Sommaire
- L’OPEP et son impact sur les prix du pétrole.
- Le cartel n’en est pas à sa première fracture.
- L’impact du contexte géopolitique.
- Instabilité et volatilité à cause du manque de cohésion.
- L’impact sur les marchés au sens large.
L’OPEP et son impact sur les prix du pétrole
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole est une organisation internationale qui réunit les plus grands pays producteurs de pétrole, dont l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Venezuela et d’autres.
L’OPEP a pour mission d’optimaliser les revenus pétroliers en établissant des quotas de production et des conventions sur les prix. En possession de 79% des réserves pétrolières internationales, le cartel exerce sur les prix du pétrole à travers le monde une influence significative qui lui permet d’atteindre cet objectif.
Le cartel n’en est pas à sa première fracture
Avant d’aborder le sujet des tensions géopolitiques, il est important de faire remarquer que les préférences des membres de l’OPEP à l’égard du prix du pétrole divergent fondamentalement en raison des différences qui les opposent en termes de coûts de production, de réserves, de possibilités d’exportation, de contexte politique interne, de circonstances budgétaires et de population.
En raison de ses réserves pétrolières colossales et de la priorité qu’elle accorde à l’attrait à long terme du pétrole, l’Arabie saoudite a par exemple une préférence pour des prix inférieurs, tandis que l’Algérie est plus souvent partisane d’un prix plus élevé. Ces points de vue divergents engendrent régulièrement des tensions au sein du cartel et des violations des accords passés sur les prix et la production.
Vu les récentes attaques iraniennes à l’encontre de plusieurs pays du Golfe faisant également partie de l’OPEP+ (ici, inclus la Russie), on peut s’attendre à ce que de nombreux membres de l’OPEP+ refusent à l’avenir de collaborer avec l’Iran, qui est le troisième plus gros producteur du groupe. Cela dit, bien que le cas de l’Iran soit le plus explicite, il ne s’agit pas du seul problème auquel le cartel a été confronté ces dernières années.
Autrefois un allié fidèle, les Émirats arabes unis ont depuis 2020 tendance à faire cavalier seul, se rapprochant d’Israël et adoptant des positions peu orthodoxes dans certains conflits, notamment au Yémen, au Soudan et en Somalie. Au sein de l’OPEP également, des divergences d’opinions sont apparues au sujet des quotas de production et ont en 2022 amené l’Arabie Saoudite à brandir la menace de répercussions diplomatiques.
L’impact du contexte géopolitique
Convaincus que cette décision les aidera à répondre à long terme à la demande croissante d’énergie après les récents investissements consentis pour augmenter leur capacité de production, les Émirats arabes unis ont annoncé qu’ils quitteraient l’OPEP au 1er mai. Si cette démarche pourrait en effet offrir davantage de flexibilité aux Émirats arabes unis, il pourrait aussi s’agir selon certains analystes du début de la fin de l’OPEP.
La Russie et l’Arabie saoudite ont également des avis de plus en plus divergents sur les prix du pétrole et les niveaux de production. En mars 2020, par exemple, en pleine pandémie et face à un repli de la demande de pétrole, la Russie a refusé d’obtempérer à une réduction proposée de la production. L’Arabie saoudite a réagi en déclenchant une guerre des prix, repoussant ainsi les prix du pétrole en terrain négatif.
En 2022, l’Arabie saoudite a subi des pressions de la part des États-Unis, qui la soupçonnaient de soutenir la Russie en permettant la hausse des prix du pétrole dont cette dernière avait besoin pour maintenir ses revenus en dépit des sanctions dont elle faisait l’objet. Ces tensions pourraient refaire surface à l’avenir, notamment à cause de la "flotte fantôme" russe qui contourne les sanctions et qui pourrait exporter du pétrole à l’insu des autres pays de l’OPEP+.
Ces événements géopolitiques et tant d’autres, dont la situation actuelle en Iran, engendrent au niveau des prix du pétrole une volatilité à court terme qui est susceptible de provoquer des hausses de prix soudaines (comme c’est le cas actuellement) ou au contraire un effondrement des prix (comme en 2020).
Instabilité et volatilité à cause du manque de cohésion
Si la cohésion au sein de l’OPEP+ diminue à cause de conflits diplomatiques et de confrontations ouvertes, certains pays pourraient être tentés de ne plus respecter les quotas, voire de quitter l’OPEP+.
Une telle évolution pourrait avoir de lourdes retombées sur les prix du pétrole. Car si la collaboration au sein de l’OPEP détermine les prix, elle permet aussi de les stabiliser. Si les quotas et les conventions sur les prix sont rigoureusement respectés par un grand nombre de pays, l’offre demeure relativement stable, de même que le prix à l’échelle mondiale.
Si par contre la cohésion se dégrade, on assistera à davantage de dépassements des quotas, ce qui rend la production et les prix plus imprévisibles et augmente donc la volatilité.
L’impact sur les marchés au sens large
En plus d’influencer le marché pétrolier et les contrats à terme sur le pétrole, la volatilité des prix du pétrole a aussi des effets sur les marchés au sens large, comme nous pouvons le constater en ce moment. Et comme le pétrole demeure dans le monde entier une source d’énergie vitale, les prix du pétrole influencent directement l’inflation. Lorsque les prix du pétrole deviennent imprévisibles, les prévisions d’inflation deviennent instables, ce qui complique la tâche des banques centrales au moment de déterminer leur politique en matière de taux d’intérêt. Les taux d’intérêt eux-mêmes deviennent donc moins prévisibles, ce qui se traduit par un regain de volatilité au niveau des rendements obligataires et fait chuter les valorisations des actions à cause de l’incertitude quant aux taux d’escompte.
Les secteurs à forte intensité énergétique, comme les transports, la navigation aérienne, la chimie et la production, sont sans doute ceux qui souffriront le plus de cette imprévisibilité du coût de l’énergie dès lors que la nécessité, pour ces entreprises, de se protéger contre cette volatilité pourrait devenir en soi un poste de coûts important.
Pour résumer, l’effritement de la cohésion de l’OPEP risque d’engendrer un regain de volatilité non seulement pour le marché pétrolier, mais aussi pour les marchés financiers au sens large.
Chiffres clés du 5/5/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5440.14 |
1.64% |
7.12% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
609.72 |
0.70% |
2.96% |
| USA: S&P 500 |
7259.22 |
0.81% |
6.04% |
| Japon: Nikkei |
59513.12 |
0.38% |
18.22% |
| Chine: Shangai Composite |
4112.16 |
0.11% |
3.61% |
| Hongkong: Hang Seng |
25898.61 |
-0.76% |
1.05% |
| Euro/dollar |
1.17 |
-0.02% |
-0.33% |
| Brent pétrole |
109.76 |
-3.96% |
78.91% |
| Or |
4554.15 |
-0.31% |
5.72% |
| Taux belge à 10 ans |
3.66 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3.07 |
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| Taux américain à 10 ans |
4.42 |
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