En comparaison avec la volatilité des marchés d’actions, l’évolution que les obligations ont connue en 2025 peut sembler un peu monotone. Le bilan : des rendements positifs, sans plus. Depuis quelques années, les taux d’intérêt des emprunts d’État sont prisonniers d’une tendance qui les maintient à un niveau beaucoup plus élevé qu’il y a 5 ans. Pour une obligation d’État belge à 10 ans, nous parlons ici d’un taux oscillant entre 3 et 3,5 %. L’Allemagne affiche, à ce sujet, un niveau inférieur d’un demi-point, tandis qu’aux États-Unis, il faut compter 1 % de plus.
Sans pour autant sortir de ce canal, les taux d’intérêt ont connu, en 2025, une évolution différente sur chacun des deux continents. Aux États-Unis, ils ont laissé entrevoir une tendance baissière à partir du second semestre, suivant le mouvement imposé par la Fed lorsqu’elle a commencé, dès septembre, à abaisser ses taux à court terme, constatant que l’inflation demeurait sous contrôle. En Europe, la tendance était plutôt orientée à la hausse en raison de la propension à l’investissement, qui profite à l’économie et aux marchés des actions, mais qui ne fait qu’aggraver l’endettement, déjà colossal. À ce sujet, nous ne nous attendons pas à de grands changements en 2026. Nos spécialistes s’attendent à voir le taux à 10 ans terminer l’année au milieu des fourchettes mentionnées précédemment.
Une constante que l’on retrouve, cependant, presque partout, c’est-à-dire de part et d’autre de l’Atlantique, est l’augmentation notable de l’écart entre les taux à court terme et les taux à long terme. À la fois la BCE et la Fed - cette dernière avec, il est vrai, quelques mois de retard - ont, en 2025, revu leurs taux directeurs à la baisse, tirant parti du fait que l’inflation était sous contrôle. En Europe, celle-ci affichait même globalement le niveau cible de 2 %. En 2026, la BCE laissera probablement son taux directeur inchangé, tandis qu’il pourrait encore baisser ailleurs dans le monde. Le Japon constitue, dans ce contexte, la seule exception majeure.
Bien évidemment, la combinaison de taux à court terme en baisse et de taux à long terme stables ne fait qu’accentuer la pente de la courbe des taux. Ainsi, les liquidités rapportent proportionnellement de moins en moins. En Europe, le taux d’intérêt à 3 mois ne suffit même plus à couvrir l’inflation, pourtant modérée. En 2026, il faudra donc se tourner vers l’investissement et les placements pour limiter la perte de pouvoir d’achat.
À partir du printemps, ce ne sera plus Jerome Powell qui décidera des baisses des taux directeurs aux États-Unis. En effet, son mandat arrive à son terme, et c’est à Donald Trump qu’il incombe de désigner son successeur. Il y a de fortes chances que celui-ci se prénomme Kevin, ce prénom étant celui des deux candidats les plus probables. Reste la question de la crédibilité de ce successeur. Fort de son expérience et de la fin imminente de son mandat, Powell pouvait encore se permettre de défendre bec et ongles l’indépendance de la Fed et de résister à Donald Trump. Son successeur, moins expérimenté par définition, disposera en revanche de bien moins de marge de manœuvre. Ce contexte, combiné à une inflation maîtrisée, accroît la probabilité de nouvelles baisses des taux aux États-Unis.
En marge des emprunts d’État, les entreprises peuvent, elles aussi, recourir aux obligations pour lever des capitaux. Dans le contexte économique actuel, elles n’ont même pas besoin d’offrir une prime de rendement substantielle pour convaincre les investisseurs. Cet écart, appelé « credit spread » (ou « écart de crédit » en français), est historiquement bas – particulièrement aux États-Unis.
Seule l’IA pourrait introduire une source d’incertitude. En 2025, les actions ont principalement profité de la vague d’investissements, toujours soutenue, dans de nouveaux centres de données – indispensables au déploiement continu de l’IA. Or, ces infrastructures doivent être financées. Selon les prévisions, les entreprises liées à l’IA pourraient lever des capitaux jusqu’à dix fois supérieurs à la moyenne, ce qui augmenterait de 44 % le volume d’obligations d’entreprises en circulation aux États-Unis. Si la demande de financement s’intensifie, les taux d’intérêt proposés par les émetteurs devront probablement augmenter pour attirer les investisseurs – du moins aux États-Unis.
Or, une hausse des taux pèse d’abord sur les cours des obligations existantes. Pour cette raison, le marché américain des obligations d’entreprises ne figure pas parmi nos placements privilégiés en 2026.
Chiffres clés du 6/1/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 5182,87 | 1,64% | 2,06% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 605,28 | 0,58% | 2,21% |
| USA: S&P 500 | 6944,82 | 0,62% | 1,45% |
| Japon: Nikkei | 52518,08 | 1,32% | 4,33% |
| Chine: Shangai Composite | 4083,67 | 1,50% | 2,89% |
| Hongkong: Hang Seng | 26710,45 | 1,38% | 4,21% |
| Euro/dollar | 1,17 | -0,07% | -0,41% |
| Brent pétrole | 60,74 | -1,72% | -0,18% |
| Or | 4478,95 | 0,72% | 3,57% |
| Taux belge à 10 ans | 3,35 | ||
| Taux allemand à 10 ans | 2,85 | ||
| Taux américain à 10 ans | 4,17 | ||
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