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Le retour du dragon: la renaissance technologique chinoise en 2026
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27 JANV

Le retour du dragon: la renaissance technologique chinoise en 2026

27-1-2026
Veerle Daeninck – Investment Communication Manager
Veerle Daeninck
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Rédigé le 27-1-2026 10:04
Publié le 27-1-2026 10:04
L’agitation géopolitique et les barrières commerciales vont-elles encore davantage aiguiller l’investisseur européen vers la Chine?
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Sommaire

  • De la crise immobilière au nouvel élan imprimé par l’IA et les technologies.
  • L’effet DeepSeek : la Chine moins dépendante grâce à ses propres puces et modèles.
  • IA, véhicules électriques, robotique : des valorisations encore sous-cotées ?
  • La Chine a choisi son propre cap…

De l’incertitude géopolitique aux nouveaux pôles d’attraction

Une nouvelle fois, ce début d’année est marqué par des interférences géopolitiques et une incertitude accrue. Aux États-Unis, les tensions commerciales et la rhétorique politique imprévisible sèment la nervosité, tandis que l’Europe s’interroge sur son autonomie stratégique, sa défense et ses relations internationales, comme on a encore pu le voir très récemment dans les débats au sujet du Groenland. Dans un tel contexte, les investisseurs ne se contentent pas d’évaluer l’impact à court terme sur les marchés, mais ils se mettent également en quête de régions et de thèmes un peu plus à l’abri de la tempête.

De plus en plus, cette quête les conduit en Asie, et en particulier en Chine. Après quelques années difficiles dominées par la crise immobilière, la pression déflationniste et les tensions géopolitiques, nous voyons s’y dessiner depuis 2025 une revalorisation prudente mais pourtant indéniable.

Nous assistons ainsi à une véritable métamorphose du dragon. Loin d’un retour aux cycles de croissance traditionnels d’antan, la Chine nous régale d’une transformation stratégique se cristallisant autour de percées technologiques dictées par la politique incitative ciblée et le repositionnement structurel.

Technologies et IA : le tournant DeepSeek

Le renouveau de la Chine se fonde sur les technologies et l’intelligence artificielle. La percée de modèles d’IA comme DeepSeek, combinée au développement accéléré de semi-conducteurs et de puces d’IA propres par des acteurs comme Huawei, Alibaba et Baidu, a sensiblement renforcé la confiance à l’égard du pouvoir d’innovation de la Chine. Alors que les entreprises technologiques chinoises ont passé pendant longtemps pour des acteurs de plateformes, on les voit aujourd’hui s’orienter vers l’infrastructure d’IA, les applications et l’intégration industrielle.

Ce revirement suit un cap politique bien défini. Les autorités de contrôle chinoises misent activement sur l’autonomie technologique, notamment en imposant des quotas pour le déploiement d’équipements fabriqués en Chine au sein des nouvelles usines de puces électroniques, en facilitant l’accès aux marchés des capitaux pour les entreprises technologiques en phase de pré-revenu et en offrant un soutien ciblé aux secteurs stratégiques comme ceux des semi-conducteurs, de l’infrastructure de cloud, de l’efficacité énergétique et de la robotique. Ces efforts conduisent à un écosystème de plus en plus intégré au sein duquel les logiciels, le matériel, les données, l’énergie et l’industrie se renforcent mutuellement.

La place de la Chine dans la chaîne asiatique de l’IA

Bien que Taïwan, la Corée du Sud et le Japon continuent à jouer un rôle clé dans la chaîne des semi-conducteurs, la Chine met les bouchées doubles pour se construire une base industrielle parallèle et plus large. Le pays combine des positionnements avantageux dans les secteurs des véhicules électriques (BYD), des batteries et du stockage d’énergie (CATL), de l’infrastructure de cloud, de l’automatisation industrielle et de la robotique humanoïde. La Chine n’est donc plus uniquement un consommateur de technologie, mais s’érige de plus en plus en fournisseur de solutions intégrées.

Cette évolution ne passe pas inaperçue. Les contacts internationaux de haut niveau de la Chine, tant bilatéraux que dans des configurations multilatérales comme le Forum de Davos, témoignent du rétablissement du dialogue dans les domaines des technologies, du commerce et des investissements. La rivalité structurelle demeure, mais force est d’admettre que la Chine a repris sa place au sein du débat technologique mondial.

Les fondements de la reprise : les valorisations et la politique

En dépit de la remontée des derniers mois, les actions chinoises affichent toujours des valorisations attrayantes dans une perspective historique, en particulier en comparaison des entreprises technologiques américaines. L’écart de valorisation s’est certes amenuisé, mais nombre d’investisseurs sont d’avis qu’il renferme encore du potentiel, en particulier dans les secteurs où la croissance bénéficiaire profite du soutien structurel de l’adoption de l’IA, de l’électrification et de la digitalisation.

La politique macroéconomique y contribue. La combinaison de taux d’intérêt faibles, d’incitants ciblés et de réformes des marchés des capitaux doit permettre d’encourager les investissements et l’innovation, sans oublier une focalisation accrue sur les rendements pour l’actionnaire. Le nouveau plan quinquennal met lui aussi explicitement l’accent sur la consommation intérieure, le progrès technologique et l’augmentation de la productivité, autant d’éléments qui renforcent le scénario d’investissement à plus long terme.

Depuis le début de 2026, l’indice chinois Shangai Composite a signé une progression de 4,22% tandis que le Hang Seng (Hong Kong) a grimpé de 4,37%. En comparaison, les indices européens et américains ont connu un début d’année plus timoré.

Le consommateur : stable, mais sélectif

Le sentiment des consommateurs chinois reste mitigé. L’inflation est faible et les ménages restent prudents dans leurs dépenses discrétionnaires, en particulier dans les catégories non essentielles. Dans le même temps, le commerce de détail laisse entrevoir une reprise progressive mue par la consommation de base, les services et les plateformes numériques. Les plus jeunes générations semblent en termes relatifs avoir plutôt tendance à consentir des dépenses pour les loisirs et dans certains segments de luxe, tandis que d’autres secteurs restent clairement à la traîne.

Pour les investisseurs, cela signifie que les secteurs de consommation classiques sont moins intéressants pour l’instant, tandis que le commerce électronique, les produits "premium" abordables et les services renferment au contraire des opportunités structurelles. Combiné à une politique monétaire accommodante, ce contexte crée une base domestique stable mais sélective pour la croissance bénéficiaire.

Nouveaux amis, nouvelles opportunités d’investissement

Les récentes fluctuations des marchés montrent que les actions chinoises réagissent moins violemment qu’on le croit aux tensions géopolitiques en Europe et aux États-Unis. Les différends commerciaux, l’incertitude politique et les conflits régionaux influencent surtout indirectement la conjoncture du marché chinois, à travers la perception globale du risque et les perspectives du commerce mondial et de la croissance.

Pour les investisseurs européens qui envisagent à nouveau la piste chinoise, d’autres facteurs sont donc plus convaincants. La politique de la banque centrale, les perspectives bénéficiaires des secteurs axés sur la technologie et l’innovation et la valorisation relative par rapport aux marchés occidentaux pèsent aujourd’hui plus lourd que les événements géopolitiques individuels. La Chine n’est pas un ensemble homogène et s’assortit toujours de risques spécifiques, mais une exposition sélective à la technologie, à l’innovation et à l’industrie chinoises pourrait en 2026 à nouveau gagner en importance dans le contexte d’un portefeuille diversifié.

Tandis que les États-Unis, comme le Titan Atlas, courbent l’échine sous les valorisations élevées, la Chine se métamorphose à l’image du Lóng, le dragon oriental qui règne sur l’eau et qui symbolise la fluidité, la faculté d’adaptation et les flux à long terme. Au lieu de retomber sur sa gloire passée, ce dragon-là consolide sa cuirasse d’écailles grâce à la technologie, plante ses griffes dans la politique incitative ciblée et choisit ses propres courants. Il domine, il s’adapte et il excelle tout particulièrement dans le travail de longue haleine. Vu sous cet angle, on ne s’étonnera pas vraiment de voir les pays et les entreprises élargir leurs relations économiques. Le Canada, notamment, a conclu un accord commercial avec la Chine le 16 janvier. Car lorsque les partenariats traditionnels se retrouvent sous pression, il faut bien se mettre en quête d’alternatives. Et c’est là que la Chine s’impose à nouveau comme une piste à explorer…

Chiffres clés du 26/1/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5332.66 0.31% 5.01%
Europe: Stoxx Europe 600 609.57 0.20% 2.93%
USA: S&P 500 6950.23 0.50% 1.53%
Japon: Nikkei 52885.25 -1.79% 5.06%
Chine: Shangai Composite 4132.61 -0.09% 4.13%
Hongkong: Hang Seng 26765.52 0.06% 4.43%
Euro/dollar 1.19 1.18% 1.29%
Brent pétrole 65.57 -0.43% 6.88%
Or 5093.55 3.40% 18.24%
Taux belge à 10 ans 3.25
Taux allemand à 10 ans 2.86
Taux américain à 10 ans 4.21

Source : Factset

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