Sommaire
- La volatilité crée des opportunités.
- L’IA réinvente l’économie, pas seulement la technologie.
- Une croissance solide offre des perspectives encourageante.
- La rotation sectorielle entre en action.
Une volatilité croissante dans les segments du marché ayant connu une forte hausse
Bien qu’ayant fait état d’une croissance bénéficiaire supérieure aux attentes, la plupart des géants technologiques n’en ont pas été récompensés. Le jour même de la publication des résultats, Microsoft a par exemple chuté de 10%, SAP de 16% et AMD de 17%. Par ailleurs, la réaction aux déceptions individuelles est parfois plutôt violente, comme pour Stellantis (-25%) ou Novo Nordisk (-20%).
Du côté des métaux nobles également, qui ont connu jusqu’en janvier une hausse exponentielle, nous observons à présent des fluctuations journalières nettement plus marquées. Quant au cours du bitcoin, il a diminué de moitié depuis son record d’octobre. Les spéculateurs commenceraient-ils à se laisser gagner par la nervosité ?
Le secteur des logiciels sous pression
La semaine dernière a été marquée par une vague de ventes qui a touché les actions des entreprises actives dans les logiciels et les médias. En cause, la crainte que l’IA ne finisse par perturber leur modèle d’activité ou par rendre leurs logiciels ou services superflus. Le facteur déclencheur a été le lancement par Anthropic d’un nouvel outil d’IA destiné à des applications juridiques, fiscales et médicales. La nouvelle a fait s’effondrer les cours, non seulement, de développeurs de logiciels comme SAP ou Salesforce, mais aussi de fournisseurs de données comme Wolters, Relx, Reuters et Factset.
Une croissance bénéficiaire vigoureuse, mais des investissements colossaux
Malgré des performances dépassant des attentes, déjà élevées, les grandes valeurs technologiques ont subi des prises de bénéfices. Deux raisons principales : certains anticipaient une accélération encore plus marquée de leur croissance, tandis que d'autres s'interrogent sur l'ampleur des investissements dans l'IA . A elles quatre, Microsoft, Meta, Alphabet et Amazon projettent de réaliser en 2026 pour 660 milliards USD d’investissements dans l’IA, avec des budgets en hausse de 60% par rapport à 2025, déjà une année record sur ce plan.
Cette prudence s'étend même aux fournisseurs de puces, pourtant bien positionnés, mais même les cours de Nvidia et AMD ont fait l’objet de prises de bénéfices. Le rebond technique de vendredi montre cependant que les opportunités restent suivies.
Pour les investisseurs, la clé réside dans l'identification des leaders capables de transformer ces investissements en croissance durable, un critère essentiel pour les allocations stratégiques.
Les perspectives macroéconomiques ne se présentent pas si mal
Une volatilité croissante, après quelques années de hausses impressionnantes des cours, peut, certes, être le signe avant-coureur d’une correction plus étendue. La conjoncture boursière actuelle reste toutefois favorable.
Aux États-Unis, l'économie surprend par sa vigueur persistante : l'ISM manufacturier, qui reflète la confiance des entrepreneurs de l’industrie manufacturière, à 52,6, est repassé en territoire expansionniste pour la première fois depuis un an, tandis que les services, à 53,8, et la confiance des ménages à 57,3, dépassent les attentes, portés par les effets des baisses d'impôts. La consommation américaine, pilier de la croissance, ne montre aucun signe de faiblesse.
En Europe également, la confiance des entrepreneurs de l’industrie évolue progressivement dans la bonne direction (PMI: 49,5 points). Le marché s’attend aussi à ce que les investissements allemands en faveur de l’infrastructure et de la défense s’accélèrent d’ici le milieu de l’année et contribuent à une légère accélération de la croissance.
Un soutien, à la fois des taux d’intérêt, et de la croissance bénéficiaire
Parallèlement, l’inflation européenne laisse, en ce moment, entrevoir un refroidissement, de 2 à 1,7%. Aux Etats-Unis, nous découvrirons cette semaine les nouveaux chiffres de l’inflation et de l’emploi, que nous n’espérons ni trop chauds, ni trop froids.
La nomination de Kevin Warsh a permis d’apaiser quelque peu les inquiétudes au sujet de l’indépendance de la Fed et de dissiper, temporairement, l’aversion pour le dollar. Bien que Kevin Warsh soit connu pour sa tendance à se profiler davantage comme un faucon, Donald Trump ne l’aurait assurément pas choisi s’il avait l’intention de mener une politique vraiment restrictive. Par conséquent, nous tablons toujours sur deux abaissements des taux de la part de la Fed en 2026.
Un autre catalyseur important pour le cours boursier est la croissance bénéficiaire, et celle-ci reste également un facteur de soutien. En effet, les prévisions tablent, pour 2026, sur une poursuite de l’accélération aux Etats-Unis, jusqu’à 14%, et sur un niveau tout de même méritoire de 7% en Europe, en dépit d’un dollar plus faible.
Géopolitique : plusieurs scénarios possibles
Sur le plan géopolitique, l’avenir est difficile à prévoir. Le contexte commercial semble en tout cas évoluer favorablement, avec cette semaine encore un accord commercial crucial entre les Etats-Unis et l’Inde. Des négociations intensives sont en ce moment menées pour mettre un terme à la guerre en Ukraine, tandis que les Etats-Unis et l’Iran sont en pourparlers au sujet d’un accord nucléaire qui permettrait d’éviter un conflit militaire.
Dans les deux cas, l’issue est incertaine, mais la conclusion d’accords pourrait tout de même désamorcer, en partie, les tensions internationales. Et pour peu que cela implique un allègement des sanctions à l’encontre de la Russie et de l’Iran, le prix du pétrole pourrait repartir à la baisse et contribuer à atténuer l’inflation. A noter à ce sujet, qu'à l’issue d’une concertation entre les Etats-Unis et la nouvelle présidente Delcy Rodriguez, le Venezuela a été autorisé à reprendre ses exportations de pétrole.
Une rotation stratégique en faveur des secteurs sous-évalués
Les marchés ne connaissent pas de repli généralisé, mais une rotation ciblée vers des secteurs longtemps délaissés. Les banques, désormais en rebond, côtoient l’énergie, les services publics, la consommation de base et les télécoms, dont les valorisations attractives séduisent à nouveau les investisseurs. Même le secteur chimique européen, pénalisé par les contraintes CO₂, profite des assouplissements réglementaires annoncés par Bruxelles pour regagner en compétitivité.
Cette dynamique, au détriment des géants technologiques, propulse des indices comme le Dow Jones et le BEL20 à des sommets historiques. Après son rebond de 2025, porté par la finance et les biotechs (UCB, Argenx), la Bourse belge affiche +9% depuis janvier, tirée par AB InBev (+17%), Lotus, D’Ieteren ou Elia.
Notre approche est basée sur la diversification et la qualité, pour capter les opportunités Nous privilégions une allocation équilibrée : les actions de croissance et de valeur, défensives et cycliques, les Small & Mid caps, l’Europe, les marchés émergents, les matières premières, l’immobilier et le private equity. Cette diversification, combinant actifs peu corrélés, atténue la volatilité tout en exploitant les hausses sectorielles. Les phases de turbulence ? Des fenêtres d’achat pour les investisseurs avisés.