Sommaire
- Une décision sans surprises de la BCE.
- Pourquoi la Fed ne lui emboîtera pas encore le pas.
- Pas le début d’une série.
Les taux à long terme et l’inflation en hausse dans le monde entier
Partout dans le monde, les taux d’intérêt à long terme augmentent. Avec son taux souverain de 4%, la Belgique n’a rien d’un cas unique. Aux Etats-Unis également, les taux ont atteint un nouveau record hier. Il y a plusieurs raisons à cela, l’une étant la hausse des prix du pétrole (105 USD) provoquée par le conflit en Iran et les craintes inflationnistes qui en découlent. Ce n’est certainement pas le seul facteur en jeu, mais le fait est que les taux augmentent et que personne n’aime cela. Surtout pas les ministres des finances des Etats endettés, qui redoutent un effet boule de neige si les taux d’intérêt se maintiennent à un niveau supérieur à celui de la croissance économique.
0,25% de plus, pour la deuxième fois cette année
Dans l’intervalle, ce n’est plus un secret pour personne : dans un monde économique idéal, la croissance et l’inflation affichent un niveau de 2%. Si elles s’en éloignent trop, dans l’une des quatre directions possibles, l’horlogerie de précision que requiert une économie bien huilée risque de se dérégler. En Europe, nous sommes actuellement confrontés à une inflation (un peu) trop élevée et à une croissance (beaucoup) trop faible. Si ce phénomène s’aggrave, la situation pourrait virer à la stagflation.
La réponse traditionnelle à une inflation excessive consiste à relever les taux à court terme, et c’est précisément ce que la BCE a fait hier, pour la deuxième fois cette année.
Kevin Warsh fera-t-il de même la semaine prochaine ?
Les chiffres de l’inflation américaine seront publiés plus tard dans la journée, mais on s’attend à une issue fort semblable à la situation observée en Europe : pas de véritable dérapage, mais une inflation qui reste tout de même supérieure à l’objectif depuis plusieurs trimestres consécutifs. Un relèvement des taux semblerait donc logique et le marché est largement (60%) de cet avis. Toutefois, nos stratèges ne s’attendent pas à ce que la Fed emboîte le pas à la BCE la semaine prochaine. Il y a deux raisons à cela.
Pour commencer, l’inflation n’est pas le seul élément à prendre en compte. Il y a aussi le taux de croissance. Et contrairement à l’Europe, l’Amérique n’a pas à se plaindre à cet égard. Notamment grâce aux investissements colossaux dans l’IA, l’économie américaine affiche pour cette année et l’année prochaine une croissance d’environ 2,5% et donc entièrement conforme à nos prévisions. Sans compter que 2,5%, c’est aussi exactement le niveau de l’inflation de base rapportée pour le mois dernier, ce qui a le mérite de rendre l’inflation plus supportable et la réaction moins urgente.
Ensuite, les Etats-Unis se rapprochent d’une autre échéance cruciale : les élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre. Lors des élections précédentes, il y a deux ans, Donald Trump avait fait de la lutte contre l’inflation l’une des pierres angulaires de sa campagne. Relever les taux maintenant serait pour lui un affront, et nous ne pensons pas que Kevin Warsh voudra aller jusque-là…
Le début d’une longue série ?
Au début de la décennie, la BCE a procédé à 10 relèvements des taux consécutifs, également pour endiguer une envolée de l’inflation due à un conflit militaire. Pourtant, nous ne pensons pas que les choses prendront la même tournure cette fois-ci. A l’époque, l’inflation était de 9%, un niveau que personne ne s’attend à lui voir atteindre en ce moment. De plus, la BCE a cette fois réagi beaucoup plus rapidement.
Par ailleurs, nous sommes en droit d’espérer que le relèvement des taux auquel la BCE vient de procéder atteindra effectivement son objectif : garder l’inflation sous contrôle. Si c’est le cas, le problème initial, c’est-à-dire le niveau élevé des taux souverains, restera probablement sous contrôle également. La BCE a donc à présent fait sa part du boulot, mais l’inflation est aussi due en partie aux tensions au Moyen-Orient. Reste à espérer que là aussi, les décideurs politiques se décident à effectuer leur travail…
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Chiffres clés du 11/9/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5688,83 |
-0,86% |
12,02% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
635,97 |
-0,69% |
7,39% |
| USA: S&P 500 |
7591,70 |
-0,58% |
10,90% |
| Japon: Nikkei |
65270,95 |
0,20% |
29,66% |
| Chine: Shangai Composite |
3934,40 |
-0,43% |
-0,87% |
| Hongkong: Hang Seng |
24954,47 |
-1,27% |
-2,64% |
| Euro/dollar |
1,16 |
-0,16% |
-0,99% |
| Brent pétrole |
107,57 |
-1,77% |
75,34% |
| Or |
4390,35 |
-0,14% |
1,91% |
| Taux belge à 10 ans |
4,08 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3,50 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,95 |
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