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Derrière chaque rallye se cachent des taux d’intérêt
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7 SEPT

Derrière chaque rallye se cachent des taux d’intérêt

7-9-2026
Inge Donders – Head of Investment Communication
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Rédigé le 7-9-2026 10:03
Publié le 7-9-2026 10:03
Même si l’IA tient la vedette, les marchés obligataires ont une fois de plus rappelé qui tire les ficelles. Bilan d’une semaine dominée par la remontée des taux, le rebond des prix du pétrole et la vigueur des statistiques économiques.
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Sommaire

  • La recrudescence des tensions au Moyen-Orient propulse le pétrole à 96 dollars le baril.
  • Les prévisions d’inflation revues à la hausse font grimper les taux d’intérêt à long terme.
  • Les investisseurs tentent de décrypter les commentaires divergents des gouverneurs de la Fed.
  • Le rapport américain sur l’emploi étonnamment vigoureux ranime la "crainte" d’un relèvement des taux.
  • Nvidia confirme son rôle dominant dans la révolution de l’IA tandis que l’Europe s’escrime avec sa transformation industrielle.

Les risques géopolitiques reviennent en force

La recrudescence des tensions au Moyen-Orient a fait remonter le prix du baril de Brent en direction de 96 dollars et a ranimé les craintes inflationnistes. Les investisseurs se sont donc mis à tenir compte d’une période prolongée de taux d’intérêt élevés, ce qui a pesé sur les marchés des actions en particulier en début de semaine.

Les marchés obligataires ont réagi également en laissant entrevoir une remontée des taux à long terme de part et d’autre de l’Atlantique. Les actions du secteur de l’énergie ont fait bande à part. Au total, les principaux indices boursiers ont pour ainsi dire fait du surplace, mais cette évolution hebdomadaire plane masquait une grande volatilité.

Les avis divergent au sein de la Fed

Vers le milieu de la semaine, l’attention s’est reportée sur la banque centrale américaine. Le gouverneur Christopher Waller a laissé entendre qu’il ne serait pas nécessaire de relever les taux si la pression inflationniste se relâche, distillant ainsi un message rassurant qui a fait pousser un soupir de soulagement aux marchés.

En même temps, il semble que les gouverneurs de la Fed ne soient pas tous du même avis. Car si Christopher Waller a ainsi ouvert la porte à une attitude expectative, Kevin Warsh, lui, reste partisan d’une approche se fondant rigoureusement sur les données. Ces nuances divergentes ont provoqué des fluctuations sur les marchés des actions et des obligations, auxquelles sont venues s’ajouter des pressions politiques de la part tant du président Trump que de son vice-président JD Vance, qui plaident tous deux ouvertement en faveur d’un abaissement des taux. De quoi alimenter le débat plus vaste de l’indépendance des banques centrales dans un monde de plus en plus endetté, en proie à des chocs récurrents de l’offre et à une polarisation politique croissante.

Il a suffi d’un chiffre…

C’est vendredi que le marché a eu droit à sa plus grosse surprise. L’économie américaine a créé 162.000 nouveaux emplois en août, trois fois plus que ce à quoi les économistes s’attendaient. De plus, le taux de chômage s’est maintenu à 4,1%.

Ce rapport a bouleversé les certitudes du marché. Alors que les investisseurs espéraient jusque-là que la Fed marque une pause, cette vigueur du marché de l’emploi rend soudain un relèvement des taux nettement plus probable. En réaction, le taux américain à 10 ans s’est mis à grimper et les marchés des actions ont concédé une partie de leurs gains engrangés précédemment. Les principaux indices américains ont fini la semaine aux alentours de leurs niveaux initiaux.

Un moteur qui tourne toujours à plein régime

En dépit de toute l’attention accordée au pétrole, à l’inflation et aux taux d’intérêt, l’intelligence artificielle est restée le principal catalyseur du marché. Nvidia a réaffirmé sa position de référence immuable au sein de l’écosystème de l’IA. Les résultats impressionnants rapportés par l’entreprise confirment que la demande de puces d’IA, de centres de données et de puissance de calcul reste énorme.

De plus, le rachat annoncé de la plateforme d’IA Hugging Face montre que la lutte pour le pouvoir s’étend peu à peu à toute la chaîne de valeur de l’IA. En marge du matériel, les logiciels, les données et les applications ne cessent de gagner en importance également. Voilà qui explique pourquoi les entreprises technologiques conservent les faveurs des investisseurs en dépit de la remontée des taux.

Qui n’avance pas recule

En Europe, la faculté d’adaptation des entreprises a été le thème central de la semaine. Volkswagen est en effet parvenue à un accord historique qui lui permettra de réaliser une restructuration poussée, tandis que D'Ieteren supprime elle aussi des emplois pour s’adapter à un marché automobile en pleine mutation. Manifestement convaincus que les mesures annoncées permettront aux deux groupes de mieux s’armer pour faire face au marché de plus en plus concurrentiel, les investisseurs ont réservé à ces nouvelles un accueil favorable qui a imprimé un nouvel élan aux cours des deux actions. L’enjeu est clair: maintenir la rentabilité d’un secteur d’activité dont les règles sont réécrites par la technologie, l’électrification et les nouveaux concurrents.

Et pendant que les entreprises s’adaptent à la nouvelle donne, la recherche d’un nouvel équilibre géopolitique se poursuit. Des contacts diplomatiques entre Washington, Moscou et Kiev ont fait renaître l’espoir d’une reprise prudente des négociations au sujet de l’Ukraine.

Tout ne doit pas être prévisible

Entre toutes les dépêches au sujet des prix du pétrole, des prévisions des taux et des tensions géopolitiques, j’ai aussi eu cette semaine mon attention attirée par le décès de Gloria Steinem à l’âge de 92 ans. La cofondatrice de Ms. Magazine a tenu de nombreux propos inspirants, dont un semble résumer à la perfection la semaine boursière écoulée: "The art of life is not controlling what happens to us, but using what happens to us.". Cette réflexion renferme en effet un enseignement crucial pour l’investisseur: le succès d’une stratégie d’investissement ne dépend pas tant de la capacité à prévoir tous les événements, mais plutôt de la manière de s’en accommoder. Peut-être s’agit-il là de la principale leçon à retenir d’une semaine volatile comme celle que nous venons de connaître…

Chiffres clés du 31/8/2026 au 4/9/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5852,54 -0,28% 15,24%
Europe: Stoxx Europe 600 649,88 -0,81% 9,74%
USA: S&P 500 7718,60 0,09% 12,75%
Japon: Nikkei 65020,94 -2,09% 29,16%
Chine: Shangai Composite 3930,12 -0,56% -0,98%
Hongkong: Hang Seng 25650,87 0,26% 0,08%
Euro/dollar 1,16 -0,04% -1,09%
Brent pétrole 96,31 7,31% 56,98%
Or 4466,25 -2,95% 3,67%
Taux belge à 10 ans 3,88
Taux allemand à 10 ans 3,34
Taux américain à 10 ans 4,78

Source: Factset

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