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Brexit, 10 ans déjà
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25 JUIN

Brexit, 10 ans déjà

25-6-2026
Bernard Pollet – Team manager Securities Handling Referentials
Bernard Pollet
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Rédigé le 25-6-2026 08:22
Publié le 25-6-2026 08:22
Dix ans ! Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté en faveur d’une sortie de l’UE. Hasard du calendrier: le Premier ministre vient de démissionner…
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Sommaire

  • Historique et belles promesses
  • Les résultats 10 ans plus tard 
  • Une nouvelle page politique ?

Petit flashback

Nous sommes en 2016. Les divisions internes au sein du Parti conservateur sont fortes. Pour calmer la situation, David Cameron (premier ministre de l’époque) organise un référendum sur le maintien de son pays au sein de l’UE. Le pari était risqué ! Bien que personnellement favorable au maintien, Cameron n’a pu contrer les promesses faites par d’autres figures politiques. C’est ainsi qu’avec 51,9% de voix, les Britanniques ont opté pour un retrait de l’Union européenne. A l’occasion du 10ème anniversaire de ce moment marquant pour l’Europe, revenons sur ces promesses : Quelles étaient-elles ?

Premièrement, le Royaume-Uni devait retrouver une souveraineté législative et ne plus être soumis aux règles de l’UE. La réduction de l’immigration était également l’un des points centraux de la campagne en faveur du « Leave » (= quitter l’UE), et l’argent versé à Bruxelles devait être réalloué au système de santé britannique (le NHS). Enfin, il s’agissait de relancer l’économie : moins de bureaucratie, plus de dynamisme, une meilleure compétitivité et des accords commerciaux plus avantageux.

10 ans plus tard, « mission » accomplie ?

Le bilan actuel est contrasté. Certes, le Royaume-Uni a retrouvé sa souveraineté législative totale et décide lui-même de sa politique migratoire. Toutefois, si les flux migratoires en provenance de l’UE ont diminué, ceux en provenance du reste du monde ont, eux, fortement augmenté, ce qui a alimenté le mécontentement des partisans du Leave. Difficile de ne pas faire référence aux manifestations massives contre l’immigration qui se sont tenues récemment à Londres. « L’argent du Brexit » n’a quant à lui jamais été redirigé vers le National Health Service, bien que son budget ait augmenté grâce aux dépenses publiques.

L’analyse économique est encore plus troublante. Si l’on se concentre sur le pays en tant que place financière, le Royaume-Uni reste extrêmement puissant à l’échelle mondiale. Il occupe toujours la deuxième place, derrière New-York. En effet, bien que certaines activités aient été délocalisées, Londres et sa City ont su trouver de nouveaux leviers de croissance, notamment à travers la technologie et des services financiers innovants. Soulignons également que si le FTSE 100 (marché boursier des grosses capitalisations) et la livre se sont effondrés après l’annonce du référendum, les grosses entreprises Britanniques ont assez rapidement effacés leurs pertes.

D’un point de vue macro, le pays insulaire n’a certes pas connu de décrochage économique comme certains semblaient le prédire avant le Brexit. Toutefois, si de nouveaux accords commerciaux ont eu lieu, les exportations se sont révélées plus faibles que celles de l’UE. Et la croissance du PIB par habitant a accusé un retard par-rapport à celle du bloc européen. De même, si l’on se concentre sur les entreprises de petites et moyennes tailles cotées en bourse, qui reflètent davantage l’économie réelle que les grosses capitalisations, force est de constater qu’elles ont plus souffert du Brexit et qu’elles restent sous-valorisées par-rapport à leurs homologues européennes. Cette productivité et cette croissance, plus faibles qu’escompté par les partisans du Leave, pèsent sur le moral des Britanniques. C’est probablement pourquoi le sentiment général des citoyens penche vers un rapprochement avec l’UE. Selon les derniers sondages réalisés, 75% des Britanniques aspirent désormais à des relations plus étroites avec le bloc européen, et 53% seraient même en faveur d’un retour dans l’Union Européenne.

Une instabilité politique croissante

Il semble que le mécontentement à l’égard des institutions politiques a atteint son paroxysme. Lorsque le Parti travailliste est arrivé au pouvoir en 2024, il a promis une discipline budgétaire stricte. Toutefois, au vu des besoins de dépenses pour soutenir la faible croissance du pays et le système social, les marchés ont plusieurs fois douté de la pérennité de ce plan. Les taux des gilts (les obligations d’Etat britanniques) ont fortement augmenté début 2025, ce qui a affaibli la position du Premier ministre. Depuis, la confiance en Starmer n’a fait que décliner. Critiqué pour sa gestion économique, il a vu des tensions internes éclater au sein du parti. La rupture était inéluctable : Keir Starmer a finalement présenté sa démission. Reste à savoir qui lui succédera…

Chiffres clés du 24/6/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5671,66 -0,72% 11,68%
Europe: Stoxx Europe 600 635,16 0,08% 7,26%
USA: S&P 500 7358,22 -0,10% 7,49%
Japon: Nikkei 69174,97 -0,88% 37,42%
Chine: Shangai Composite 4110,81 0,11% 3,58%
Hongkong: Hang Seng 23412,18 0,33% -8,66%
Euro/dollar 1,13 -0,36% -3,44%
Brent pétrole 73,80 -4,33% 20,29%
Or 4069,55 -1,05% -5,53%
Taux belge à 10 ans 3,42
Taux allemand à 10 ans 2,87
Taux américain à 10 ans 4,40

Source: Factset

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