Sommaire
- États-Unis : la croissance bénéficiaire au-delà des attentes,
- Europe: une image un peu plus mitigée,
- Des réactions des cours violentes,
- Les attentes des analystes pour 2026.
États-Unis: la croissance bénéficiaire dépasse les attentes dans une nette majorité des cas
Près de 70% des entreprises du S&P 500 et environ 40% de celles du Stoxx Europe 600 ont entretemps publié leurs résultats pour le quatrième trimestre de 2025. Et comme presque traditionnellement, une grande majorité (78%) des entreprises américaines ont dépassé les attentes des analystes. On relève une croissance d’en moyenne 9% du chiffre d’affaires et 12,5% du bénéfice par action, soit respectivement 2% et 7% de plus que les prévisions avancées par le consensus.
Aux États-Unis, les entreprises profitent toujours de la résilience de l’économie américaine, de l’essor des investissements dans l’IA et des effets positifs des taux de change. Pour ainsi dire tous les secteurs ont en moyenne laissé entrevoir une prestation supérieure aux attentes, mais les résultats les plus impressionnants provenaient tout de même du complexe technologique (et en particulier des ‘hyperscalers’ du segment de l’IA et des producteurs de semi-conducteurs), de l’industrie, du secteur des matériaux et des institutions financières (grâce aux bons résultats de trading).
Europe : une image un peu plus mitigée
L’Europe renvoie jusqu’ici une image un peu plus mitigée dès lors que seules 53% des entreprises ont dépassé les prévisions de bénéfices avancées par le consensus des analystes. Cependant, bien que la croissance moyenne du chiffre d’affaires de 1% ait subi l’influence des effets négatifs des taux de change (principalement à cause de la faiblesse du dollar), le bénéfice par action a tout de même augmenté en moyenne de 4%, soit 3% de plus que prévu. On le doit notamment à la croissance bénéficiaire méritoire du secteur bancaire (où la marge d’intérêts et les revenus des commissions ont augmenté, tandis que les provisions pour les crédits sont restées limitées), de l’industrie pharmaceutique et des services aux collectivités, mais aussi au rétablissement intervenu dans plusieurs secteurs cycliques comme les matériaux de base (grâce à la hausse des prix des matières premières), les entreprises industrielles et les biens de consommation durables.
En contrepartie, on relève un repli des bénéfices de la part des opérateurs de télécommunications et des entreprises énergétiques (ces dernières à cause de la chute du prix du pétrole au quatrième trimestre). Quoi qu’il en soit, la plus grosse déception provenait du secteur automobile et était due à la concurrence accrue sur les prix et aux difficultés rencontrées dans le cadre de la transition vers les véhicules électriques, dont témoignent notamment les provisions massives passées dans les comptes par Stellantis.
Des réactions des cours violentes
Les cours ont généralement laissé entrevoir des réactions plutôt abruptes le jour de la publication. On a ainsi relevé des réactions initiales marquées de la part notamment de Meta, ASML, Eli Lilly, Philips et Siemens (parfois suivies de prises de bénéfices), mais aussi de la part de quelques actions défensives comme AB InBev et Ahold Delhaize. Les déceptions ont par ailleurs été parfois sévèrement sanctionnées, comme pour Novo Nordisk (contraction attendue du chiffre d’affaires et du bénéfice en 2026) ou Stellantis, mais aussi pour nombre de valeurs technologiques dont les résultats sont restés tout juste inférieurs aux attentes dans un certain segment, comme Microsoft, Amazon, AMD et SAP.
Le marché réagissait ainsi non seulement aux écarts par rapport aux prévisions de bénéfices, mais aussi aux évolutions observées au niveau des principaux moteurs de croissance, des perspectives ou des investissements projetés. Les investissements colossaux dans l’IA, en particulier, ne sont plus accueillis avec l’enthousiasme d’autrefois. Par ailleurs, certaines actions ont été la cible de prises de bénéfices dans le sillage de la publication des résultats, la plupart du temps après une hausse vigoureuse du cours.
Les attentes des analystes pour 2026
Pour les entreprises américaines du S&P 500, le consensus des analystes s’attend à voir la croissance bénéficiaire s’accélérer encore jusqu’à 15% en 2026, grâce d’une part à une contribution toujours substantielle du secteur technologique (en dépit des récentes turbulences), mais aussi à une relance parmi les entreprises cycliques du secteur des matériaux et de l’industrie.
Alors que la croissance bénéficiaire est en Europe restée limitée à 1% pour la totalité de 2025, le consensus des analystes table pour 2026 sur une vigoureuse accélération jusqu’à 11%. Il se pourrait toutefois que ces prévisions ne tiennent pas encore suffisamment compte de l’affaiblissement du dollar des derniers mois. En ce sens, une croissance bénéficiaire de 7% serait plus réaliste tout en restant méritoire. Il faut y voir le résultat du rétablissement des bénéfices dans de nombreux secteurs cycliques (industrie, construction, chimie, énergie…), en partie grâce au soutien d’une reprise progressive de l’industrie et des premiers effets du plan d’investissement allemand.
Chiffres clés du 12/2/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5626,04 |
0,56% |
10,78% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
618,52 |
-0,49% |
4,45% |
| USA: S&P 500 |
6832,76 |
-1,57% |
-0,19% |
| Japon: Nikkei |
57639,84 |
-0,02% |
14,50% |
| Chine: Shangai Composite |
4134,02 |
0,05% |
4,16% |
| Hongkong: Hang Seng |
27032,54 |
-0,86% |
5,47% |
| Euro/dollar |
1,19 |
0,22% |
1,20% |
| Brent pétrole |
67,59 |
-2,57% |
10,17% |
| Or |
5063,25 |
-0,14% |
17,53% |
| Taux belge à 10 ans |
3,30 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
2,79 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,10 |
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