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Une sérieuse partie d’échecs
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4 MAI

Une sérieuse partie d’échecs

4-5-2026
Katrien Ediers – Investment Communication Manager BNP Paribas Fortis
Katrien Ediers Investment Communication Manager BNP Paribas Fortis
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Rédigé le 4-5-2026 09:09
Publié le 4-5-2026 09:09
La semaine dernière a été l’une des plus mouvementées de l’année. Compte rendu d’une partie d’échecs complexe entre les banques centrales, les taux d’inflation, les résultats des entreprises et le contexte géopolitique…
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Sommaire

  • Les banques centrales jouent le premier coup.
  • Inflation et croissance : des signaux contradictoires.
  • Le pétrole se révèle un joueur agressif et imprévisible.
  • La semaine à 16.000 milliards de dollars.
  • Les bourses et les marchés obligataires en quête de la direction à emprunter.
 

Les banques centrales jouent le premier coup

C’est aux banques centrales les plus influentes que revenait l’honneur de jouer le premier coup. Comme on s’y attendait, elles ont laissé leurs taux directeurs inchangés, mais le ton sous-jacent des commentaires s’est fait plus prudent, incitant à la vigilance. La Bank of Japan a ouvert la partie en maintenant son taux directeur à 0,75%, même si trois des neuf gouverneurs étaient d’avis de le porter à 1%. En marge de cette décision, elle a revu sa prévision d’inflation à 2,8%. Aux États-Unis, la Federal Reserve a maintenu les taux à 3,50-3,75% pour la troisième réunion consécutive. Quatre gouverneurs dissidents ont voté contre, ce qui n’était plus arrivé depuis 1992 et est révélateur des avis partagés qui règnent au sein de l’institution.
En Europe, la BCE a vu l’inflation atteindre 3,0% en avril, sur fond d’une croissance vacillante d’à peine 0,1% au 1er trimestre de cette année. Elle a donc envisagé un relèvement des taux, mais a finalement préféré attendre et maintenir le taux directeur à 2%. Face à une inflation avoisinant les 3,3%, la Bank of England a également maintenu son taux de 3,75%.

L’incertitude persistante quant à la durée du choc énergétique et à son impact sur l’inflation au sens large ne fait que compliquer la configuration de l’échiquier. Les banques centrales se voient contraintes d’anticiper leurs prochains coups, sachant que toute initiative malheureuse pourrait être lourde de conséquences. Et les dissensions internes révélées par les votes montrent bien que les gouverneurs n’ont pas tous la même vision de la stratégie à adopter… Faut-il y voir un signe annonciateur d’une première amorce de relèvements des taux et de resserrements monétaires en juin ?

L’inflation et la croissance se tiennent mutuellement en échec

Aux États-Unis, l’inflation s’est établie à 3,3%, révélant des prix à la pompe de près de 19% supérieurs à ceux de l’année dernière. L’économie a signé au premier trimestre une croissance de 2,0%. C’est un peu moins que prévu, mais les statistiques publiées la semaine dernière ont d’autre part confirmé l’excellente résilience de l’industrie et du consommateur. Cette contradiction oblige les décideurs politiques à envisager différents scénarios et complique la tâche de la Fed pour déterminer la trajectoire à suivre pour les semaines et les mois à venir.

En Europe, l’échiquier se présente différemment. La zone euro frôle la stagflation tant redoutée, aux prises avec une inflation tenace qui a désormais atteint 3,0%, principalement à cause de la hausse de 10,9% des prix de l’énergie, et une croissance pour ainsi dire au point mort. L’augmentation annoncée des taxes douanières américaines sur les voitures européennes et les relations tendues entre Washington et Berlin ne font que compliquer les choses. Vu sa marge de manœuvre limitée, la BCE s’apprête à livrer une partie d’échecs pour joueurs confirmés…

Un coup inattendu des Émirats arabes unis

Les marchés de l’énergie ont eu leur lot de nouveaux chocs à digérer : les Émirats arabes unis se retirent de l’OPEP après en avoir fait partie pendant près de soixante ans, le président américain envisage de nouvelles actions en Iran et le détroit d’Ormuz est toujours bloqué. Le prix du pétrole – le baril de Brent – a grimpé jeudi matin à 126,41 USD, mais est retombé après une proposition de négociations présentée par l’Iran pour finir la semaine aux alentours de 108 USD. Rien d’étonnant à ce que ces fluctuations ravivent les craintes inflationnistes des investisseurs et des banques centrales…

La semaine à 16.000 milliards de dollars

Les cinq plus grandes entreprises technologiques américaines, qui représentent ensemble une capitalisation boursière de 16.000 milliards de dollars, devaient prouver mercredi que leurs investissements dans l’intelligence artificielle portent leurs fruits et se traduisent par une véritable croissance bénéficiaire. Les résultats publiés ont confirmé que l’IA n’a rien d’un phénomène de mode éphémère : la croissance du chiffre d’affaires s’accélère, les carnets de commandes gonflent et la demande de capacité dans le cloud et d’IA reste énorme, excédant la capacité disponible. Mais dans le même temps, la facture des investissements continue à augmenter et les investisseurs se montrent plus critiques. Le Nasdaq a eu une réaction volatile, et le sentiment a suivi le mouvement dans le monde entier.

Et le positionnement des marchés, dans tout cela ?

Les investisseurs s’efforcent soigneusement de repositionner leurs pièces sur l’échiquier. Le conflit en Iran se trouve dans une impasse totale, le prix du pétrole étouffe peu à peu l’économie mondiale, et il se peut que les entreprises soient finalement obligées de revoir leurs perspectives à la baisse.

En dépit de ces préoccupations, les bourses ont atteint de nouveaux records. Le Nikkei japonais a ainsi franchi pour la première fois le cap des 60.000 points. La progression de 20% qu’il a signée en 2026 repose sur le complexe technologique, la robotique et la confiance en la relance de l’économie. Après une longue période de déflation, la bourse japonaise a retrouvé son attrait. Les autres bourses ont pour la plupart clôturé sur une note légèrement positive cette semaine empreinte d’une grande volatilité.

Les marchés obligataires ont réagi également : le taux américain à dix ans s’est hissé à 4,4% et son homologue allemand à 3,03%. Ici aussi, les marchés réalisent de plus en plus que le choc énergétique pourrait durer plus longtemps que prévu et faire grimper l’inflation. Les investisseurs suivent de près ces évolutions des taux, conscients qu’une poursuite de cette augmentation risque à terme de peser sur les valorisations, y compris celles du complexe technologique qui propulse actuellement le marché.

Á l’issue de cette semaine qui nécessitait une réflexion stratégique et laissait peu de place au pilotage automatique, une conclusion s’impose : la partie est loin d’être terminée et le coup final doit encore être joué. La vigilance reste donc de mise…
 

Chiffres clés du 27/4/2026 au 1/5/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5352,67 -0,73% 5,40%
Europe: Stoxx Europe 600 611,55 0,15% 3,27%
USA: S&P 500 7230,12 0,91% 5,62%
Japon: Nikkei 59513,12 0,63% 18,22%
Chine: Shangai Composite 4112,16 0,46% 3,61%
Hongkong: Hang Seng 25776,53 -0,54% 0,57%
Euro/dollar 1,18 0,53% 0,20%
Brent pétrole 108,04 -3,41% 76,10%
Or 4568,30 -2,38% 6,04%
Taux belge à 10 ans #N/A
Taux allemand à 10 ans 3,03
Taux américain à 10 ans 4,38
Source : Factset

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