers mois de 2019.
Rebond temporaire possible
Un rebond temporaire n’est pourtant pas à exclure au cours des premiers mois de 2019. Les États-Unis et la Chine négocient un accord commercial. Les autorités chinoises planchent sur de nouvelles mesures de relance.
En Europe, un mouvement de rattrapage devrait se matérialiser. Les ventes ont plongé fin 2018 à la suite du durcissement des normes d’émission. Les actions du secteur automobile pourraient ainsi rebondir en cas de développement politique positif (Brexit, droits de douane américains). Surtout si les grands constructeurs décident de renforcer leurs partenariats. Ford et Volkswagen ont ainsi annoncé début 2019 qu’ils collaboreraient pour développer des voitures électriques et autonomes.