Sommaire
- Nouveau patron, nouveau profil,
- Une nouvelle qui tombe bien,
- Comment s’écrira le futur de la FED ?
Kevin Warsh entre en scène… Mais qui est-il exactement ?
Une fois n’est pas coutume, la prise de parole du nouveau patron de la FED a probablement fait l’objet de davantage d’analyses que la décision prise sur les taux. C’est compréhensible : un nouveau chef d’orchestre pour la plus puissante banque centrale du monde, cela n’arrive pas tous les jours ! Avant toute chose, qui est donc Kevin Warsh ? A 56 ans, il a déjà une longue expérience financière. Conseiller économique de Georges W. Bush en 2002, proche du parti républicain de par ses liens familiaux (il est marié à Jane Lauder, héritière du groupe de cosmétiques, dont le père est un ami d’enfance de Trump), il devient en 2006 le plus jeune gouverneur de la Réserve fédérale. Il joue un rôle actif dans la résolution de la crise de 2008, pour finalement partir vers d’autres horizons en 2011.
Sans jamais rompre les liens pour autant ! De fait, il avait déjà été candidat pour remplacer Janet Yellen en 2017, mais avait été évincé au profit de Powell qui, à ce moment-là, était perçu comme plus accommodant sur les taux. C’est là que cela devient le plus intéressant : initialement connu comme étant en faveur d’une politique économique plus restrictive, il semble que Warsh se soit progressivement transformé en blanche colombe. Au point d’épouser le Credo de Donald Trump : la lutte contre l’inflation ne doit pas aller à l’encontre de la croissance ! La décision de mercredi soir, et le discours qui s’en est suivi, ont-ils confirmé ces premières impressions ?
Une première décision largement anticipée ?
Il est malheureusement un peu tôt pour se prononcer sur les véritables intentions de Warsh. En effet, le marché avait d’une part largement anticipé les taux communiqués par la FED. Ces derniers sont restés stables, dans une fourchette de 3,5 à 3,75%. D’autre part, l’évolution de la situation géopolitique lui a donné une bouffée d’oxygène à un moment opportun. Le protocole d’accord Iran - Etats-Unis donne à Warsh une marge de manœuvre légèrement plus large que ce qui se présentait à lui une semaine auparavant. De quoi fédérer plus facilement les gouverneurs autour de son courant de pensée ?
Notons d’emblée que pour la première fois depuis longtemps, la décision sur les taux a été prise à l’unanimité ! Il va de soi que la banque centrale peut désormais se montrer plus attentiste : l’inflation est effectivement éloignée de son objectif idéal et elle a commencé à se répandre dans plusieurs secteurs de l’économie américaine, impactant le consommateur moyen. Toutefois, elle est principalement due à un événement géopolitique majeur qui paraît désormais limité dans le temps. Même si la situation reste instable, les relations Etats-Unis-Iran ainsi que la navigation dans le détroit d’Ormuz sont en voie de normalisation. Pourquoi faudrait-il dès lors se presser de relever les taux ? Cet argument est assez logique, ce qui laisse la possibilité à Warsh de ne pas dévoiler toutes ses cartes d’entrée de jeu.
Quels sont les éléments clés à venir et à surveiller ?
Quid pour le futur ? Le plus important sera d’obtenir la confirmation que la FED reste une institution totalement indépendante, et que son patron n’est en rien influencé par le pouvoir exécutif. Warsh peut très bien estimer que la croissance est tout aussi importante que la maîtrise de l’inflation, là n’est pas le problème. Pour maintenir sa crédibilité, il devra toutefois faire en sorte de prouver aux investisseurs (et aux gouverneurs qui travaillent à ses côtés) que la FED reste attachée à l’analyse des données économiques et qu’elle n’hésitera pas à agir face à des imprévus ou à une inflation structurellement trop élevée.
Sur ce point, il est intéressant de noter que les responsables monétaires ont suggéré, via leurs prévisions, qu’un resserrement monétaire pourrait avoir lieu d’ici la fin d’année (fait nouveau à la FED : Warsh n’a, par contre, pas révélé sa propre estimation à long terme). Quoi qu’il en soit, les futures réunions de la banque centrale nous donneront l’opportunité d’en apprendre davantage sur le personnage. Entre-temps, ne boudons pas notre plaisir : comme Warsh, l’apaisement (ne parlons pas encore de résolution) du conflit au Moyen-Orient et le dégonflement des prix de l’énergie ne peuvent que nous réjouir. Même s’il convient de rester prudent, il s’agit d’un soulagement pour la croissance économique mondiale, et très certainement pour les banques centrales du monde entier.
Chiffres clés du 17/6/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5703,72 |
0,69% |
12,31% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
639,31 |
0,52% |
7,96% |
| USA: S&P 500 |
7420,10 |
-1,21% |
8,39% |
| Japon: Nikkei |
69902,25 |
0,72% |
38,86% |
| Chine: Shangai Composite |
4108,08 |
0,40% |
3,51% |
| Hongkong: Hang Seng |
24312,16 |
-0,74% |
-5,14% |
| Euro/dollar |
1,16 |
-0,16% |
-1,32% |
| Brent pétrole |
79,62 |
0,82% |
29,78% |
| Or |
4331,85 |
-0,26% |
0,55% |
| Taux belge à 10 ans |
3,46 |
|
|
| Taux allemand à 10 ans |
2,93 |
|
|
| Taux américain à 10 ans |
4,50 |
|
|