Le président et son entourage pourront pour ce faire puiser de l’inspiration dans les replis de la législation américaine. Pour l’instant, ils se penchent surtout sur les possibilités que pourrait leur offrir l’article 301 de ce même "Trade Act" de 1974, qui autorise le président à décréter des droits de douane afin de réprimer des "pratiques commerciales déloyales". Une enquête doit toutefois être menée au préalable, mais Jamieson Greer, le représentant au commerce de Donald Trump, a d’ores et déjà indiqué que cela ne devrait pas poser trop de problèmes. Sans compter qu’il devrait être possible d’encore glaner, çà et là, une poignée d’articles de lois permettant de faire déferler sur le reste du monde une nouvelle vague de taxes douanières, même si celles-ci nécessiteraient pour la plupart davantage de détours procéduraux et ne revêtiraient pas le caractère global de celles qui figuraient au menu du Liberation Day… Enfin, le président pourrait aussi demander au Congrès de valider sa politique, mais vu la majorité très serrée qu’il y détient, cela reviendrait tout de même à courir un risque.
Moralité : ce n’est pas demain la veille que nous serons débarrassés des taxes douanières américaines. De plus, on ignore encore dans la plupart des cas la suite que les autres pays réserveront à ce verdict ainsi qu’à tous les "deals" conclus depuis avril. Les marchés se retrouvent donc confrontés à une nouvelle source d’incertitudes, précisément au moment où une armada américaine se rassemble au large des côtes de l’Iran, prête à passer à l’attaque.
La bonne nouvelle, c’est que les marchés en ont vu d’autres, entretemps. En tout état de cause, les bourses ont accueilli favorablement la décision de la Cour suprême vendredi. Non que les observateurs soient nombreux à croire à la fin de la guerre des tarifs. Donald Trump est en effet toujours intimement convaincu que les taxes douanières sont une bonne chose pour l’Amérique. De plus, nombre de droits de douane ont été imposés en vertu d’autres législations (par exemple ceux sur l’acier, l’aluminium et le secteur automobile) et sont donc maintenus. Mais l’image de Roi-Soleil tout-puissant de Donald Trump – l’Etat, c’est moi – en a, en tout cas, pris un coup. Le verdict de la Cour suprême confirme en effet que la séparation des pouvoirs prônée par Montesquieu reste intacte et que les Etats-Unis demeurent un Etat de droit intègre.
Les marchés obligataires et les marchés des changes sont, quant à eux, restés d’un calme olympien. Et de son côté, Wall Street estime sans doute que si Donald Trump va trop loin dans les prochains jours, les marchés le lui feront comprendre et il fera machine arrière. Car outre les taxes douanières, le président américain compte également les bonnes prestations boursières des douze derniers mois au rang des précieuses réalisations de sa politique. En résumé, nous pouvons encore nous attendre à quelques rebondissements dans les jours qui viennent, mais les fondamentaux de ce marché – la croissance bénéficiaire saine, le climat propice des taux d’intérêt et la résilience de l’économie américaine – restent intacts.
Chiffres clés du 16/2/2026 au 20/2/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 5654,68 | 0,72% | 11,35% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 630,56 | 2,08% | 6,48% |
| USA: S&P 500 | 6909,51 | 1,12% | 0,94% |
| Japon: Nikkei | 56825,70 | -0,20% | 12,88% |
| Chine: Shangai Composite | 4082,07 | 0,41% | 2,85% |
| Hongkong: Hang Seng | 26413,35 | -2,83% | 3,05% |
| Euro/dollar | 1,18 | -0,53% | 0,36% |
| Brent pétrole | 71,77 | 2,82% | 16,98% |
| Or | 5032,30 | -0,61% | 16,81% |
| Taux belge à 10 ans | 3,25 | ||
| Taux allemand à 10 ans | 2,74 | ||
| Taux américain à 10 ans | 4,08 | ||
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