Mi-juin, les États-Unis et l’Iran ont scellé un accord de cessez-le-feu, mettant fin à des mois de tensions extrêmes. Si les dossiers structurants (nucléaire iranien, réouverture totale du détroit d’Ormuz, stabilité du Liban, ...) restent en suspens et des incidents persistent localement, leur intensité a fortement diminué depuis les pics de mars-avril.
Cette issue, anticipée par nos analyses, s’imposait face à l’insoutenabilité de la crise énergétique pour de nombreux pays, à commencer par les États-Unis. Dès début juin, nous avions recommandé une réduction tactique de l’exposition aux énergies fossiles, en prévision de ce retournement.
La concrétisation de cet accord apporte un soulagement pour de nombreux pays importateurs de pétrole et pour les consommateurs dont le pouvoir d’achat remonte au rythme de la baisse des prix de l’énergie. Et celle-ci fut particulièrement brutale en juin : sur le mois, le prix du baril de pétrole a chuté de plus de 90 dollars à environ 72 dollars aujourd’hui.Le pays semblait tout puissant au début du conflit. Une certaine auto-suffisance en matière de pétrole, des réserves abondantes et une armée considérée comme la plus forte du monde étaient censés leur assurer une victoire facile et rapide. Or, la résistance de l’Iran en a surpris plus d’un. Par ailleurs, la fermeture du détroit d’Ormuz, une économie américaine particulièrement résiliente – avec un taux de chômage très bas - et de fortes hausses des prix de nombreuses composantes nécessaires à faire tourner l’IA ont ravivé les pressions inflationnistes. Ces dernières ont gommé les baisses de taux directeurs que certains espéraient encore en 2026.
Beaucoup d’économistes pensent même que la banque centrale américaine devra relever ses taux fin 2026- début 2027. Avec comme corollaire un raffermissement du dollar et une exacerbation de la baisse des prix des matières premières (libellées en dollars).En outre, alors que l’économie mondiale était sous pression à la suite des doutes engendrés par la crise au Moyen orient, les investisseurs s’étaient réfugiés et avaient même fortement concentré leurs achats sur les sociétés liées à l’IA, aux résultats éblouissants. Or, des questions apparaissent quant à la rentabilité de certains modèles américains d’IA, fort chers à l’usage, notamment lorsqu’on les compare aux modèles chinois. Symbole de cette remise en question : Open AI (développeur de ‘ChatGPT’) a reporté son introduction en bourse, estimant sans doute que sa valorisation actuelle ne reflétait plus les 1000 milliards de dollars initialement visés par Sam Altman. Un signal fort, alors que même SpaceX, après une entrée en Bourse triomphale (passant de 135 à 225 dollars en quelques jours), a vu son cours refluer à 164 dollars (29/6).
Mais la révolution de l’IA a encore de beaux jours devant elle et les investissements dans de nombreuses sociétés fournissant des composantes nécessaires à l’infrastructure de l’IA restent prometteurs. En revanche, les hôtes de l’IA, les ‘hyperscalers’ (Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft, etc.) sont sous pression. Leurs investissements sont énormes alors que la rentabilité liée reste incertaine. Là où des sociétés de semi-conducteurs revoient continuellement leurs prix et profits à la hausse, la situation devient compliquée pour leurs clients. En réaction, Apple et Microsoft augmentent les prix de certains produits afin de maintenir leurs marges bénéficiaires. Mais ces fortes hausses pourraient nuire aux ventes.La baisse des prix de l’énergie et des matières premières, couplée à l’appréciation du dollar, crée un environnement favorable aux économies asiatiques et européennes, traditionnellement importatrices nettes d’énergies fossiles et exportatrices de biens et services. Ce contexte offre une fenêtre d’opportunité pour rééquilibrer les portefeuilles vers ces régions, tout en optimisant la diversification entre actions, obligations et placements alternatifs.
Le rebond du pouvoir d’achat – lié à la baisse des coûts énergétiques – stimule la consommation, notamment dans les secteurs des voyages, loisirs et luxe haut de gamme. Une économie en meilleure santé est bénéfique aussi pour le secteur financier et les banques européennes en particulier. Cela fait pas mal de temps que nous mettons ce secteur en avant car il a retrouvé une saine croissance, une belle rentabilité et pourtant il est toujours fort bon marché (ratio cours/ bénéfice prospectif de l’ordre de 10). L’impact positif des plans de relance en Europe (infrastructure et défense) nous semble sous-estimé, de même que l’apport de l’IA sur sa productivité. Aujourd’hui, nous estimons le potentiel de hausse des banques européennes à 17%.
De manière générale, les sociétés gagnantes de demain seront souvent celles qui auront réussi à intégrer de manière optimale l’IA dans leurs processus. Outre le secteur financier, nous pensons que le secteur pharmaceutique – les biotechnologies en particulier - et les industrielles sont également en bonne position pour bénéficier de l’IA.
Chiffres clés du 30/6/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 5751,36 | 0,56% | 13,25% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 641,73 | 0,88% | 8,37% |
| USA: S&P 500 | 7499,36 | 0,79% | 9,55% |
| Japon: Nikkei | 70062,32 | 0,86% | 39,18% |
| Chine: Shangai Composite | 4094,40 | 0,50% | 3,16% |
| Hongkong: Hang Seng | 22881,02 | -0,63% | -10,73% |
| Euro/dollar | 1,14 | 0,09% | -2,65% |
| Brent pétrole | 72,95 | -0,30% | 18,91% |
| Or | 4016,70 | -0,65% | -6,76% |
| Taux belge à 10 ans | 3,43 | ||
| Taux allemand à 10 ans | 2,86 | ||
| Taux américain à 10 ans | 4,44 | ||
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