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Un vent d’automne sur les marchés
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12 OCT

Un vent d’automne sur les marchés

12-10-2026
Veerle Daeninck – Investment Communication Manager
Veerle Daeninck
Veerle Daeninck Investment Communication Manager
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Rédigé le 12-10-2026 07:59
Publié le 12-10-2026 07:59
L’automne s’installe, également sur les marchés. Que faire pour maintenir le cap alors que les taux d’intérêt en hausse, la nervosité des prix du pétrole et les déboires budgétaires de la France déchaînent les bourrasques saisonnières?
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Sommaire

  • Les tempêtes automnales déferlent sur les marchés.
  • Les taux d’intérêt affichent leurs niveaux les plus élevés des dernières décennies.
  • La France se présente comme le maillon faible.
  • Les tensions géopolitiques et les risques hivernaux pèsent sur les marchés de l’énergie.
  • L’essor de l’IA n’a rien perdu de son caractère structurel, mais la hausse des taux et la perspective des élections de mi-mandat alimentent l’incertitude.

Quand la brise estivale cède la place au vent d’automne…

Les journées raccourcissent, le vent se rafraîchit et les premières tempêtes automnales déferlent sur le pays. Les marchés financiers sont logés à la même enseigne. La semaine avait pourtant commencé sous le soleil, avec des records pour le S&P 500 et le Nasdaq. C’est ensuite que la houle s’est mise à gagner en vigueur : les taux obligataires en hausse, la volatilité des prix du pétrole et les doutes au sujet des bénéfices de l’IA ont provoqué des remous. Wall Street a tout de même fini la semaine en hausse, le S&P 500 ayant réussi à s’offrir des gains de près de 1%. Le CAC 40, l’indice boursier français a, pour sa part, plongé de plus de 1% et signe ainsi sa deuxième perte hebdomadaire consécutive.

Les températures baissent, les taux d’intérêt montent

Mercredi, le taux américain à dix ans a brièvement atteint 5,37%, son niveau le plus élevé depuis 2002, pour finalement clôturer la semaine aux alentours de 5,24%. Le procès-verbal de la dernière réunion de la Federal Reserve, qui s’était soldée en septembre par le premier relèvement des taux en trois ans, indique que la plupart des gouverneurs tablent encore sur un relèvement d’ici la fin de l’année. Après la création d’emploi d’à peine 29.000 unités rapportée pour le mois de septembre par le rapport américain sur l’emploi, les marchés s’attendent à ce que la Fed marque une pause à la fin octobre. La confiance des consommateurs américains est elle aussi retombée à 46,3 points en octobre, son niveau le plus bas depuis le mois de mai, sous l’effet de l’augmentation du coût de la vie. Dans la zone euro, l’inflation a, dans l’intervalle, atteint 3,8% et une grande majorité des économistes s’attendent à ce que la BCE relève les taux en décembre.

Paris aux prises avec un temps capricieux

Plus près de chez nous, la France est toujours au cœur de la tourmente. Le différentiel d’intérêt entre les emprunts d’Etat français et allemands à dix ans a atteint environ 147 points de base début octobre, le niveau le plus élevé enregistré depuis 2012, mais s’est depuis lors maintenu en deçà de ce record. Le taux français à dix ans a fini la semaine aux alentours de 4,9%, pour ainsi dire au même niveau que la semaine précédente. Le ministre des finances Roland Lescure a de son côté indiqué que la France, pour répondre à la demande des investisseurs, envisage d’émettre davantage de dette à court terme.

Ces évolutions sont surtout l’expression de l’incertitude budgétaire et politique qui règne en ce moment en France. A travers 54 milliards d’euros d’économies et des recettes supplémentaires, le premier ministre Sébastien Lecornu se fait fort de ramener le déficit de 5,4% à 5% du PIB en 2027. Mais comme son gouvernement n’a pas de majorité, il a besoin du soutien du parlement pour faire passer ses propositions. Par ailleurs, les protestations contre la pénurie d’enseignants pèsent également sur les dépenses. Nul doute qu’à l’approche des élections présidentielles du printemps 2027, le débat budgétaire restera au cœur de l’attention dans les semaines à venir.

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a lancé pour sa part un signal rassurant aux ministres des finances de la zone euro : la banque centrale dispose d’instruments pour endiguer les mouvements excessifs du marché obligataire. L’Espagne a, elle aussi, eu droit à une place dans l’actualité avec la nouvelle des élections anticipées convoquées par le premier ministre Pedro Sánchez.

Pétrole, gaz et or : les prémices de l’hiver

Pendant ce temps, le prix du pétrole est resté le jouet des éléments. Le baril de Brent s’est maintenu à plus de 100 dollars et a fini la semaine aux alentours de 105 dollars, tandis que les frappes menées contre les pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz ont continué à entretenir les tensions. Jeudi, Donald Trump avait quelque peu calmé le jeu en annonçant que les Etats-Unis n’attaqueraient pas l’Iran avant les élections de mi-mandat, mais vendredi, l’ouragan Isaias a remis le couvert en paralysant plus de 60% de la production de pétrole dans le Golfe du Mexique. Un autre risque se profile d’ailleurs à l’horizon avec l’arrivée de l’automne : les réserves gazières européennes se situent à un niveau historiquement bas. Le G7 a entretemps décidé de mobiliser sur quatre mois jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de gazole en puisant dans les réserves stratégiques. L’or, après avoir subi en septembre la pression de la hausse des taux d’intérêt réels, a rebondi vendredi de 1,5% pour s’établir à plus de 4220 dollars l’once.

Le complexe technologique n’échappe pas à la chute des feuilles, mais ses racines sont solides

 Jeudi, la dépêche selon laquelle le chiffre d’affaires annuel d’OpenAI oscillait en septembre aux alentours de 50 milliards de dollars, alors que les prévisions tablaient sur 70 milliards, a provoqué une vente massive des actions liées aux puces électroniques. Vendredi, un rétablissement s’est amorcé après la publication de prévisions de chiffre d’affaires plus optimistes. Nos stratèges voient dans l’utilisation croissante de l’IA par les entreprises un moteur de croissance structurel et constatent que les bénéfices du secteur technologique augmentent jusqu’ici plus rapidement que les taux d’intérêt, ce qui n’empêche cependant pas les hausses des taux et les attentes exigeantes d’engendrer de la volatilité. Les élections américaines de mi-mandat pourraient également faire monter la nervosité, même si depuis 1950, le S&P 500 a systématiquement affiché un niveau supérieur douze mois après une élection de mi-mandat. Le passé n’offre certes aucune garantie pour l’avenir, mais il est là pour nous rappeler que par temps houleux, la diversification et la patience sont souvent les meilleurs instruments de navigation.

Au programme de la semaine prochaine…

Cette semaine, l’attention se focalisera surtout sur les statistiques de l’inflation américaine qui seront publiées mercredi. Plusieurs grandes banques comme JPMorgan Chase, Goldman Sachs et Citigroup donneront en outre le coup d’envoi de la nouvelle saison des résultats et le président de la Fed, Kevin Warsh, s’exprimera à l’occasion des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. En France, où une nouvelle grève de l’enseignement est prévue mardi, et en Espagne, la politique continuera à déteindre sur les marchés.

Chiffres clés du 5/10/2026 au 9/10/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5454,74 -0,92% 7,41%
Europe: Stoxx Europe 600 631,55 0,03% 6,65%
USA: S&P 500 7811,54 1,15% 14,11%
Japon: Nikkei 69030,92 1,06% 37,13%
Chine: Shangai Composite 3813,79 -1,92% -3,91%
Hongkong: Hang Seng 24211,35 1,00% -5,54%
Euro/dollar 1,12 -0,74% -4,67%
Brent pétrole 125,44 -7,43% 104,47%
Or 4186,90 0,01% -2,81%
Taux belge à 10 ans 4,31
Taux allemand à 10 ans 3,49
Taux américain à 10 ans 5,24

Source: Factset

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