Les facteurs de soutien à long terme demeurent inchangés
La phase de prises de bénéfices liée aux tensions de liquidité devrait à notre avis rester transitoire.
L’issue du conflit au Moyen-Orient demeure incertaine. Toutefois, si le scénario privilégié par les marchés est le suivant : une escalade militaire qui entraîne une hausse des prix du pétrole et de l’inflation, puis un renforcement des taux et du dollar au détriment des métaux précieux ; on pourrait alors voir une dynamique inverse s’imposer en cas de désescalade. Contrairement à ses habitudes, le prix de l’or présente à court terme une corrélation négative avec les tensions géopolitiques et le prix du pétrole.
De plus, la vision du marché est probablement trop unilatérale. Certes, la remontée des rendements obligataires prive les métaux précieux d’un certain soutien. Mais le marché semble sous-estimer le fait qu’en période de résurgence de l’inflation, les taux d’intérêt réels – c’est-à-dire déduction faite de l’inflation – auront sans doute tendance à se replier par la suite, soutenant l’or. En principe, les métaux précieux évoluent en effet favorablement dans les environnements marqués par une inflation élevée et un repli des taux d’intérêt réels.
Vu la politique peu conciliante, voire agressive, de Donald Trump à l’égard des autres pays, nombre de banques centrales resteront tentées de renforcer leurs achats de métal jaune afin de diversifier leurs réserves hors du dollar américain.
Cependant, le coût considérable de la guerre, conjugué à l’annulation par la Cour suprême des droits de douane de Donald Trump, pourrait raviver les interrogations sur le déficit budgétaire et la solidité du système financier américain et relancer une dynamique de repli vers les métaux précieux. Le même scénario est d’ailleurs envisageable en cas de regain des tensions politiques aux Etats-Unis après les élections de mi-mandat en novembre.
Enfin, il convient de ne pas perdre de vue la contrainte persistante sur l’offre de la majorité des métaux précieux. Les capacités de production annuelles demeurent plutôt limitées et difficilement ajustables. Cette rigidité de l’offre doit s’analyser au regard de l’élargissement progressif de la base d’investisseurs, qui ont adopté les métaux précieux comme instrument de diversification au fil des dernières années.