Sommaire
- La croissance de l’emploi aux États-Unis se révèle nettement inférieure aux attentes.
- Le taux américain à dix ans dépasse un instant les 5,3%, son niveau le plus élevé depuis 2002.
- L’inflation atteint son niveau le plus élevé en trois ans dans la zone euro.
- Le prix du pétrole continue à fluctuer au rythme des rebondissements géopolitiques en Iran.
- Les actions des secteurs de l’IA et des semi-conducteurs se distinguent à nouveau.
Les taux d’intérêt ne se laissent pas ignorer
Bien que l’intelligence artificielle fasse toujours l’objet de beaucoup d’attention, ce sont à nouveau les marchés obligataires qui ont déterminé le sentiment la semaine dernière. Le taux américain à dix ans s’est même hissé un instant à plus de 5,3%, son niveau le plus élevé depuis 2002.
La hausse des prix de l’énergie, l’augmentation des déficits budgétaires et la vague d’investissements dans l’intelligence artificielle maintiennent la pression sur les taux à long terme. Les entreprises technologiques, de leur côté, lèvent de plus en plus de capitaux pour financer les centres de données, les puces électroniques et l’infrastructure numérique.
Les taux ont continué à grimper en Europe également, engendrant un accroissement des coûts de financement qui a surtout affecté les secteurs sensibles aux taux d’intérêt, comme l’immobilier et les services aux collectivités.
Quand un seul rapport sur l’emploi suffit à changer l’ambiance
Vendredi, le sentiment a connu un revirement. L’économie américaine a créé en septembre 29.000 nouveaux emplois – nettement moins, donc, que les 84.000 à 90.000 qui étaient attendus. Le taux de chômage, lui, a à nouveau augmenté de 4,1% à 4,2%.
Pour l’économie, ces chiffres n’ont évidemment rien de réjouissant, mais les marchés se sont focalisés sur l’envers du décor. Les investisseurs ont choisi de voir dans cette faiblesse un signe que la Federal Reserve pourrait désormais être moins encline à relever à nouveau les taux. En réaction, le taux américain à dix ans est retombé à ‘seulement’ 5,24%.
Cette réaction du marché illustre parfaitement le climat boursier dans lequel nous vivons. La croissance peut bien refroidir un peu, pourvu qu’elle ne retombe pas au point mort. Et tout ce qui est susceptible de permettre aux taux d’intérêt de se détendre est pour l’instant accueilli avec enthousiasme.
L’énergie reste la grande inconnue
Les prix du pétrole ont connu la semaine dernière un parcours tumultueux. Après avoir dépassé les 107 dollars en début de semaine après le rejet, par Donald Trump, d’une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, le baril de Brent est retombé à 99 dollars quelques jours plus tard pour finalement clôturer la semaine aux alentours de 102 dollars.
L’énergie reste donc la grande inconnue pour les banques centrales: un prix du pétrole structurellement plus élevé risque de raviver l’inflation, mais un repli pourrait rapidement leur fournir une plus grande marge de manœuvre.
Les fournisseurs restent les grands gagnants
Si les secteurs sensibles aux taux d’intérêt n’en menaient pas large, les producteurs de puces électroniques ont pour leur part continué sur leur lancée. ASML, Infineon et Nvidia sont ainsi par exemple parvenues à profiter de l’enthousiasme persistant au sujet de l’intelligence artificielle.
Les investisseurs optent dans ce contexte de plus en plus souvent pour la stratégie des "picks and shovels", ou dans la langue de Molière "pioches et pelles". L’origine de l’expression remonte au 19e siècle, pendant la ruée vers l’or. Car à l’époque, ce ne sont pas les chercheurs d’or qui se sont enrichis le plus, mais bien les entreprises qui vendaient les pelles et tout l’outillage nécessaire… Un rôle qui, dans l’actuelle course à l’IA, revient aux producteurs de puces électroniques, de centres de données et d’infrastructure numérique.
Dans le même temps, l’actualité est là pour nous rappeler que l’intelligence artificielle devient peu à peu un secteur économique mature. Cette semaine, les grandes entreprises technologiques et les décideurs politiques sont parvenus à un accord sur un code de bonne conduite pour l’IA, tandis qu’OpenAI a lancé de nouvelles applications et que les autorités de contrôle jettent un regard de plus en plus critique sur l’impact de l’IA sur le consommateur, la concurrence et l’infrastructure.
Ce qui est sûr, c’est que le STOXX Europe 600 Technology Index et le Nasdaq faisaient ainsi une fois de plus partie des segments les plus performants du marché…
Tout est une question de croissance…
Nous saurons cette semaine si le moteur de l’économie a vraiment des ratés ou s’il peine seulement à changer de vitesse. Une série d’indicateurs allemands sur la production, les exportations et les commandes de l’industrie devra permettre de déterminer si le ralentissement de la croissance observé au troisième trimestre n’était réellement que temporaire.
La semaine dernière a été dominée par l’inflation, les prix du pétrole et les taux d’intérêt. Mais pour finir, c’est un rapport sur l’emploi plus faible que prévu qui a ramené le calme sur les marchés. Voilà précisément ce qui rend le contexte boursier actuel à la fois fascinant et paradoxal: cette faculté qu’ont désormais les mauvaises nouvelles de se muer soudain en une bonne nouvelle. Encore que ce raisonnement ne s’applique jusqu’ici qu’aux États-Unis…
Chiffres clés du 28/9/2026 au 2/10/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5505.65 |
-3.48% |
8.41% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
631.35 |
-1.14% |
6.61% |
| USA: S&P 500 |
7722.72 |
-0.27% |
12.81% |
| Japon: Nikkei |
68309.46 |
2.93% |
35.70% |
| Chine: Shangai Composite |
3842.19 |
-2.78% |
-3.19% |
| Hongkong: Hang Seng |
23972.29 |
-3.19% |
-6.47% |
| Euro/dollar |
1.13 |
-1.07% |
-3.96% |
| Brent pétrole |
102.18 |
-11.92% |
66.55% |
| Or |
4186.60 |
-2.43% |
-2.82% |
| Taux belge à 10 ans |
4.40 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3.46 |
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| Taux américain à 10 ans |
5.28 |
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