Sommaire
- La Fed et la BCE marquent une pause, mais pour combien de temps?
- Il est temps que les investissements colossaux dans l’IA fassent leurs preuves…
- Alphabet prouve que de bons résultats ne suffisent plus.
- La saison des résultats révèle une Europe étonnamment résiliente.
- Tous les regards sont à présent rivés sur l’électeur américain.
Taux d’intérêt: une pause… mais jusqu’à quand ?
Sans vraiment créer la surprise, la Federal Reserve et la Banque centrale européenne ont laissé leurs taux directeurs inchangés la semaine dernière. Après une croissance vigoureuse de 3,4% en glissement annuel rapportée par l’économie américaine pour le troisième trimestre et une inflation sous-jacente toujours à 3,1% en septembre selon le déflateur PCE, la Fed a maintenu ses taux dans une fourchette de 3,75 à 4,00%. A l’évidence, la croissance persistante et l’inflation tenace ne lui laissent guère le loisir de baisser sa garde…
La BCE a elle aussi préféré rester dans l’expectative en maintenant son taux de rémunération des dépôts à 2,50%, attirant surtout l’attention avec l’annonce du départ anticipé de Christine Lagarde le 7 février 2027. Ce timing n’est en effet pas sans importance : à cette date, Emmanuel Macron aura encore largement son mot à dire dans le choix de son successeur à la tête de la banque centrale, et non le nouveau président français qui sera élu plus tard en 2027. Mais que ce soit pour la Fed ou pour la BCE, décembre reste une échéance cruciale pour les taux d’intérêt et la pause pourrait donc être de courte durée…
IA : le vrai visage derrière le masque…
L’intelligence artificielle a donné le frisson aux marchés des actions la semaine dernière, avec toujours la même question qui tourne en boucle : combien va-t-il falloir investir pour réaliser l’expansion promise, et quelle sera au final la rentabilité de ces investissements ? Alphabet a illustré on ne peut mieux cette zone de tension qui domine en ce moment l’écosystème de l’IA : Google Cloud a rapporté une croissance de 103% (jusqu’à 30,7 milliards de dollars), mais les dépenses en capital d’Alphabet ont à ce point augmenté en un trimestre qu’elles ont dépassé les 51 milliards de dollars. Si l’on considère les neuf premiers mois de l’année, elles atteignent près de 132 milliards de dollars, tandis que le free cash flow s’est retranché au troisième trimestre en terrain négatif (-9,1 milliards de dollars). Le cours de l’action a dès lors chuté d’environ 12%, prouvant qu’une croissance vigoureuse ne suffit manifestement plus. Les investisseurs veulent aussi voir ce qu’elle rapporte.
… mais pas nécessairement effrayant
Heureusement, les chiffres de Microsoft étaient là pour nuancer. Azure, la plateforme dans le cloud de Microsoft, a laissé entrevoir une croissance de 48% tandis que l’entreprise continue à générer un free cash flow positif. Les services dans le cloud d’Amazon restent également très prisés, même si là, les investissements colossaux ont mis le free cash flow à mal. Au total, les quatre grands "hyperscalers" projettent en 2026 des investissements de plus de 700 milliards de dollars. L’essor de l’IA ne faiblit donc pas, mais les investisseurs se montrent désormais plus critiques. Cela dit, la prudence n’a jamais fait de tort à personne et permet surtout de revenir à l’essentiel : à combien s’élèvent les investissements, quel rythme de croissance permettent-ils de réaliser et, surtout, qu’est-ce que cela rapporte à l’entreprise en termes nets ?
More trick than treat ?
Cette prudence accrue est devenue tangible vers la fin de la semaine. Les valeurs technologiques ont continué à subir des pressions et les investisseurs se sont tournés vers les segments plus défensifs. Cependant, les résultats renvoient une image plus nuancée. L’Europe s’en tire étonnamment bien jusqu’ici, rapportant au niveau du MSCI Europe une croissance bénéficiaire d’environ 23% en glissement annuel pour le troisième trimestre, alors que les prévisions pour le S&P 500 se situent aux alentours de 24%.
Nous avons aussi eu droit à un coup de théâtre au pays des cryptomonnaies. Binance, la principale plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde, a été victime du plus grand braquage numérique de l’histoire. En vingt minutes à peine, des pirates se sont emparés d’un butin de 6,34 milliards de dollars de cryptoactifs. Bien que Binance elle-même n’ait pas encore identifié les auteurs du méfait, d’aucuns pointent du doigt la Corée du Nord. Entretemps, l’entreprise est parvenue à geler pour environ 3 milliards de dollars d’actifs volés. Binance affirme par ailleurs avoir les moyens d’indemniser les clients touchés.
Après les frissons d’Halloween, la fièvre électorale
Plus près de chez nous, le Premier ministre De Wever se rend aujourd’hui chez le Roi. Les négociations budgétaires ont échoué, ce qui n’augure rien de bon pour le taux belge à dix ans. Pour le reste, entre les résultats des entreprises et les statistiques économiques, le monde entier a le regard rivé sur les élections américaines de mi-mandat. De fait, leur issue pourrait modifier les rapports de forces politiques à Washington et donc influencer le débat au sujet notamment de la politique budgétaire, du commerce et de la technologie. Après une semaine où les taux d’intérêt et l’IA s’étaient chargés d’entretenir le suspense, les marchés ont à présent droit à un nouveau thriller, écrit cette fois par l’électeur américain…
Chiffres clés du 26/10/2026 au 30/10/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5840,99 |
1,02% |
15,02% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
646,75 |
1,73% |
9,21% |
| USA: S&P 500 |
7580,07 |
-0,57% |
10,73% |
| Japon: Nikkei |
63290,11 |
0,95% |
25,73% |
| Chine: Shangai Composite |
3599,02 |
-2,48% |
-9,32% |
| Hongkong: Hang Seng |
23294,42 |
0,87% |
-9,11% |
| Euro/dollar |
1,12 |
-0,37% |
-4,95% |
| Brent pétrole |
113,40 |
-11,61% |
84,84% |
| Or |
3981,10 |
-1,13% |
-7,59% |
| Taux belge à 10 ans |
4,40 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3,34 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,91 |
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