Sommaire
- Un budget à faire adopter
- Incertitudes autour des futures élections présidentielles
- Un spread élevé et un niveau historique
- Économie résiliente malgré les incertitudes
Une sous-performance (temporaire ?) significative ?
Jeudi 27 août, le CAC 40 a reculé de 1,68%, sa plus forte baisse depuis le 8 juillet. Alors que les marchés européens enregistraient majoritairement un repli, celui-ci restait moins marqué qu’en France. Simple petit accrochage au sein d’une année boursière légèrement positive ? Ou est-ce justement un reflet épisodique d’une année plus difficile que ses pairs européens ? Ce qui est sûr, c’est que cette sous-performance s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour de la préparation du budget 2027, justifiant une analyse plus approfondie. Le gouvernement de Sébastien Lecornu doit en effet présenter son projet de finances d’ici le 30 septembre. Faute de majorité absolue à l’Assemblée nationale, son adoption s’annonce une fois de plus délicate. L’objectif est de ramener le déficit autour de 4,9% du PIB en 2027 (le déficit actuel est de 5,1% du PIB, soit le deuxième plus élevé des grandes économies européennes après la Belgique). Les marchés ne scrutent pas tant le niveau du déficit que la capacité du gouvernement à obtenir les soutiens nécessaires pour appliquer les mesures proposées – un enjeu rappelant les précédents épisodes de dissolution gouvernementale.
Des sondages qui alimentent les incertitudes
À ces défis budgétaires s’ajoute l’horizon des élections présidentielles de 2027. Plusieurs sondages récents ont renforcé l'attention des investisseurs à l'égard de l'élection présidentielle de 2027 et de ses potentielles implications économiques et budgétaires. De fait, lors du sondage Toluna-Harris Interactive réalisé pour M6 et RTL, les deux extrêmes ont été tour à tour placés en tête des prévisions : Marine Le Pen est apparue en tête des intentions de vote au premier tour, et la présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour est également ressortie dans trois scénarios sur cinq. Ces prédictions relèvent, comme leur nom l’indique, d’hypothèses, et l’élection est encore relativement lointaine. Toutefois, elles ouvrent la perspective inédite d’un duel entre les extrêmes, et elles remettent sur le devant de la scène la fragmentation du paysage politique français, ainsi que l’incertitude entourant les orientations économiques et budgétaires qui pourraient ressortir lors de la prochaine présidentielle.
Conséquences sur les taux souverains
La conséquence la plus marquante de cette nervosité ambiante et des perspectives sur la soutenabilité des finances publiques, est sans nulle doute l’évolution des taux obligataires. La prime exigée pour détenir une obligation française à dix ans a dépassé de 85 points de base celle de l’emprunt allemand. Cette hausse n’est pas isolée : les rendements souverains européens ont globalement augmenté, sous l’effet des tensions géopolitiques, de l’inflation persistante, des ajustements budgétaires nationaux et du resserrement monétaire. Toutefois, cette hausse du spread (écart entre les taux allemands et français) reflète une exigence accrue des investisseurs pour compenser les risques perçus, qu’ils soient liés aux finances publiques ou à l’incertitude politique française. Un tournant symbolique a même été franchi : pour la toute première fois depuis la création de la zone euro, la dette française à dix ans a offert un rendement supérieur à celui des obligations italiennes équivalentes. Ce renversement est remarquable, l’Italie étant historiquement considérée comme plus risquée que la France. Avec un tel retournement de situation, il est compréhensible que le CAC40 soit davantage sous pression. Sans grande surprise, c’est d’ailleurs le secteur bancaire, davantage exposé aux évolutions de taux, qui a le plus sous-performé ce 27 août.
Atouts et potentiel de rebond
L’économie française reste malgré tout résiliente et conserve des fondamentaux solides. Preuve en est : l’agence de notation Fitch vient de confirmer la note A+ de la dette souveraine française. Il y a bien des risques politiques et budgétaires, mais l’agence a également mis en avant les atouts structurels de la France, notamment la taille et la diversification de son économie. Une amélioration du contexte politique ou budgétaire pourrait contribuer à un resserrement du spread franco-allemand, avec un impact direct sur le marché français et la dette du pays. L'évolution du contexte politique, budgétaire et économique constituera un élément important à suivre pour les investisseurs dans les prochains mois.
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Chiffres clés du 4/9/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5879.05 |
0.92% |
15.77% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
649.10 |
0.49% |
9.61% |
| USA: S&P 500 |
7747.71 |
1.06% |
13.18% |
| Japon: Nikkei |
64214.48 |
-0.17% |
27.56% |
| Chine: Shangai Composite |
3942.09 |
0.02% |
-0.67% |
| Hongkong: Hang Seng |
25213.31 |
-0.39% |
-1.63% |
| Euro/dollar |
1.16 |
0.22% |
-1.06% |
| Brent pétrole |
95.54 |
0.01% |
55.73% |
| Or |
4434.25 |
2.91% |
2.93% |
| Taux belge à 10 ans |
3.89 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3.36 |
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| Taux américain à 10 ans |
4.77 |
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