L’inflation américaine a atteint 3,7% en septembre (venant de 3,4% en août) et a donc dépassé la prévision de 3,6%. L’inflation de base, qui exclut les prix de l’alimentation et de l’énergie, s’est, quant à elle, hissée à 2,6% alors que les économistes tablaient sur 2,5%. L’indice des prix des producteurs (PPI) a, pour sa part, grimpé de 1,3% en glissement mensuel, signant sa plus forte progression depuis 2022 à cause principalement de la hausse des prix de l’énergie. Cédant à la frayeur, le marché s’est mis à estimer à 42% la probabilité que la Fed relève les taux à la fin octobre (au lieu de 24% jusqu’alors), tandis que les taux obligataires ont atteint leurs niveaux les plus élevés en plusieurs années. Kevin Warsh, le président de la Fed, est heureusement parvenu à calmer le jeu vendredi lors de l’assemblée du FMI à Bangkok. Sans pourtant donner aucun signal sur les taux, il a insisté sur le fait que la stabilité des prix restait la priorité. Il s’est aussi exprimé dans des termes particulièrement optimistes au sujet de la résilience dont l’économie mondiale parvient à faire preuve en dépit de la pression croissante, redonnant ainsi aux marchés l’espoir que le mois d’octobre puisse s’achever sans un nouveau relèvement des taux.
La situation reste tendue en Europe également, ce qui ne simplifie pas la tâche de la BCE. Si certains gouverneurs n’excluent pas un relèvement des taux, Christine Lagarde, elle, insiste sur le fait que la solution à la crise budgétaire française devra venir de Paris.
Aux Etats-Unis, les bourses avaient abordé la semaine avec une grande circonspection dans l’attente de la saison des résultats. Les entreprises et les quelques grandes banques américaines chargées d’en donner le coup d’envoi ont publié des résultats bons à très bons mais n’ont, jusqu’ici, pas pu compter sur l’appréciation du marché. Jeudi, ce sont les entreprises technologiques et le secteur des semi-conducteurs qui ont subi une correction abrupte dans le sillage de la déception créée par le PPI et de l’inquiétude croissante au sujet des investissements dans l’IA. Le Nasdaq-100 a accusé son recul le plus marqué en trois mois et les indices boursiers américains ont fini la semaine dans le rouge.
En Europe, les actions défensives ont fait preuve d’une meilleure résilience tandis que le secteur du luxe et celui des puces électroniques ont souffert de la faiblesse des ventes chinoises et de la vague de ventes qui a déferlé sur le secteur technologique à l’échelle du monde entier. L’Asie en a fait les frais également : le Kospi, l’indice sud-coréen, a perdu 6% à cause de la concurrence du fabricant de puces électroniques chinois CXMT et des doutes au sujet de l’IA, et les indices japonais et chinois ont suivi le mouvement.La semaine dernière, c’est l’IA qui a assené aux marchés le choc le plus meurtrier. Après avoir dominé les marchés pendant des mois, le secteur est à présent devenu leur point faible. Le Philadelphia Semiconductor Index a plongé la semaine dernière de plus de 3% en un jour. Les investisseurs redoutent que le financement des centres de données et de la capacité d’IA ne pèse trop lourd sur le financement de la dette et les projections de chiffre d’affaires optimistes. Les analystes, eux, se demandent s’il s’agit d’une correction temporaire ou d’un revirement structurel. Même les bons résultats comme ceux d’ASML ou de Micron n’ont pas été récompensés…
Face à une recrudescence de l’incertitude et des risques, les investisseurs ont tendance à changer de cap. L’indicateur "Fear & Greed", qui mesure le sentiment du marché et les émotions des investisseurs, affiche toujours un niveau élevé mais vient de basculer vers l’aversion au risque. Les investisseurs se repositionnent en direction du secteur des soins de santé, des services aux collectivités et des actions à dividendes de qualité. La saison des résultats du troisième trimestre nous dira si le marché parvient à se stabiliser à nouveau.
En fin de semaine, les marchés obligataires se sont mis à profiter de cet accès d’aversion au risque, les emprunts d’Etat s’imposant dans un tel contexte à nouveau en tant que valeurs refuges. Le taux américain à dix ans est ainsi parvenu à finir la semaine à un niveau nettement inférieur de 5,09%, après avoir culminé à plus de 5,30% mercredi.
Chiffres clés du 12/10/2026 au 16/10/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 5586,04 | 2,41% | 10,00% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 644,74 | 2,09% | 8,87% |
| USA: S&P 500 | 7659,44 | -1,95% | 11,89% |
| Japon: Nikkei | 65324,29 | -5,38% | 29,77% |
| Chine: Shangai Composite | 3716,28 | -2,56% | -6,36% |
| Hongkong: Hang Seng | 24186,83 | -0,10% | -5,63% |
| Euro/dollar | 1,13 | 0,51% | -4,18% |
| Brent pétrole | 109,87 | -15,50% | 79,09% |
| Or | 4181,90 | -0,12% | -2,93% |
| Taux belge à 10 ans | 4,26 | ||
| Taux allemand à 10 ans | 3,42 | ||
| Taux américain à 10 ans | 5,08 | ||
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