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"Fureur épique": une semaine houleuse en perspective
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2 MARS

"Fureur épique": une semaine houleuse en perspective

2-3-2026
Inge Donders – Head of Investment Communication
Inge Donders Head of Investment Communication
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Rédigé le 2-3-2026 09:02
Publié le 2-3-2026 09:02
Après une semaine ponctuée de nouvelles taxes douanières, de chocs technologiques et de discours politiques, le week-end a quant à lui marqué le coup d’envoi d’un conflit armé en Iran.
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Sommaire

  • Taxes douanières : tensions persistantes, effets commerciaux marginaux,
  • L’IA doit prouver sa rentabilité, pas juste son potentiel.
  • La géopolitique dicte, les politiques commentent.
  • Tensions Iran : risques énergétiques et instabilité régionale,
  • Volatilité : garder son sang-froid, garder sa stratégie.

Des marchés habitués à l’incertitude

Le verdict de la Cour suprême américaine a ravivé la volatilité, mais n’a pas provoqué de rupture fondamentale sur les marchés. Des droits de douane existants ont disparu, mais d’autres ont rapidement pris leur place. Somme toute, le verdict n’a pas changé grand-chose au contexte commercial au sens large pour les investisseurs, qui ont donc plutôt bien digéré la nouvelle.

Les marchés n’ont pas tardé à se désintéresser du sujet, préférant reporter leur attention sur les résultats des entreprises, suffisamment positifs que pour faire contrepoids. La publication de Nvidia a refermé la saison des résultats en révélant des chiffres qui confirmaient le rôle désormais structurel de l’intelligence artificielle. L’accueil plutôt tiède que les investisseurs leur ont réservé montre cependant qu’ils deviennent plus critiques : la croissance à elle seule ne suffit plus, ils exigent désormais aussi une certaine visibilité du rendement des investissements colossaux consentis. De quoi rétablir un certain équilibre dans ce scénario qui s’est longtemps laissé porter surtout par le momentum…

Technologie : de belles promesses, mais des doutes tenaces

Cette vague de criticisme s’est étendue au complexe technologique dans son ensemble et n’a pas tardé à entraîner des conséquences concrètes. L’intérêt pour le secteur se recentre sur la rentabilité et la maîtrise des coûts, et les entreprises commencent à prendre des mesures en ce sens. Block, une société américaine spécialisée dans les paiements mobiles, s’apprête à licencier près de la moitié de son personnel. Plus près de chez nous, Proximus projette d’ici 2030 un dégraissage contrôlé de 15% des effectifs.

Et dans les deux cas, l’intervention est explicitement mise en relation avec les gains de productivité réalisés grâce à l’intelligence artificielle. L’IA reste donc un moteur de croissance structurel, mais le scénario a clairement évolué.

Les discours donnent le ton

Aux États-Unis, le discours de Donald Trump sur l’état de l’Union était le point d’orgue politique de la semaine. L’accent qu’il mettait sur la sécurité économique et l’autonomie stratégique a confirmé la vision d’un monde où le contexte géopolitique oriente de plus en plus explicitement la politique économique. Le président américain n’a pas caché sa préférence pour une politique étrangère assertive et transactionnelle, axée sur les intérêts des États-Unis.

Les marchés ont écouté attentivement. Car si les discours ne déterminent pas directement les cours, force est d’admettre qu’ils les orientent. Une orientation qui, ce week-end, s’est soudain muée en une direction très concrète…

Iran : une nouvelle phase d’un conflit existant

Le conflit qui couvait depuis tout un temps a dégénéré ce week-end en une offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Présentée comme une action préventive visant à tuer dans l’œuf les ambitions nucléaires de l’Iran, l’opération "Fureur épique" n’en risque pas moins de se muer en un conflit armé plus vaste à l’issue incertaine. Les représailles de l’Iran ne se limitant pas nécessairement à Israël, d’autres pays de la région se retrouveront impliqués dans le conflit, un risque qui est encore aggravé par la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et le rôle des Gardiens de la Révolution.

Bien que le président américain souligne dans sa communication que l’opération vise à soutenir la population iranienne et à créer les conditions pour un changement de régime, il est difficile de ne pas faire le lien avec le contexte géopolitique plus large. La guerre en Ukraine, les relations entre l’Iran et la Russie, la position de la Chine et les tensions au Moyen-Orient sont de plus en plus imbriquées. Même l’Europe ne reste pas sur la touche, comme nous en avons encore eu la preuve ce week-end lorsque l’armée belge a arraisonné et saisi un pétrolier lié à la flotte fantôme russe. Les tensions géopolitiques se font plus tangibles, et surtout plus proches…

La panique n’est pas une stratégie

Les marchés, de leur côté, se soucient surtout de l’approvisionnement énergétique. En plus d’être un important producteur de pétrole, l’Iran contrôle aussi de par sa position géographique l’accès au détroit d’Ormuz, l’une des artères essentielles pour l’approvisionnement énergétique de l’économie mondiale. Une perturbation du trafic maritime à ce niveau – même sans un blocage complet – peut rapidement avoir des répercussions sur les prix du pétrole et du gaz. L’OPEP+ a d’ores et déjà annoncé une augmentation de la production afin de stabiliser le plus possible le prix du pétrole.

Les marchés des actions, eux, doivent encore réagir cette semaine aux événements du week-end. L’expérience nous a appris que les chocs géopolitiques engendrent souvent une volatilité accrue, mais rarement des corrections persistantes, à moins qu’ils ne déséquilibrent durablement l’économie.

Nos premières pensées vont évidemment aux souffrances humaines endurées par toutes les parties impliquées dans ce conflit. Du point de vue de l’investissement, le contexte actuel ne justifie aucunement une réaction de panique. La vigilance, par contre, est de mise. Les primes de risque sont susceptibles d’augmenter, tandis que l’énergie et les matières premières demeurent un point sensible. Il s’agira donc de trouver un équilibre entre la protection du capital et la mise à profit des opportunités qui ne manquent jamais de se présenter dans un environnement volatil.

Mardi matin, notre Chief Strategy Officer Philippe Gijsels vous livrera une analyse plus détaillée des événements ainsi que le bilan des réactions que les marchés laisseront entrevoir ce lundi.

Chiffres clés du 23/2/2026 au 27/2/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5443,76 -3,73% 7,19%
Europe: Stoxx Europe 600 633,85 0,52% 7,03%
USA: S&P 500 6878,88 -0,44% 0,49%
Japon: Nikkei 58850,27 2,41% 16,91%
Chine: Shangai Composite 4162,88 0,70% 4,89%
Hongkong: Hang Seng 26630,54 0,82% 3,90%
Euro/dollar 1,18 0,17% 0,53%
Brent pétrole 72,94 0,26% 18,89%
Or 5174,10 2,82% 20,11%
Taux belge à 10 ans 3,17
Taux allemand à 10 ans 2,67
Taux américain à 10 ans 3,96
Source : Factset

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