Sommaire
- L’économie américaine résiste.
- La banque centrale américaine est à nouveau mise à l’épreuve : son indépendance n’a jamais été aussi menacée.
- Une croissance qui crée la surprise, bien au-delà des prévisions.
- Les résultats trimestriels et PPI en ligne de mire : les prochains jours seront cruciaux.
Un contexte macroéconomique en transition
L’économie américaine aborde 2026 comme un marathonien qui a passé le mur du 30ème kilomètre : encore solide, mais plus aussi fringant qu’au départ. L’inflation a nettement reculé depuis les sommets de 2022, mais la lecture des dernières données reste délicate. Le plus long Shutdown de l’histoire a perturbé la collecte de statistiques, retardant certaines séries et en rendant d’autres incomplètes, ce qui laisse à penser que les chiffres publiés en novembre pourraient donc avoir été partiellement biaisés...
Dans ce brouillard technique, les tendances de fond demeurent. Sur base annuelle, l’inflation tourne autour de 2,7% en décembre, et l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) est proche de 2,6%. Sur base mensuelle, elle augmente de 0,3%, un niveau rassurant sans être totalement convaincant.
Le marché du travail, longtemps résilient, ralentit sans se dégrader. L’économie n’est plus en surchauffe, mais son équilibre reste difficile à cerner. Il semble désormais acquis que le marché a intégré une inflation durablement supérieure à l’objectif, y compris en 2026.
Ces chiffres n’invitent pas Jerome Powell réfléchir à une nouvelle baisse de taux dans les prochaines semaines. La Fed marche toujours sur un fil, entre contenir l’inflation et le marché de l’emploi.
Une Fed sous pression politique dans un climat institutionnel inédit
L’indépendance de la banque centrale américaine est soumise à une pression exceptionnelle. L’administration Trump a engagé une procédure judiciaire visant Jerome Powell, alimentant les doutes sur l’indépendance de la Fed. Officiellement, il s’agit d’une enquête liée à la rénovation du bâtiment de la Banque Centrale. Dans les faits, personne ne s’y trompe : l’enjeu est la trajectoire des taux et la capacité de la Fed à résister aux pressions politiques.
Soutenu par les directeurs de Banques Centrales à travers le monde, Jerome Powell a rappelé l’importance pour la Fed de pouvoir fixer les taux en fonction des données économiques. Il s’agit pour lui de pouvoir faire perdurer l’exceptionnalisme américain, déjà fragilisé ces derniers temps. Cette idée, au cœur de l’identité institutionnelle du pays, repose sur la conviction que les Etats-Unis se distinguent par la solidité de leur contre-pouvoir et de l’indépendance de leurs institutions, en particulier de la banque centrale.
Lundi, cette tension a fait monter les taux longs, portant le taux à 10 ans à près de 4,20% et celui à 30 ans à 4,87%. Le dollar s’est affaibli, repassant à 1,16, tandis que l’or a progressé de près de 2%.
Une croissance américaine bien plus vigoureuse qu’attendu pour terminer 2025
La croissance américaine s’est révélée bien plus vigoureuse qu’attendu. L’estimation du PIB au 4ème trimestre, que les analystes voyaient aux alentours de 2,7%, a finalement bondi à 5,4% annualisé, portée par une consommation solide.
Ce chiffre impressionnant vient s’ajouter à un soutien budgétaire conséquent. L’adoption du One Big Beautiful Bill Act en 2023 a entraîné une baisse significative des impôts pour les ménages américains, réduisant leur charge fiscale en 2025 et conduisant à des remboursements plus élevés au premier trimestre 2026 (en moyenne plus de 1000 USD par foyer), des transferts qui, historiquement, sont rapidement dépensés stimulant ainsi les dépenses domestiques.
Ces chiffres laissent présager une croissance soutenue en début d’année.
La saison de la publication des résultats commence…
Pour les investisseurs, les prochains jours seront intenses. La publication des résultats du quatrième trimestre a débuté hier, avec des attentes élevées : le marché anticipe une progression des bénéfices par action de 8,6%, un rythme solide qui devra justifier des valorisations toujours exigeantes, autour de 22 fois les bénéfices. Dans un contexte de records successifs, la capacité des entreprises à tenir leurs promesses, voire à surprendre positivement, sera un test clé pour la poursuite de la tendance.
Ces derniers jours, les bourses évoluent en ordre dispersé, orienté positivement lundi. Ce mardi, les réactions sont plus prudentes, voire en légère baisse pour le marché américain.
Aujourd’hui, l’attention se portera également sur les PPI américains (évolution des prix à la production). Avec l’inflation, ils constituent l’un des thermomètres les plus suivis par la Fed pour ajuster sa politique monétaire. Leur lecture pourrait donc influer les anticipations de taux, et par ricochet, le sentiment de marché. La prochaine réunion de la Banque Centrale américaine, aura, quant à elle, lieu les 27 et 28 janvier 2026.
Les rendez-vous des prochains jours offriront aux investisseurs les premiers signaux de l’année quant à la trajectoire économique et financière des Etats-Unis…
Chiffres clés du 13/1/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5250,09 |
0,69% |
3,38% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
610,44 |
-0,08% |
3,08% |
| USA: S&P 500 |
6963,74 |
-0,19% |
1,73% |
| Japon: Nikkei |
53549,16 |
3,10% |
6,38% |
| Chine: Shangai Composite |
4138,76 |
-0,64% |
4,28% |
| Hongkong: Hang Seng |
26848,47 |
0,90% |
4,75% |
| Euro/dollar |
1,17 |
-0,27% |
-0,80% |
| Brent pétrole |
65,54 |
2,49% |
7,71% |
| Or |
4612,50 |
-0,36% |
6,66% |
| Taux belge à 10 ans |
3,30 |
|
|
| Taux allemand à 10 ans |
2,81 |
|
|
| Taux américain à 10 ans |
4,17 |
|
|