L’intelligence artificielle, et plus précisément les ressources et infrastructures nécessaires à son développement, était l’un des thèmes-clés que nous avions identifiés pour l’année 2026, et il reste extrêmement pertinent à moyen terme. Si la rentabilité future et le retour sur investissement des « hyperscalers » font toujours débat, nos analyses nous ont conduit à conclure que les investissements massifs requis pour déployer l’IA profiteraient aux entreprises actives dans l’électrification, les énergies renouvelables et les semi-conducteurs. Cette thèse s’est confirmée.
La dynamique dans ces segments de marché reste exceptionnellement forte, portée par une demande sans précédent et un pouvoir de fixation des prix élevé, surtout dans le secteur des semi-conducteurs. Par exemple, les estimations de bénéfices pour 2026 de l’indice « Philadelphia Semiconductor », une référence largement suivie dans ce domaine, ont été révisées à la hausse de 40% depuis février de cette année. La pénurie est désormais la plus critique dans les puces mémoire, où leurs fabricants, notamment basés en Corée du sud et aux Etats-Unis, ont vu leurs cours boursiers s’envoler.Bien que l’offre finisse par s’ajuster à la demande, les capacités de production actuelles restent limitées. Les puces liées à l’IA nécessitent des équipements de fabrication de haute précision, eux aussi en forte pénurie. Les avancées dans l’automatisation, la robotique, la santé, le spatial et d’autres thématiques en plein développement continueront d’alimenter la demande.
Étant donné que les carnets de commandes s’étendent sur plusieurs années, nous estimons que les valeurs liées à l’infrastructure d’IA devraient conserver une place centrale dans tout portefeuille diversifié. Cela dit, pour les investisseurs fortement exposés à ce thème, prendre des bénéfices partiels en réduisant certaines surexpositions constitue une approche judicieuse.Logiciels et Services informatiques à la peine
Les craintes de disruption continuent de peser sur le secteur des logiciels et services. La capacité de l’IA à exécuter des tâches traditionnelles (codage, tests, cybersécurité) plus rapidement et à moindre coût soulève des questions sur la rentabilité future du secteur. Bien que certaines inquiétudes puissent être exagérées, les leaders intégrant rapidement l’IA à leurs solutions, la période de transition s’annonce difficile. Cette incertitude remet en cause la profitabilité et les valeurs résiduelles d’un secteur autrefois perçu comme hautement rentable et en forte croissance. Dans ce contexte, nous y maintenons une approche prudente et sélective. Il vaut mieux privilégier les entreprises les plus solides, actives dans l’IA, et offrant une large gamme de services relativement intégrés car ainsi plus difficiles à répliquer.Nvidia, leader mondial des semi-conducteurs pour l’IA et plus grosse capitalisation boursière mondiale (5.400 milliards USD), confirme sa domination avec à nouveau de solides résultats pour le trimestre clos en avril 2026. Ses revenus bondissent de 85% sur un an et atteignent 81,62 milliards USD ; le chiffre d’affaires attendu au prochain trimestre a été révisé à la hausse ; et le bénéfice net ajusté par action atteint 1,87 USD ce trimestre contre 1,76 USD attendu et 0,76 USD l’année précédente.
Si les investisseurs ne sont plus surpris par la capacité de Nvidia à surpasser systématiquement les attentes trimestrielles, ils s'interrogent en revanche sur la pérennité d'une telle croissance pour un groupe désormais immense, alors que la concurrence s'intensifie sur ses marchés. Mais Nvidia se diversifie : après s’être imposée comme le leader des GPU (puces graphiques essentielles à l’entraînement des modèles d’IA), elle développe désormais son offre de CPU, devenus cruciaux pour les systèmes d’IA agentique et l’orchestration de tâches complexes. Nvidia développe aussi ses solutions réseaux. Par ailleurs, le marché chinois pourrait lui être rouvert, alors que la concurrence locale (Huawei, SMIC, CXMT) y est désormais féroce.
Sur le plan boursier, la publication de ces résultats a entraîné quelques prises de bénéfices limitées, sans remettre en cause la tendance haussière de Nvidia, qui affiche une progression de près de 20 % depuis le début de l’année.
Chiffres clés du 20/5/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 5502,04 | 1,37% | 8,34% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 620,29 | 1,46% | 4,75% |
| USA: S&P 500 | 7432,97 | 1,08% | 8,58% |
| Japon: Nikkei | 59804,41 | -1,23% | 18,80% |
| Chine: Shangai Composite | 4162,18 | -0,18% | 4,87% |
| Hongkong: Hang Seng | 25651,12 | -0,57% | 0,08% |
| Euro/dollar | 1,16 | 0,20% | -1,06% |
| Brent pétrole | 104,94 | -5,88% | 71,05% |
| Or | 4474,30 | -1,47% | 3,86% |
| Taux belge à 10 ans | 3,67 | ||
| Taux allemand à 10 ans | 3,12 | ||
| Taux américain à 10 ans | 4,57 | ||
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