Aux Etats-Unis, 82% des entreprises ont dépassé les prévisions de bénéfices avancées par le consensus. En moyenne, le bénéfice par action a augmenté de 25% au cours du trimestre écoulé, signant ainsi une croissance historiquement élevée et deux fois supérieure aux attentes moyennes des analystes. Les entreprises sont donc parvenues à profiter de la résilience persistante de l’économie intérieure, des investissements soutenus dans l’intelligence artificielle et dans l’infrastructure énergétique y afférente, et souvent aussi d’un levier opérationnel favorable.
A cela s’ajoutait également l’impact positif de l’affaiblissement du dollar américain (effets de translation positifs pour les revenus générés à l’étranger) ainsi que des réductions d’impôts et de l’annulation des taxes douanières. Les bonnes surprises les plus marquantes étaient surtout le fait des entreprises technologiques, et en particulier des producteurs de semi-conducteurs et des "hyperscalers" du segment de l’IA, mais les institutions financières et nombre d’entreprises industrielles ont dépassé les attentes également.
En Europe, l’image était plus mitigée. 54% seulement des entreprises ont dépassé les attentes, mais la croissance bénéficiaire moyenne de +10% était tout de même de 5% supérieure aux prévisions. Nombre d’entreprises ont fait état de résultats méritoires, mais les bonnes surprises flagrantes étaient moins nombreuses qu’aux Etats-Unis. Ce constat peut notamment être mis en relation avec la conjoncture économique plus faible, les effets négatifs substantiels des taux de change (principalement dus à la dépréciation du dollar par rapport à l’euro) et la pression persistante dont font l’objet plusieurs secteurs cycliques.
Plusieurs éléments étaient cependant encourageants : les banques européennes sont restées performantes grâce aux revenus d’intérêts élevés, à une bonne maîtrise des coûts et aux pertes plutôt limitées sur les crédits. Les assureurs ont également tenu bon et plusieurs segments de l’industrie, de l’infrastructure et des matériaux de construction ont laissé entrevoir des signes de stabilisation après quelques années difficiles, révélant une amélioration des carnets de commandes et/ou des marges bénéficiaires grâce à un bon "pricing power".
Les bonnes surprises les plus marquantes se situaient dans le secteur européen de l’énergie, qui a profité plus qu’aux Etats-Unis de la hausse des prix du pétrole et du gaz (européen). Dans les secteurs du luxe, de l’automobile, des matériaux et de la chimie, on déplorait en revanche des déceptions au niveau des volumes, des marges ou des perspectives. Le secteur du luxe est toujours affecté par la faiblesse de la demande chinoise, tandis que le consommateur américain devient, lui aussi, plus sélectif.
Dans le secteur automobile, les marges étaient sous pression du fait de la concurrence au niveau des prix, de la transition vers les véhicules électriques et de l’incertitude au sujet des droits de douane. Les matériaux et l’industrie chimique ont pour leur part souffert de la faiblesse des volumes, de la demande limitée de la part de l’industrie et, dans certains cas, d’un "pricing power" toujours insuffisant.
Un constat étonnant, enfin: alors que la fermeture du détroit d’Ormuz avait fait craindre à nombre d’analystes et d’investisseurs des révisions à la baisse des perspectives bénéficiaires à cause de la hausse des prix de l’énergie qui pourrait faire pression sur les dépenses de consommation, c’est précisément l’inverse qui est en train de se produire. Que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, les estimations de la croissance bénéficiaire sont revues non pas à la baisse, mais à la hausse pour 2026. Pour les entreprises européennes, le consensus des analystes table désormais sur une croissance bénéficiaire de 12% en 2026 et de 10% en 2027. Aux Etats-Unis, cette prévision a entretemps été portée à 21% pour 2026 et 15% pour 2027.
En marge de la croissance bénéficiaire supérieure aux attentes des géants technologiques grâce à l’IA, cette révision à la hausse est surtout à attribuer aux prévisions de bénéfices nettement plus élevées des entreprises énergétiques dans le sillage de la hausse des prix du pétrole. En revanche, il est frappant de constater que parmi les entreprises qui voient leur facture d’énergie augmenter, rares sont celles dont les prévisions de bénéfices sont revues à la baisse pour autant. A l’évidence, les analystes partent du principe que ces entreprises parviendront aisément à répercuter l’augmentation des coûts de production sur les prix de vente.
Pour résumer, le premier trimestre de 2026 a été nettement plus vigoureux aux Etats-Unis qu’en Europe, et ce tant en termes absolus que par rapport aux attentes. Le marché table aussi toujours sur une croissance bénéficiaire substantielle en 2026 et 2027, même s’il faut reconnaître que la qualité de cette croissance ne repose pas sur les mêmes dynamiques de part et d’autre de l’Atlantique. Car si la croissance bénéficiaire américaine se fonde surtout sur des thèmes structurels comme l’IA, le cloud et la productivité, celle des entreprises européennes est par contre davantage tributaire d’un rétablissement conjoncturel classique et d’une atténuation des effets négatifs des taux de change et des prix de l’énergie…
Chiffres clés du 19/5/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 5427,82 | 0,08% | 6,88% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 611,34 | 0,19% | 3,23% |
| USA: S&P 500 | 7353,61 | -0,67% | 7,42% |
| Japon: Nikkei | 60550,59 | -0,44% | 20,28% |
| Chine: Shangai Composite | 4169,54 | 0,92% | 5,06% |
| Hongkong: Hang Seng | 25797,85 | 0,48% | 0,65% |
| Euro/dollar | 1,16 | -0,39% | -1,26% |
| Brent pétrole | 111,50 | -0,55% | 81,74% |
| Or | 4541,00 | -0,01% | 5,41% |
| Taux belge à 10 ans | 3,75 | ||
| Taux allemand à 10 ans | 3,19 | ||
| Taux américain à 10 ans | 4,66 | ||
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