Sommaire
- La géopolitique est une partie d’échecs aux enjeux considérables.
- Les prix de l’énergie font grimper les prévisions d’inflation.
- Après de violentes fluctuations, les marchés des actions renvoyaient à la clôture une image mitigée.
- Le suivi, la discipline et la diversification restent la clé du succès.
Un conflit sans relâche…
L’actualité de la semaine dernière a une nouvelle fois été dominée par les tensions au sujet du détroit d’Ormuz et le ping-pong diplomatique de Donald Trump. Les marchés se sont montrés extrêmement sensibles aux moindres nuances des échanges diplomatiques (qui allaient de l’espoir d’une désescalade à de nouvelles menaces), ce qui s’est traduit par des fluctuations intra journalières violentes. Les tweets du président américain allaient dans tous les sens et ont engendré un rallye boursier bâti sur des sables mouvants. La grande question reste de savoir comment les Etats-Unis parviendront à dénouer le conflit en Iran. Devant le nouvel échec de sa quête d’alliés au sein de l’OTAN pour débloquer le détroit d’Ormuz, Donald Trump s’est raccroché à son moyen de pression favori en menaçant de quitter l’organisation. Pendant ce temps, l’ultimatum qu’il a fixé à l’Iran pour la réouverture du détroit d’Ormuz, désormais repoussé à mardi soir, approche à grands pas. Les marchés de l’énergie restent tendus. La perturbation des flux pétroliers et gaziers constitue un facteur de risque structurel pour les semaines à venir. Faut-il voir dans les quelques navires que l’Iran a laissés passer ces derniers jours une lueur d’espoir dans un jeu de démonstration de force ?
L’inflation et la croissance sous pression
Les statistiques macroéconomiques renvoient une image mitigée qui trahit on ne peut plus clairement les risques en présence. En Europe, l’inflation a atteint 2,5%, venant de 1,9% en février. La BCE a averti que l’inflation pourrait à nouveau évoluer vers les 4% si la crise de l’énergie empire. Le marché de l’emploi américain a confirmé sa robustesse avec la création de 178.000 emplois et une légère baisse du taux de chômage (4,3%). La Fed a souligné que l’économie fait encore preuve d’une résilience suffisante, de sorte qu’elle n’a provisoirement aucune raison d’abaisser les taux. Ce commentaire a eu le mérite d’apaiser les marchés obligataires. Avec un prix du pétrole supérieur à 100 USD, les tendances stagflationnistes sont clairement perceptibles, même si l’impact final sur la croissance est difficile à prévoir à ce stade et dépendra de l’évolution du conflit en Iran.
Comme si tout cela ne suffisait pas, Donald Trump a encore ajouté aux soucis de la Fed en annonçant son intention de porter le budget de la défense à 1.500 milliards de dollars, soit une augmentation de plus de 40%, ce qui ne fera qu’aggraver à l’avenir le déficit budgétaire et la dette publique.
La volatilité comme nouvelle norme
Les marchés des actions ont fluctué avec violence au rythme des commentaires de Donald Trump. Le S&P 500 a clôturé la semaine sur des gains grâce à un vigoureux rebond en milieu de semaine, tandis que le Nasdaq a profité d’un rétablissement du complexe technologique. Handicapées par leur sensibilité aux prix de l’énergie et aux risques géopolitiques, les bourses européennes sont restées à la traîne. L’image renvoyée par l’Asie était mitigée : le Japon et la Corée du Sud ont laissé entrevoir une prestation plus que méritoire, tandis que la Chine et Hong Kong ont semblé souffrir davantage de la combinaison de la hausse des prix de l’énergie et du ralentissement du commerce mondial.
La discipline avant tout
Les tensions géopolitiques, l’inquiétude au sujet de l’inflation et la croissance en perte de vitesse requièrent plus que jamais un portefeuille équilibré. Lorsque le marché évolue ainsi au gré de l’actualité et des chocs, une bonne répartition entre les régions et les classes d’actifs et un pari sur la qualité restent la clé du succès. Dans ce contexte, les obligations retrouvent de leur attrait en tant que tampon.
Dans les heures et les jours qui viennent, la réponse à plusieurs questions influencera les marchés. Comment va évoluer le conflit en Iran ? Se dirige-t-on vers un accord, ou au contraire vers une nouvelle escalade ? Et qu’est-ce que cela signifie pour l’inflation américaine ? Le détroit d’Ormuz va-t-il devenir plus accessible à présent que l’Iran laisse passer un navire de temps en temps ? Comment la saison des résultats va-t-elle s’amorcer ? Et enfin, last but not least : que nous réservent les lubies quotidiennes du président américain, et comment évoluera l’ultimatum fixé à l’Iran ?
Les investisseurs n’ont qu’une chose à faire : garder leur calme et maintenir le cap sur le long terme en utilisant la discipline comme boussole…
Chiffres clés du 30/3/2026 au 3/4/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5216,44 |
4,20% |
2,72% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
596,63 |
2,72% |
0,75% |
| USA: S&P 500 |
6611,83 |
3,82% |
-3,41% |
| Japon: Nikkei |
53413,68 |
2,94% |
6,11% |
| Chine: Shangai Composite |
3880,10 |
-0,86% |
-2,24% |
| Hongkong: Hang Seng |
25116,53 |
1,05% |
-2,01% |
| Euro/dollar |
1,15 |
0,67% |
-1,72% |
| Brent pétrole |
109,77 |
-9,63% |
78,92% |
| Or |
4625,65 |
4,42% |
7,37% |
| Taux belge à 10 ans |
#N/A |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3,00 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,34 |
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