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Entre le G7 et les MANGOS, les marchés se cherchent
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22 JUIN

Entre le G7 et les MANGOS, les marchés se cherchent

22-6-2026
Inge Donders – Head of Investment Communication
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Rédigé le 22-6-2026 08:35
Publié le 22-6-2026 08:35
La diplomatie, les taux d’intérêt et la technologie ont rythmé la semaine. Sans faire de vagues, le marché n’en cherche pas moins sous la surface la direction à prendre…
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Sommaire

  • Le G7 confirme sa collaboration pour l’Ukraine, malgré des tensions diplomatiques visibles. 
  • L’accord USA-Iran impacte les prix de l’énergie et la sécurité énergétique mondiale. 
  • La BCE relève ses taux; la Fed, sous Warsh, adopte un ton plus restrictif mais prudent. 
  • La fin du forward guidance réduit la prévisibilité de la politique monétaire. 
  • Marchés stables mais sensibles : le complexe technologique sous pression après les signaux de la Fed.

Un sommet à l’accent italien

L’agenda géopolitique de la semaine dernière était dominé par le sommet du G7 à Evian et l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Le sommet lui-même était surtout axé sur la sécurité énergétique, le commerce et le soutien à l’Ukraine. Les débats ont globalement été constructifs et ont débouché sur des engagements dans les domaines de la défense aérienne, de l’infrastructure énergétique et des sanctions contre la Russie.

Dans le même temps, le sommet a aussi révélé les tensions sous-jacentes. En marge des gros dossiers, des frictions politiques et personnelles sont apparues, notamment entre les Etats-Unis et l’Italie. Des désaccords mineurs à première vue, mais qui illustrent néanmoins à quel point le positionnement individuel peut compliquer la concertation.

Au Moyen-Orient, l’équilibre est resté fragile. Si les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran avaient temporairement ramené le calme, de nouveaux incidents – parmi lesquels des bombardements au Liban – ont montré à quelle vitesse le sentiment peut changer.

Malgré la reprise des négociations en Suisse dimanche, l’issue reste incertaine.
Les marchés, eux, se focalisent pour l’instant moins sur les détails politiques de l’accord en 14 points et davantage sur son impact sur les prix de l’énergie et la sécurité d’approvisionnement à court terme.

Deux banques centrales, deux vitesses

Sur le plan macroéconomique, les banques centrales étaient aux commandes, avec un contraste manifeste entre l’Europe et les Etats-Unis. La Banque centrale européenne a relevé son taux directeur de 25 points de base (taux de rémunération des dépôts: 2,25%) et confirme ainsi sa détermination à lutter contre l’inflation, toujours mue par les prix de l’énergie.

Aux Etats-Unis, la Federal Reserve a laissé les taux inchangés lors de la première réunion présidée par Kevin Warsh. Cette décision était celle que l’on attendait, mais le ton a changé. La Fed a souligné la résilience de l’économie, tout en reconnaissant que l’inflation se fait plus tenace que prévu.

Cela dit, c’est surtout le changement au niveau de la communication qui a marqué les esprits. Sous Kevin Warsh, la Fed fournit moins d’indications et se recentre sur une approche davantage axée sur les données. Moins de trajets déterminés à l’avance, mais davantage de marge de manœuvre pour réagir.

Pour les marchés, il s’agit d’une rupture par rapport aux années précédentes, avec moins de points de repère et une banque centrale américaine qui se réserve davantage de possibilités d’ajuster rapidement les prévisions.

Sous la quiétude affichée en surface, la nervosité reste palpable

Les marchés financiers ont continué d’afficher une stabilité relative, mais ont par exemple réagi aux signaux lancés par la Fed. Les actions se sont retrouvées sous pression à l’issue de la réunion et les taux d’intérêt se sont mis à grimper, en particulier ceux à court terme. Les segments sensibles aux taux d’intérêt, comme le complexe technologique, ont accusé le coup.

Cette réaction des marchés contraste avec l’image générale qu’ils renvoient. La technologie et l’IA restent les secteurs dominants, mais la réaction aux commentaires de la Fed montre que cette domination devient plus sensible aux attentes à l’égard de l’évolution des taux d’intérêt. Les fluctuations du Nasdaq illustrent bien à quelle vitesse cet équilibre peut vaciller.
Sur les marchés obligataires, ce sont surtout les taux à court terme qui ont augmenté. Les taux à long terme ont suivi le mouvement, mais avec moins de fougue, ce qui a encore aplani davantage la courbe des taux.

MANGOS, FAB10 et le besoin de nommer les choses

Les évolutions récentes observées au sein du complexe technologique révèlent un glissement au niveau du marché. Alors que les "Magnificent Seven" ont été pendant longtemps le point de référence, nous voyons à présent que ce groupe perd de son homogénéité et se disperse.

Dans le même temps, le marché a de plus en plus besoin de nommer ce qu’il voit, tentant de mieux appréhender la prochaine génération de leaders du marché en les désignant sous de nouveaux labels – MANGOS, FAB10, AI Big 10 – qui traduisent le basculement vers l’écosystème de l’intelligence artificielle.

Ce réflexe n’est d’ailleurs pas nouveau: à chaque cycle du marché, des dénominations de ce genre font leur apparition dès qu’un groupe restreint d’actions se met à dominer le rendement.

Pas encore de direction, mais du mouvement quand même…

La semaine dernière a donc une fois de plus été dominée par l’incertitude géopolitique, la complexité croissante du contexte de l’inflation et la décision de la Fed de se montrer désormais moins explicite dans ses indications quant à la politique à venir.

Il ne s’en est pas dégagé de mouvements majeurs, mais des glissements n’en étaient pas moins perceptibles sous la surface. Les écarts entre les différents secteurs et classes d’actifs deviennent plus importants que la direction que prend le marché dans son ensemble.

La semaine à venir nous livrera en tout cas quelques nouvelles indications en apportant des réponses partielles aux questions cruciales du moment: comment évoluent les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran? Comment se présentent les nouveaux taux d’inflation aux Etats-Unis et les signaux en provenance d’Europe au sujet de l’évolution future des taux d’intérêt? Et les géants technologiques vont-ils retrouver le soutien dont ils bénéficiaient jusqu’ici, ou continueront-ils à souffrir de leur sensibilité aux taux d’intérêt ?

Et avec un peu de chance, cette nouvelle semaine permettra aussi à l’Italie de retrouver une certaine harmonie…

Chiffres clés du 15/6/2026 au 19/6/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5647,65 -1,56% 11,21%
Europe: Stoxx Europe 600 635,61 0,38% 7,33%
USA: S&P 500 7500,58 1,44% 9,57%
Japon: Nikkei 71250,06 7,92% 41,54%
Chine: Shangai Composite 4090,48 2,60% 3,06%
Hongkong: Hang Seng 23924,81 -1,34% -6,66%
Euro/dollar 1,15 -0,91% -2,34%
Brent pétrole 79,82 -14,02% 30,11%
Or 4264,90 4,54% -1,00%
Taux belge à 10 ans 3,46
Taux allemand à 10 ans 2,92
Taux américain à 10 ans 4,45

Source: Factset

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