Sommaire
- Le modèle de l’externalisation face aux chocs.
- Coûts vs sécurité : un arbitrage nécessaire ?
- L’Europe en mouvement.
- Internalisation : tendance durable ou ajustement conjoncturel ?
Une discipline stricte en matière de coûts
Alors que les marchés ont finalement bien digéré la large victoire démocrate, ce basculement rappelle à quel point les relations géopolitiques ont évolué ces dernières années. Cela invite également à analyser l’évolution opérée par les entreprises de manière à s’adapter à ce monde qui change.
Pour une entreprise, la performance repose souvent sur l’efficacité opérationnelle. Sur le plan financier, l’objectif est généralement d’optimiser les marges. Pendant des décennies, les sociétés ont dès lors privilégié un modèle basé sur la concentration sur leur cœur de métier et l’externalisation d’activités vers des partenaires à moindre coût, tirant parti de la mondialisation. Délocalisations, sous-traitance et chaînes d’approvisionnement mondialisées sont ainsi devenues des pratiques courantes. Toutefois, ce modèle est bousculé depuis plusieurs années. La crise sanitaire a d’abord révélé la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement dépendantes de fournisseurs éloignés. Les tensions commerciales et l’évolution des politiques économiques mondiales ont ensuite constitué un nouveau défi. Les conflits armés et l’augmentation du prix des matières premières ont finalement confirmé cette tendance. Face à ces chocs successifs, les entreprises sont-elles prêtes à affiner leur modèle et à éventuellement perdre quelques points de marge au profit d’une sécurité accrue ?
Face aux chocs, un exemple de choix stratégique
Dans ce contexte, l’enjeu ne se limite plus à la minimisation des coûts. Il faut également sécuriser certaines activités clés, éviter les mauvaises surprises autant que possible, et garantir un accès aux matières premières et composants critiques. L’exemple de Delta Airlines est révélateur, tant le choix précurseur opéré par l’entreprise avait suscité des interrogations. En 2012, cette compagnie aérienne connue pour le transport de passagers, a acquis une raffinerie et investi dans sa transformation. Ce choix avait été initialement critiqué. En effet, entretenir une raffinerie coûte cher, et la société s’éloignait de son activité principale. Dix ans plus tard, la guerre en Ukraine a provoqué une flambée des prix du kérosène, validant la pertinence de cette stratégie : réduire la dépendance aux fournisseurs externes, sécuriser l’approvisionnement et internaliser une partie de la chaîne de valeur.
L’Europe évolue également
L’Europe et ses entreprises sont particulièrement exposées à ces crises successives. En effet, l’autonomie énergétique de l’Europe reste limitée et sa sensibilité aux crises commerciales ou géopolitiques est élevée. C’est pourquoi l’Europe, tout comme les entreprises de secteurs actuellement en difficulté, cherche à renforcer son autonomie. Prenons l’exemple du secteur automobile, confronté à des taxes douanières et à la concurrence chinoise : plusieurs constructeurs envisagent désormais de produire leurs propres batteries. L’objectif est de réduire les dépendances technologiques et de renforcer le contrôle sur un composant essentiel pour les véhicules électriques. Certes, il ne s’agit pas de tout internaliser, mais de diminuer les dépendances externes.
Mais cela va bien au-delà du secteur automobile. Le Chips Act européen, récemment renforcé par une nouvelle proposition législative, vise à développer les capacités de production des semi-conducteurs en Europe. Cela illustre une prise de conscience croissante quant à l’enjeu économique et stratégique que représente ce secteur pour l’Europe, encore trop dépendante de l’extérieur à ce sujet.
Un changement durable ?
Si l’on observe des changements comportementaux et stratégiques tant au niveau des gouvernements que des entreprises, cela veut-il pour autant dire que l’externalisation des activités va progressivement cesser ? Il est peu probable que l’externalisation disparaisse, car la production interne nécessite des investissements importants et peut parfois peser lourdement sur la rentabilité. Toutefois, les investisseurs doivent désormais davantage se poser la question de la résilience du modèle économique des entreprises. Comment peuvent-elles réagir aux perturbations, aux risques imprévus ? En effet, dans un environnement en mutation, la stratégie la plus économique à court terme ne sera pas nécessairement la plus pertinente à long terme.
Chiffres clés du 5/11/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5979,01 |
2,42% |
17,73% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
657,40 |
1,82% |
11,01% |
| USA: S&P 500 |
7688,62 |
1,58% |
12,32% |
| Japon: Nikkei |
62188,63 |
-1,42% |
23,54% |
| Chine: Shangai Composite |
3686,17 |
2,16% |
-7,12% |
| Hongkong: Hang Seng |
23919,50 |
1,67% |
-6,68% |
| Euro/dollar |
1,12 |
0,36% |
-4,34% |
| Brent pétrole |
94,67 |
-11,55% |
54,31% |
| Or |
4043,65 |
3,61% |
-6,14% |
| Taux belge à 10 ans |
4,33 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3,33 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,88 |
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