Sommaire
- Un accord avec l’Iran pour les 80 ans de Donald Trump ?
- L’inflation élevée oblige la BCE à intervenir.
- Les actions liées à l’IA subissent des prises de bénéfices…
- … tandis que SpaceX s’attire toutes les faveurs de l’investisseur.
- Mais qu’est-ce que cela signifie pour les marchés ?
Géopolitique : de la menace à la détente, mais à quoi s’attendre ensuite ?
La semaine s’était ouverte dans un climat très tendu par crainte d’une nouvelle escalade du conflit en Iran et d’un rebond des prix du pétrole. Jusqu’à ce que Donald Trump renonce vendredi aux attaques projetées et annonce un accord imminent. Même sans confirmation officielle de la part de Téhéran, il n’en a pas fallu davantage pour provoquer une détente. Le prix du pétrole est retombé à 87 USD et les bourses du monde entier sont reparties à la hausse. C’est entretemps la 40e fois que Donald Trump annonce une percée diplomatique, et ce seul signal a à nouveau suffi à provoquer un revirement du sentiment. Vendredi, l’espoir d’un accord a donné des ailes au marché. Nous souhaitons ajouter ce matin que la nouvelle semaine a démarré sous de bons auspices. Un accord aurait été trouvé entre les États-Unis et l’Iran, devant être signé ce vendredi. Nous vous en partagerons volontiers plus de détails ainsi que les premières réactions des marchés dès demain.
La BCE relève les taux
En Europe, tous les regards étaient rivés sur Francfort, où la BCE a comme prévu porté le taux directeur de 2 à 2,25%. La hausse des prix du pétrole et du gaz a un impact direct sur l’inflation dans la zone euro, qui a atteint 3,2% en glissement annuel en mai. La grande question reste cependant de savoir si ce choc énergétique se répercutera aussi sur l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire la composante qui exclut les prix de l’énergie et de l’alimentation, et la réponse dépendra avant tout de l’évolution de la situation géopolitique.
Mais entretemps, on redoute de plus en plus que le choc énergétique ralentisse également la croissance économique. Des statistiques récentes révèlent en tout cas une détérioration de la confiance des entrepreneurs et des consommateurs, ce qui n’est pas bon signe pour la croissance européenne.
Faut-il voir dans ce relèvement des taux une intervention préventive ponctuelle, ou plutôt le début d’un cycle monétaire restrictif ? La réponse dépend de trois facteurs : l’évolution du conflit au Moyen-Orient, l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les autres composantes de l’inflation, et la résilience de l’économie réelle. C’est donc un exercice d’équilibre périlleux qui attend la BCE : combattre l’inflation sans étouffer la croissance…
Etats-Unis : l’inflation et l’IA font pression sur les marchés
La hausse des prix à la consommation reste un thème dominant aux Etats-Unis également. Mue par les prix de l’énergie et de l’essence, l’inflation y a atteint en mai 4,2%, son niveau le plus élevé en trois ans. Pour le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, la première décision des taux qu’il devra prendre la semaine prochaine sera un test crucial, tant du point de vue économique que sur le plan politique. La stabilité de l’inflation sous-jacente et la détente du prix du pétrole intervenue vendredi ont en tout cas rassuré les marchés, faisant remonter les cours de Wall Street.
Du côté des actions liées à l’IA, la nervosité devient cependant de plus en plus palpable. Après de longs mois d’euphorie, les investisseurs commencent à se montrer plus critiques. Le fait qu’Oracle ait à présent besoin de lever des capitaux pour financer ses investissements colossaux montre à quel point ces dépenses importantes fragilisent l’équilibre. Le secteur technologique reste le moteur de la bourse américaine, mais les valorisations exigeantes déclenchent des prises de bénéfices au moindre doute. Faut-il y voir une correction saine ou le début d’une bulle spéculative ? La question sème en tout cas la nervosité et l’agitation sur les marchés…
Elon Musk honore son rendez-vous avec l’histoire…
Le moment le plus attendu de la semaine était sans nul doute l’introduction en bourse de SpaceX. Les investisseurs étaient suspendus à la valorisation, qui au cœur de l’agitation géopolitique, économique et monétaire revêtait une symbolique additionnelle : celle de l’espoir incarné par l’innovation par l’incertitude qui court.
Après avoir affiché dès l’ouverture un cours de 11% supérieur au prix de souscription qui avait été fixé (135 USD), l’action a clôturé la session à 160,95 USD, autrement dit sur un gain de 19,2%. Pour prendre une métaphore spatiale, on peut donc parler d’un lancement des plus réussis, mais le véritable test est encore à venir. Ce cours est-il tenable pour l’action ? Les semaines qui viennent nous permettront de nous faire une idée de l’intérêt des investisseurs pour les introductions en bourse d’envergure, en particulier dans la perspective de celles d’OpenAI et d’Anthropic qui suivront plus tard dans l’année. Il s’agira d’ailleurs d’un test crucial pour l’ensemble du marché, car jamais encore des entreprises de l’envergure de ces trois-là n’avaient fait leur entrée sur la bourse américaine…
Comment les marchés gèrent-ils toute cette agitation ?
Les craintes de plus en plus cuisantes au sujet de l’inflation et les spéculations quant à l’avenir des relèvements des taux pèsent sur le prix de l’or. Le métal est retombé à 4.170 USD, soit environ 25% en-deçà de son record de la fin janvier. La remontée des taux d’intérêt ternit en effet l’attrait de l’or étant donné que celui-ci ne rapporte ni intérêts ni dividendes.
La semaine a été volatile pour les indices boursiers du monde entier, mais le rallye de soulagement généralisé qui s’est amorcé vendredi leur a permis de finir la semaine sur une note positive. Le S&P 500 s’est remis des pertes essuyées précédemment et a clôturé la semaine en hausse de 0,6%. Le Nasdaq a remonté la pente après son effondrement du 5 juin et a fini la session de vendredi dans le vert. Au Japon et en Europe également, l’espoir d’un accord avec l’Iran a permis aux indices de signer une belle progression.
Conclusion de la semaine : the sky stays the limit… jusqu’à ce que les nuages s’amoncellent et que l’orage éclate ! Le sentiment du marché n’a pas besoin de grand-chose pour changer du tout au tout : des menaces géopolitiques au soulagement, de l’euphorie au sujet de l’IA aux prises de bénéfices, de la remontée des taux à une chute du prix de l’or. En bourse, il est rare que le ciel soit entièrement dégagé. Une chose est pourtant sûre : aussi longtemps que les investisseurs restent convaincus que la technologie, la diplomatie et la politique monétaire parviendront à soutenir la hausse, the sky stays the limit, même s’il faut parfois traverser une épaisse couche de nuages pour s’en rendre compte. Nous saurons dans les semaines à venir si cette éclaircie est appelée à se prolonger, ou si de nouvelles tempêtes nous attendent…
Chiffres clés du 8/6/2026 au 12/6/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5737,19 |
2,82% |
12,97% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
633,21 |
1,69% |
6,93% |
| USA: S&P 500 |
7431,46 |
0,65% |
8,56% |
| Japon: Nikkei |
66020,04 |
-0,85% |
31,15% |
| Chine: Shangai Composite |
4031,51 |
0,09% |
1,58% |
| Hongkong: Hang Seng |
24718,10 |
-0,98% |
-3,56% |
| Euro/dollar |
1,16 |
0,13% |
-1,45% |
| Brent pétrole |
87,30 |
-10,27% |
42,30% |
| Or |
4223,05 |
-5,38% |
-1,97% |
| Taux belge à 10 ans |
3,56 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3,01 |
|
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| Taux américain à 10 ans |
4,48 |
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