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Une réaction prévisible,mais tout de même modérée
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3 MARS

Une réaction prévisible,mais tout de même modérée

3-3-2026
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
Philippe Gijsels Chief Strategy Officer
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Rédigé le 3-3-2026 09:51
Publié le 3-3-2026 09:51
Le marché table en Iran sur une "victoire" assez rapide des Etats-Unis et d’Israël et sur une perturbation limitée du marché pétrolier. Nous prônons la diversification, le maintien du capital et la mise à profit des opportunités.
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Sommaire

  • Le marché laisse entrevoir une réaction prévisible et initialement modérée.
  • L’Iran mise sur la guerre d’usure.
  • L’objectif : se mettre en quête d’un équilibre entre la vigilance et la mise à profit des opportunités.

Une réaction initialement modérée

La réaction initiale du marché aux événements survenus durant le week-end en Iran était celle à laquelle on pouvait s’attendre. Le prix du pétrole a augmenté, les valeurs refuges comme l’or ont profité de la situation, de même que les actions du secteur de la défense, et les marchés des actions ont dû céder du terrain. Parmi les "victimes" de ce repli figuraient plusieurs groupes tout désignés comme les compagnies aériennes. A noter surtout que les pertes boursières sont restées limitées en Europe et en Asie, tandis que le marché est resté stable aux Etats-Unis. Les valeurs technologiques, qui venaient pourtant de connaître quelques semaines plutôt difficiles, ont rencontré un certain engouement grâce à leurs bilans solides et à leurs cash flows abondants. Le Nasdaq et le dollar ont progressé dans la foulée. Manifestement, les investisseurs s’attendent à un conflit d’une durée assez limitée qui ne perturbera pas trop les marchés pétroliers.

L’Iran mise sur la guerre d’usure

Pourtant, la stratégie de l’Iran vise au contraire à déstabiliser le plus possible la région et les marchés de l’énergie. L’objectif ultime des leaders iraniens est la survie du régime sous sa forme actuelle. Ils semblent partir du principe que les Etats-Unis ne sont pas prêts à soutenir politiquement un conflit prolongé, et que Donald Trump ne dispose dès lors que d’une courte fenêtre d’opportunité pour atteindre ses objectifs, dont le changement de régime. L’espoir est donc qu’après une vague initiale d’offensives, l’heure sera à nouveau aux négociations.

L’Iran dispose de trois leviers susceptibles de jouer en sa faveur. Le premier – peut-être le plus important – est le temps. Le régime iranien est probablement affaibli par de nombreuses années de sanctions et par la récente guerre des 12 jours, mais une certaine réserve est tout de même perceptible au niveau des contre-attaques. En ne déployant pas d’emblée toutes ses armes, l’Iran tente de faire durer le conflit le plus longtemps possible dans l’espoir que la volonté politique de poursuivre les opérations s’affaiblisse aux Etats-Unis.

Le deuxième levier est le contrôle du détroit d’Ormuz, la fermeture de ce détroit, qui est la principale artère de l’approvisionnement énergétique mondial. Ce n’est évidemment pas comme une barrière ou une porte que l’on ferme, mais en menaçant d’attaquer les navires qui s’y risqueraient, l’Iran est tout de même parvenu à paralyser de facto le trafic maritime. Or, celui-ci représente environ 20% de l’offre pétrolière mondiale. Les leaders iraniens espèrent ainsi faire franchir au prix du pétrole la barre des 100 dollars, ce qui pourrait avoir de sérieuses retombées sur l’économie, et en particulier sur l’inflation. Autrement dit, l’Iran dispose là d’un moyen indirect de frapper l’économie mondiale, et donc aussi l’économie américaine, d’autant qu’une hausse (marquée) de l’inflation empêcherait également la Fed d’abaisser encore davantage les taux.

Enfin, l’Iran essaie aussi d’exporter le conflit dans la région. Les attaques contre les autres pays du Golfe, et surtout contre les infrastructures pétrolières et les navires-citernes, sont pour l’Iran une autre manière de provoquer un choc d’offre sur le marché pétrolier.

La quête d’un équilibre

Cela dit, ce conflit est avant tout un drame humain dans lequel toutes nos pensées doivent aller aux victimes qu’il fait dans les deux camps. Pour le reste, tout l’art consistera à nous positionner le mieux possible en continuant à rechercher un équilibre. Il s’agira d’interpréter correctement les risques et de s’en protéger le mieux possible, tout en s’efforçant de saisir les éventuelles opportunités qui se présentent. L’histoire des marchés est là pour nous rappeler que les corrections éventuellement abruptes des marchés, même dans le sillage de conflits – pensons par exemple aux deux guerres du Golfe en Irak –, sont par la suite assez rapidement compensées. A ce stade, le repli est cependant trop limité que pour miser résolument sur ce scénario…

Dans les heures, les jours et les semaines qui viennent, il sera crucial de suivre la situation de près en accordant une attention toute particulière au prix du pétrole, sachant que la stratégie de l’Iran consiste à le faire grimper. Si le prix du pétrole venait à se rapprocher des 100 dollars le baril, voire à franchir ce niveau, les marchés se laisseront gagner par une nervosité et une volatilité accrues. Il ne s’agit pas nécessairement d’un scénario de base, mais bien d’une éventualité à prendre en compte.

Tout cela montre une fois de plus que l’indépendance sur le plan de l’approvisionnement en matières premières et en énergie est devenue plus importante que jamais. Et aussi que le plus vigoureux marché haussier que les matières premières aient jamais connu ne fait probablement que commencer…
Chiffres clés du 2/3/2026
Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5366,22 -1,42% 5,67%
Europe: Stoxx Europe 600 623,63 -1,61% 5,31%
USA: S&P 500 6881,62 0,04% 0,53%
Japon: Nikkei 58057,24 -1,35% 15,33%
Chine: Shangai Composite 4182,59 0,47% 5,39%
Hongkong: Hang Seng 26059,85 -2,14% 1,67%
Euro/dollar 1,17 -1,08% -0,55%
Brent pétrole 77,76 6,61% 26,75%
Or 5390,45 4,18% 25,13%
Taux belge à 10 ans 3,22
Taux allemand à 10 ans 2,71
Taux américain à 10 ans 4,05

Source : Factset

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