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Deux courants, un seul impact
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17 JUIL

Deux courants, un seul impact

17-7-2026
Veerle Daeninck – Investment Communication Manager
Veerle Daeninck
Veerle Daeninck Investment Communication Manager
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Rédigé le 17-7-2026 08:53
Publié le 17-7-2026 08:53
Deux courants puissants dominent l’été 2026 et attisent l’inflation dans le monde entier : les tensions géopolitiques dans le Golfe Persique et le dérèglement climatique dû au phénomène El Niño et la climateflation.
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Sommaire

  • La recrudescence de l’agitation géopolitique dans le Golfe fait grimper les prix du pétrole.
  • El Niño et les vagues de chaleur exceptionnelles perturbent l’agriculture et les marchés de l’énergie.
  • L’Europe réforme le système d’échange de quotas d’émission (ETS) pour offrir davantage de flexibilité aux entreprises, mais l’inflation reste le pivot.

Géopolitique : le pétrole sous pression

Le 8 juillet, Donald Trump a déclaré après une reprise des hostilités dans le Golfe Persique que l’accord avec l’Iran était "terminé" en ce qui le concerne, provoquant une réaction immédiate des marchés. Le prix du pétrole a grimpé pendant quatre jours consécutifs dans le sillage d’une série de mesures : le rétablissement du blocus des ports iraniens par Washington, l’annonce de l’introduction d’une taxe de 20% sur les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz le 13 juillet et, en réaction, une menace iranienne de suspendre toutes les exportations d’énergie en provenance du Moyen-Orient. Le résultat était à prévoir : le prix du baril de Brent a grimpé de plus de 11% en trois sessions, jusqu’à flirter avec les 85 USD.

L’or a connu une évolution volatile, accusant d’abord un recul dû à l’appréciation du dollar et à l’augmentation des attentes à l’égard des taux d’intérêt, pour ensuite signer un rétablissement partiel grâce à la fuite vers les valeurs refuges, mais sans laisser entrevoir de tendance claire. Les bourses européennes ont systématiquement connu une ouverture en berne à chaque nouvelle escalade du conflit, mais sont toujours parvenues à remonter en partie la pente durant la même session. A l’évidence, les marchés tenaient déjà compte d’une partie de ces risques…

Climat : le phénomène El Niño et la climateflation

Un nouveau concept fait de plus en plus son apparition : la climateflation – autrement dit, l’inflation provoquée par les chocs de l’offre et de la demande dus au climat.

En marge des tensions géopolitiques, le climat aggrave lui aussi la pression inflationniste. Selon la NOAA américaine (la National Oceanic and Atmospheric Administration) et la WMO (World Meteorological Organization), nous aurions entre 63 et 80% de chances de connaître cette année un phénomène El Niño très marqué, peut-être même le plus puissant depuis 1950. Or, les précédents épisodes de ce phénomène ont coûté à l’économie mondiale entre 4.100 et 5.700 milliards de dollars de pertes de revenus.

Les conséquences seront surtout perceptibles en Australie, en Inde, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud, autant de régions cruciales pour la production de riz, d’huile de palme, de sucre et de cacao.

Cependant, l’Europe est également confrontée à cet impact. Durant la récente vague de chaleur, la production française d’énergie nucléaire a diminué de 7% à cause de restrictions imposées au niveau de l’eau de refroidissement, faisant littéralement exploser les prix de l’électricité en Belgique et aux Pays-Bas. La chaleur a un effet à la fois sur l’offre et sur la demande : les centrales nucléaires se voient contraintes de réduire leur production, la génération d’énergie hydraulique se retrouve au point mort à cause de la sécheresse et les anticyclones font chuter la production des éoliennes. Le gaz doit alors compenser le déficit d’énergie, ce qui se traduit par une volatilité extrême des prix.

Dans l’intervalle, l’Europe mise sur une troisième force : la réforme du système d’échange de quotas d’émission (ETS), un système mis au point par l’Union européenne pour enrayer la pollution provoquée par les grandes entreprises, également connu sous le nom de "taxe carbone". Cédant aux pressions de l’industrie et de la sphère politique, la Commission européenne a lancé une proposition adaptée qui honore toujours les objectifs climatiques, mais qui offre aux entreprises davantage d’oxygène et de sécurité d’investissement.

Qui sont les gagnants, et qui sont les perdants ?

L’impact de ce double choc est inégalement réparti, ce qui crée à la fois des risques et des opportunités.

Du côté des perdants, nous avons les entreprises de transformation et de distribution alimentaire en Asie, où l’alimentation représente jusqu’à 45% de l’indice des prix à la consommation. Les entreprises à forte intensité énergétique qui ne couvrent pas leurs coûts d’électricité et les entreprises de services aux collectivités manquant de flexibilité courent d’énormes risques également. Quant aux assureurs, ils voient les demandes d’indemnisation augmenter du fait des dégâts aux cultures et des risques dus aux fortes chaleurs.

Parmi les gagnants, les exportateurs agricoles d’Amérique du Nord et du Sud, et notamment les producteurs de maïs et de soja, bénéficient d’un climat de croissance plus propice. Les producteurs d’énergie flexibles, comme les centrales au gaz et les entreprises de stockage par batterie, ainsi que les fournisseurs de gaz nord-américains profitent de la volatilité croissante et de l’éventualité d’un hiver plus doux. Les énergies alternatives et l’efficacité énergétique demeurent également des thèmes porteurs.

Naviguer dans le vent et les vagues

Dans les mois à venir, la géopolitique et le climat continueront à influencer la conjoncture, leur point commun étant l’inflation qu’ils génèrent. Les investisseurs qui s’y préparent parviendront non seulement à atténuer les risques, mais aussi à saisir les opportunités sur un marché de plus en plus volatil.

Une stratégie ciblée pourrait consister à diversifier ses placements en direction des secteurs qui profitent de la volatilité, de positions dans les énergies alternatives et des actifs réels pour se protéger de l’inflation. Car si El Niño peut influencer le vent, la hauteur des vagues et les températures, les marchés, eux aussi, sont en perpétuel mouvement...

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Chiffres clés du 16/7/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5617.84 0.08% 10.62%
Europe: Stoxx Europe 600 643.73 0.16% 8.70%
USA: S&P 500 7533.77 -0.51% 10.05%
Japon: Nikkei 66835.54 -2.79% 32.77%
Chine: Shangai Composite 3882.41 -1.85% -2.18%
Hongkong: Hang Seng 25008.60 1.33% -2.43%
Euro/dollar 1.14 0.06% -2.57%
Brent pétrole 84.25 -0.93% 37.33%
Or 4030.95 0.09% -6.43%
Taux belge à 10 ans 3.69

Taux allemand à 10 ans 3.17

Taux américain à 10 ans 4.56


Source : Factset

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