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La Chine redessine l’industrie mondiale
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24 SEPT

La Chine redessine l’industrie mondiale

24-9-2026
Bernard Pollet – Team manager Securities Handling Referentials
Bernard Pollet
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Rédigé le 24-9-2026 08:22
Publié le 24-9-2026 08:22
« La Chine est le plus grand atelier du monde ». Cette affirmation semble aujourd’hui incomplète au regard de l’évolution de sa puissance industrielle, notamment sur les marchés européens.
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Sommaire

  • Une économie 2.0,
  • L’Europe perd-elle ses parts de marchés ?
  • Le cas allemand en exemple,
  • Un différentiel de taux, quels impacts ?

Un marché intérieur et extérieur bien différents

La situation économique chinoise est assez paradoxale. D’un côté, les indicateurs de croissance restent modérés avec une consommation atone, le secteur immobilier est encore fragile et la demande de crédit n’affiche pas de reprise marquée. D’un autre côté, on observe une présence accrue des marques chinoises dans les économies occidentales, suggérant une transformation de leur modèle industriel. Automobile électrique, batteries, panneaux solaires, robotique, machines-outils : les secteurs concernés illustrent cette montée en gamme. Il ne s’agit plus de fabriquer des produits basiques à moindre coût, les entreprises chinoises proposent désormais des produits technologiquement très avancés, et à des prix compétitifs qu’il est difficile de concurrencer. Cette « économie 2.0 » est facilement quantifiable : l’excédent commercial affiche des niveaux records (1200 milliards en 2025 selon Reuters), alors même que les interactions avec les Etats-Unis ont fortement évolué. Ce chiffre indique une diversification des partenariats, notamment vers l’Asie du Sud-Est, l’Amérique latine, l’Afrique et l’Europe.

Un commerce mondial en pleine évolution

Le cas européen est intéressant car cette évolution y est particulièrement visible. A titre d’exemple, les importations européennes en provenance de Chine ont augmenté, d’après Eurostat, de 89% entre 2015 et 2025 (presque 560 milliards d’euros). Plus d’un cinquième de nos importations (22,3%) vient désormais de Chine, avec une part croissante de produits à haute valeur ajoutée. Cette progression est principalement portée par les secteurs des véhicules électriques, des batteries ou encore de la chimie. Notre modèle économique est remis en question, d’une part par la perte de leadership dans certains secteurs clés ainsi que la gestion d’une concurrence féroce au niveau de la compétitivité et des prix. Et d’autre part par la baisse de nos exportations mondiales au profit de la Chine (perte de quasi 10% en vingt ans pour l’UE, versus une augmentation de presque 20% pour la Chine).  Une analyse récente de Goldman Sachs met en avant que la menace principale pour la croissance européenne réside moins dans le déficit commercial bilatéral que dans la perte de parts de marché face à la Chine sur les marchés tiers. Autrement dit, la Chine ne gagne pas seulement des parts de marché en Europe : elle prend aussi des parts aux entreprises européennes ailleurs dans le monde, et c’est sans doute cela le plus inquiétant pour notre économie.

Le constat allemand

Si l’on se concentre quelques instants sur l’Allemagne, on prend encore mieux conscience du basculement qui est en train de s’opérer. Pendant des années, les Allemands ont exporté des voitures et des équipements industriels vers la Chine. Aujourd’hui, les Chinois achètent non seulement moins de produits industriels allemands, mais ils deviennent, de surcroit, concurrents sur les mêmes segments. Les importations allemandes en provenance de Chine augmentent, tandis que les exportations vers la Chine diminuent. Le secteur automobile, en particulier, illustre ces tensions. Après deux décennies où la Chine a constitué un marché porteur pour les constructeurs allemands haut de gamme, elle représente aujourd’hui un défi concurrentiel majeur.

Des taux qui soutiennent la dynamique en place

Au niveau mondial, il est intéressant de signaler que le différentiel de taux entre les Etats-Unis et la Chine s’est encore accentué. La FED vient de relever ses taux de 25 points de base, alors que la Chine maintient les siens à un niveau bas pour soutenir son économie. Si ce différentiel de taux peut encore renforcer la compétitivité-prix des exportateurs chinois, il illustre également le fait que la situation économique chinoise sur son marché intérieur reste délicate. De quoi revenir à notre paradoxe initial : un marché intérieur en recul, et un pays qui cherche davantage de débouchés à l’extérieur. 

Il convient donc, en tant qu’investisseur, de rester nuancé. Certes, les capacités technologiques et industrielles chinoises permettent désormais une concurrence accrue sur des segments à haute valeur ajoutée, avec une redistribution des parts de marché au niveau mondial. Toutefois, il convient de rester prudent par-rapport à la situation intérieur du pays. La consommation chinoise et le secteur immobilier doivent montrer des signes de reprise, ce qui n’est pas encore évident. Une économie en pleine mutation, passionnante à l’analyse, mais qui présente encore quelques failles.
 

Chiffres clés du 23/9/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5758,56 -0,09% 13,39%
Europe: Stoxx Europe 600 642,78 0,13% 8,54%
USA: S&P 500 7764,64 0,00% 13,43%
Japon: Nikkei 65018,95 1,38% 29,16%
Chine: Shangai Composite 3952,13 0,06% -0,42%
Hongkong: Hang Seng 25087,75 0,18% -2,12%
Euro/dollar 1,14 -0,27% -2,57%
Brent pétrole 99,35 -0,99% 61,94%
Or 4313,15 -0,69% 0,12%
Taux belge à 10 ans 4,09
Taux allemand à 10 ans 3,45
Taux américain à 10 ans 4,95

Source : Factset

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