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Les taureaux de l’or espèrent une rupture de tendance
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29 JUIN

Les taureaux de l’or espèrent une rupture de tendance

29-6-2026
Mattias Demets – Investment Strategy Advisor
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Rédigé le 29-6-2026 08:28
Publié le 29-6-2026 08:28
La vigueur du dollar et les prévisions à l’égard des taux d’intérêt font chuter les matières premières et les métaux nobles. Le forum annuel de la BCE à Sintra et le rapport américain sur l’emploi vont-ils changer la donne ?
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Sommaire

  • La vigueur du dollar pèse sur les matières premières et en particulier sur les métaux nobles.
  • Les ventes d’or de la banque centrale de Turquie ont été un facteur crucial ces derniers mois, mais se pourrait-il que les banques centrales aient l’intention de changer leur fusil d’épaule ?
  • Le pétrole brut va-t-il continuer à baisser et obliger Christine Lagarde à ajuster sa communication ?
  • Kevin Warsh attend surtout le rapport sur l’emploi de jeudi, tout en gardant la Coupe du monde à l’esprit

Baisse des prix des matières premières et rotation parmi les actions

La semaine dernière a été marquée par deux constats. D’une part, les matières premières sont sur la défensive. Combinée à une vigueur extrême du dollar, la réouverture du détroit d’Ormuz a fait chuter le pétrole brut ainsi que les métaux de base et les métaux nobles. Et d’autre part, on observe une rotation des producteurs de semi-conducteurs et des "hyperscalers" en direction des développeurs de logiciels et de l’économie au sens large. 

L’or plonge un instant sous la barre des 4.000 dollars l’once

Parmi les matières premières, l’or a connu une semaine particulièrement difficile, plongeant même un instant sous la barre des 4.000 dollars l’once. La vigueur du dollar, qui a atteint des cours oscillant aux alentours de 1,1325 (EUR/USD), a joué à cet égard un rôle essentiel. Ce plongeon de l’or est venu s’ajouter à l’évolution déjà décevante qu’il a connue depuis le début du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran. Depuis le 28 février, le métal noble a perdu environ 25% de sa valeur. 

La Turquie court-circuite les taureaux de l’or

Ces observations prouvent une fois de plus que l’or n’offre à court terme aucune protection contre les chocs géopolitiques ou contre les guerres, mais permet seulement de se prémunir contre l’érosion monétaire à plus long terme. Sans compter que l’attitude des banques centrales joue un rôle crucial. Dans ce contexte, il ne faudrait pas sous-estimer le rôle de la Turquie, qui a vendu près de 80 tonnes d’or au cours des quatre premiers mois de l’année. Pays importateur de pétrole, la Turquie a ainsi voulu soutenir sa devise fragile, affectant au passage considérablement le prix de l’or. 

Les banques centrales restent preneuses

A plus long terme, l’enquête annuelle menée par le World Gold Council est cependant porteuse d’espoir. Selon le dernier sondage, 89% des banques centrales s’attendent à une augmentation des réserves mondiales d’or dans les douze mois à venir. Vu le recul substantiel accusé entretemps par le prix du pétrole, les marchés émergents importateurs de pétrole ressentiront en effet probablement moins le besoin de protéger leurs devises. A en juger par les résultats de l’enquête, les achats d’or par les banques centrales pourraient donc reprendre.

Le pétrole brut poursuit sa glissade

Un autre actif qui avait la bougeotte la semaine dernière est le pétrole brut, dont le prix a chuté de plus de 10% en l’espace d’une semaine, retombant à 73 dollars le baril (de Brent). Avec la réouverture du détroit d’Ormuz, les marchés tablent désormais sur une reprise rapide des flux commerciaux. Nous saurons cette semaine si les bourses ne sont pas allées un peu trop vite en besogne. Ce week-end, un navire transportant du pétrole en provenance du Qatar a en tout cas été touché par un projectile, un énième incident qui ne manquera pas de retenir l’attention des marchés.

Y aura-t-il pour les investisseurs des enseignements à tirer du forum annuel de la BCE à Sintra ?

Un autre événement que les bourses suivront également avec beaucoup d’intérêt est le forum annuel de la BCE à Sintra. Ce mercredi à 14 heures, une table ronde y réunira les grands noms de la politique monétaire, parmi lesquels Christine Lagarde et Kevin Warsh. Reste à voir si Christine Lagarde ajustera quelque peu sa communication dans le sillage de la baisse des prix du pétrole. Lors de sa dernière réunion des taux, la BCE tablait dans son scénario le plus optimiste sur un prix de 88 dollars le baril au troisième trimestre. Une prévision qui semble déjà largement dépassée et qui pourrait donc nécessiter une révision… 

Kevin Warsh se focalise surtout sur le rapport américain sur l’emploi

Tous ces palabres à Sintra ne sont peut-être qu’une ennuyeuse obligation pour Kevin Warsh, notoirement opposé à un recours excessif à la "forward guidance", mais le président de la Fed aura heureusement jeudi des données réelles à se mettre sous la dent, à savoir les statistiques du marché de l’emploi pour le mois de juin. Avec ses 120.000 nouveaux emplois créés dans le secteur privé, le rapport du mois de mai avait d’ores et déjà été de bon augure. A n’en pas douter, les marchés seront impatients de découvrir si le marché de l’emploi américain parvient à tenir ce cap. Et en tout état de cause, la Coupe du monde aura assurément un impact dont Warsh et les investisseurs devront tenir compte.  

Les marchés des actions se fient aux taux d’intérêt, mais pas uniquement…

Comme souvent, les marchés des actions se laisseront guider par la combinaison de l’évolution des prix de l’énergie, des prévisions à l’égard de l’inflation et des taux d’intérêt. Ces dernières, en particulier, ont en effet un impact également sur les charges d’intérêts et la durée d’amortissement des investissements des "hyperscalers". Or, la rentabilité de ces investissements est précisément l’une des principales sources de doutes pour les bourses. Car au-delà des taux d’intérêt, d’autres facteurs influencent les marchés des actions et la rotation, comme la confiance en certains modèles de revenus. Et comme chacun le sait, la confiance, ça ne se commande pas…

Chiffres clés du 22/6/2026 au 26/6/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5739,78 1,63% 13,02%
Europe: Stoxx Europe 600 635,88 0,04% 7,38%
USA: S&P 500 7354,02 -1,95% 7,43%
Japon: Nikkei 69360,88 -2,65% 37,79%
Chine: Shangai Composite 4027,27 -1,55% 1,47%
Hongkong: Hang Seng 22671,86 -5,24% -11,54%
Euro/dollar 1,14 -0,65% -2,98%
Brent pétrole 71,99 -9,28% 17,34%
Or 4047,95 -5,09% -6,04%
Taux belge à 10 ans 3,42
Taux allemand à 10 ans 2,85
Taux américain à 10 ans 4,37
Source: Factset

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