Sommaire
- L’IA fascine, mais elle inquiète aussi les investisseurs.
- L’efficacité augmente, la pression concurrentielle explose.
- Les gagnants inattendus se cachent dans les secteurs des matières premières et de l’énergie.
Un peu d’histoire…
Vous vous imaginez peut-être que les robots sont le propre de notre époque ? Détrompez-vous ! Un beau jour de 1770, le château de Schönbrunn, vous savez bien, ce palais situé juste en dehors de Vienne qui rappelle celui de Versailles et où les touristes font aujourd’hui la queue pendant des heures pour acheter leur billet d’entrée, a été le témoin d’une visite très particulière. Marie-Thérèse d’Autriche, l’impératrice de l’époque, y recevait un certain Wolfgang von Kempelen venu présenter sa dernière invention : un automate qui avait l’apparence d’un Turc et qui jouait aux échecs à la perfection. Les rares courtisans qui ont eu la hardiesse de se mesurer à la machine se sont retrouvés échec et mat en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Interrogé au sujet du fonctionnement de sa machine, son créateur a ouvert quelques trappes qui révélaient un impressionnant écheveau de ressorts et d’engrenages. De temps à autre, il s’en dégageait même un filet de fumée car la machine, selon les dires de l’inventeur, consommait évidemment de l’énergie. En réalité, la fumée provenait d’une bougie qui éclairait le clavier avec lequel un joueur humain, dissimulé dans un compartiment secret, manipulait le mannequin à la manière d’un marionnettiste. Un joueur qui, vous l’imaginez bien, était particulièrement doué pour les échecs…
Mais revenons à notre époque…
Les robots-taxis qui sont de nos jours déployés dans des villes comme Los Angeles ou San Francisco par des entreprises comme Waymo, filiale d’Alphabet, n’ont pas de conducteur caché dans le coffre. Ce sont de véritables robots qui réagissent de manière adéquate aux situations de circulation auxquelles ils sont confrontés. Pas besoin d’une imagination débordante pour se représenter toutes sortes d’autres situations dans lesquelles ce type de technologie pourrait prouver son utilité en tant qu’aide-cuisinier, jardinier, comptable, programmeur de logiciels ou, pourquoi pas, spécialiste de l’investissement.
La grande question : reste-t-il une place pour l’humain dans ce nouveau monde ? D’aucuns redoutent qu’il ne finisse par connaître le même sort que le cheval : jadis indispensable tant comme moyen de transport, que pour l’agriculture et la guerre, le rôle économique de ce noble animal se retrouve aujourd’hui relégué au rang d’agréable passe-temps…
Est-ce là l’avenir qui nous est réservé ? Dans le passé, nous avons connu des vagues d’innovation qui, si elles ont, d’une part, détruit des emplois, elles en ont aussi créé de nouveaux, et en grandes quantités. Et globalement, ces évolutions ont toujours été bénéfiques pour le niveau de vie. Les études menées, notamment par l’université de Stanford, au sujet de l’impact de l’intelligence artificielle sur le marché de l’emploi semblent pointer dans la même direction. La flexibilité et l’apprentissage tout au long de la vie deviendront plus que jamais la norme, non seulement pour les travailleurs, mais aussi pour les entreprises.
Destruction créatrice
L’intelligence artificielle simplifie les processus et permet aux entreprises d’améliorer leur efficacité. Tant mieux, me direz-vous. Le seul problème, c’est que cette efficacité est ainsi à la portée de toutes les entreprises, et donc aussi de la concurrence. Voilà qui nous amène inévitablement à la question cruciale : qui bénéficiera en définitive de cette efficacité accrue : les entreprises, sous la forme de marges bénéficiaires plus élevées, ou les clients, sous la forme d’une baisse des prix (et donc d’une diminution de l’inflation) ?
De plus, du fait que l’IA simplifie les processus, la menace des nouveaux venus potentiels grandit. C’est là qu’intervient le concept de la destruction créatrice de Joseph Schumpeters. La prise de conscience que des entreprises établies peuvent désormais être balayées en un rien de temps par des nouveaux venus innovants, a fait déferler ces dernières semaines une grande agitation parmi les acteurs à succès du secteur des logiciels et des médias. Encore qu’il convienne de prendre garde à ne pas les dépeindre comme des proies sans défense. Nombre de ces entreprises disposent en effet d’atouts qui ne sauraient être imités aisément par un nouveau venu, si ambitieux soit-il…
Des gagnants inattendus
Les gains d’efficacité rendus possibles par l’IA sont susceptibles d’exercer un effet de levier sur la croissance économique. Car en nous facilitant les choses, l’IA nous permet aussi d’en faire plus. Et d’envisager d’autres applications, comme des robots humanoïdes qui viendraient tailler les haies ou s’acquitter de toutes nos petites corvées quotidiennes. Le seul problème : toute production nécessite de l’énergie et des matières premières. Souvent, ces matières premières sont présentes en quantités suffisantes, mais l’infrastructure requise pour les exploiter ne permet pas de répondre à la demande croissante que nous attendons à l’avenir. Les entreprises qui offrent des solutions dans ce domaine, que ce soit pour l’extraction, le raffinage ou le recyclage, pourraient dans les années à venir profiter de cette pénurie relative. Et donc se révéler les gagnants (plutôt inattendus) de cette révolution de l’IA…
Chiffres clés du 17/2/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5644.03 |
0.80% |
11.14% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
621.29 |
0.45% |
4.91% |
| USA: S&P 500 |
6843.22 |
0.10% |
-0.03% |
| Japon: Nikkei |
56566.49 |
-0.42% |
12.37% |
| Chine: Shangai Composite |
4082.07 |
-1.26% |
2.85% |
| Hongkong: Hang Seng |
26705.94 |
0.52% |
4.20% |
| Euro/dollar |
1.18 |
-0.36% |
0.57% |
| Brent pétrole |
67.43 |
-0.40% |
9.91% |
| Or |
4922.30 |
-0.95% |
14.26% |
| Taux belge à 10 ans |
3.25 |
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| Taux allemand à 10 ans |
2.74 |
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| Taux américain à 10 ans |
4.06 |
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