Sommaire
- Les marchés obligataires restent relativement paisibles face à la crise politique britannique.
- La visite de Donald Trump à Xi Jinping sous les feux des projecteurs.
- La réaction des bourses reste un point d’interrogation mais sera probablement modérée.
- Les statistiques d’avril de l’inflation américaine donneront le ton.
Starmer sous pression : entre discours de la dernière chance et résilience inattendue de la livre sterling
Le premier ministre britannique Keir Starmer a prononcé hier son discours de la dernière chance. Depuis le 10 Downing Street, il s’est efforcé de renverser la tendance avec quelques promesses, qui ont pourtant été jugées insuffisantes par Catherine West, une députée travailliste jusqu’ici plutôt discrète. Cette dernière a donc poussé le premier ministre dans ses derniers retranchements après l’issue décevante des élections locales.
La livre Sterling ne s’est pourtant pas laissée démonter hier et a tenu bon, parvenant même à légèrement s’apprécier par rapport à l’euro. Le taux britannique à dix ans a en revanche grimpé ce lundi de tout juste moins de 10 points de base, se hissant ainsi à un peu plus de 5%. Un signe de nervosité, sans plus. Pas de quoi prétendre que les emprunts d’Etat britanniques se négocient à prix bradés…
De fait, rien ne dit qu’un éventuel changement de pouvoir sera forcément synonyme d’incertitude budgétaire. Il se peut aussi qu’un successeur éventuel de Keir Starmer poursuive tout simplement la politique de discipline budgétaire de ce dernier. Seul un candidat partisan d’un assouplissement fiscal pourrait faire grimper les taux d’intérêt et faire pression sur la devise britannique. Rien ne laisse donc présager pour l’instant une crise de l’envergure de celle que le Royaume-Uni a connue durant le bref mandat de Liz Truss, mais la vigilance reste de mise.
Trump en Chine : mariage de raison et enjeux stratégiques
Sur ces entrefaites, le monde s’apprête à assister à la première visite en Chine d’un président américain depuis près d’une décennie. La précédente, en 2017, était d’ailleurs également le fait de Donald Trump. Ces derniers mois, l’ingérence des Etats-Unis au Venezuela et en Iran semble avoir refroidi les relations avec la Chine, même s’il convient de nuancer cette analyse.
Les Etats-Unis et la Chine sont en ce moment unis par une sorte de mariage de raison, de sorte que les deux leaders aborderont probablement cette rencontre en quête de succès. Les Américains espèrent, sans aucun, doute que la Chine prenne des engagements plus fermes sur le soja, mais l’accès aux terres rares chinoises est probablement au sommet de l’agenda américain également. Pour la Chine, c’est l’accès aux puces américaines les plus avancées qui importe le plus. Taïwan, qui observe les événements depuis la ligne de touche, ne peut qu’espérer que sa protection américaine ne soit pas utilisée comme monnaie d’échange…
Difficile de dire comment les marchés réagiront. Selon toute probabilité, les conférences de presse se tiendront dans un environnement très contrôlé. Un choc frontal comme celui qui avait eu lieu entre Donald Trump et le président ukrainien Zelensky semble exclu. Sans doute la rencontre se soldera-t-elle par un accord fondé sur quelques promesses réciproques, sans réaction spectaculaire en bourse. Quoi qu’il en soit, nous nous engageons à suivre pour vous cette visite d’Etat cruciale qui se déroulera du 13 au 15 mai.
L’inflation US va-t-elle relancer les craintes ?
Mais avant que tous les regards ne se tournent vers la Chine, nous assisterons demain à la publication des statistiques de l’inflation américaine. Il y a un mois, l’inflation américaine (incarnée par le CPI, l’indice des prix à la consommation) s’était accélérée de 2,4% en glissement annuel en février à 3,3% en glissement annuel en mars. L’inflation sous-jacente était quant à elle passée de 2,5% en glissement annuel en février à 2,6% en glissement annuel en mars. On s’attend pour avril à une nouvelle accélération de l’inflation générale, sous l’impulsion de l’envolée des prix du diesel. Comme toujours, toute la question sera de savoir si les taux d’inflation se révèlent encore plus élevés que prévu. Une augmentation supérieure aux attentes de l’inflation sous-jacente, tout particulièrement, pourrait raviver la crainte d’un relèvement des taux plus tard dans l’année.
Nul doute que Donald Trump, en prévision de sa visite à Pékin, suivra la publication des statistiques de l’inflation avec beaucoup d’attention. Le moral des consommateurs américains a en effet atteint un plus bas historique face au coût de la vie, et l’électeur, comme Keir Starmer l’a récemment appris à ses dépens, a toujours le dernier mot…
Chiffres clés du 11/5/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5497,94 |
0,63% |
8,26% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
612,79 |
0,11% |
3,48% |
| USA: S&P 500 |
7412,84 |
0,19% |
8,29% |
| Japon: Nikkei |
62417,88 |
-0,47% |
23,99% |
| Chine: Shangai Composite |
4225,02 |
1,08% |
6,45% |
| Hongkong: Hang Seng |
26406,84 |
0,05% |
3,03% |
| Euro/dollar |
1,18 |
0,04% |
0,30% |
| Brent pétrole |
104,20 |
2,89% |
69,85% |
| Or |
4651,65 |
-1,24% |
7,98% |
| Taux belge à 10 ans |
3,59 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3,04 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,41 |
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