Sommaire
- Après la course, le freinage de sécurité : le secteur de l’IA met en garde contre son propre élan.
- Nvidia perd du terrain, mais le malaise ne touche que certaines valeurs technologiques.
- Le prix du pétrole dépasse un instant les 109 USD après l’annulation des négociations à Oman.
- Le marché est de plus en plus convaincu que la Fed va relever les taux.
- L’allié traditionnel de Washington envisage un nouveau partenariat économique.
IA : après la course, le freinage de sécurité
Pendant tout un temps, le message du secteur de l’IA semblait on ne peut plus clair: il fallait aller plus vite, voir plus grand, gagner en puissance de calcul. Mais les apparences peuvent tromper. Ces derniers jours, un tout autre son de cloche retentit. A présent, les grands patrons d’OpenAI et Anthropic appellent leur industrie à ralentir temporairement le rythme de développement des modèles les plus avancés. Même Microsoft, sous le mot d’ordre ‘People Matter More Than AI’, publie à présent un code de conduite qui rappelle la nécessité pour les entreprises de maintenir les futures IA puissantes sous contrôle humain.
La bourse a accusé le coup. Jusqu’il y a peu, la seule limitation à l’essor de l’IA semblait être le rythme de livraison des puces électroniques, de l’électricité et des centres de données. Et voilà que soudain, le peloton de tête de l’IA se demande s’il ne vaudrait pas mieux temporiser…
Le revirement a de quoi surprendre, d’autant que le président américain, lui, est persuadé que le seul contrôle ou garde-fou dont a besoin l’IA est un président fort et intelligent. Le marché semble cependant être d’un autre avis.
Une pause qui fera des gagnants et des perdants
La réaction de Wall Street ne s’est pas fait attendre. Nvidia, AMD, Micron et Intel, notamment, ont essuyé de sérieux revers et même les actions des fournisseurs européens d’infrastructure d’IA ont été la cible d’une vague de ventes.
Mais il n’y a pas eu que des perdants. Alphabet et Meta sont parvenues à profiter de l’idée qu’un ralentissement du peloton de tête offre toujours une bouffée d’oxygène aux poursuivants. Et comme souvent lorsque la technologie engendre de nouveaux risques, le secteur de la sécurité s’engouffre dans la brèche.
Le prix du pétrole ravive les craintes inflationnistes
Et comme si tout cela ne donnait pas encore assez matière à réfléchir aux investisseurs, voilà que le prix du pétrole recommence à faire des siennes. Après l’annulation in extremis des négociations prévues entre l’Iran et les Etats du Golfe au sujet du détroit d’Ormuz, le baril de Brent s’est à nouveau hissé à plus de 109 dollars. La fermeture de l’oléoduc Est-Ouest saoudien, endommagé par des frappes de drones, n’a fait qu’aggraver les choses. En fin de journée, cependant, le prix du pétrole s’était repris et ne s’élevait "plus qu’à" environ 101 dollars.
Les prix élevés de l’énergie restent une épine dans le pied des banques centrales. Elles qui avaient espéré durant l’été pouvoir reprendre progressivement le contrôle de l’inflation en sont à présent pour leurs frais après le récent rebond du prix du pétrole…
La Fed semble prête à relever les taux
Les derniers chiffres publiés ont d’ailleurs fait état d’une inflation américaine supérieure aux attentes, de sorte que le marché estime désormais à près de 90% la probabilité que la Fed relève les taux.
De plus, le taux américain à 10 ans a atteint hier le cap des 5%, un seuil à partir duquel les investisseurs commencent traditionnellement à se montrer plus réticents face à des valorisations élevées. Combiné à l’incertitude au sujet de l’avenir de l’IA, cet élément a surtout affecté les valeurs technologiques et les autres actions de croissance. L’or a lui aussi dû céder du terrain et a reculé d’environ 1,5%.
Le Canada envisage les possibilités outre-Atlantique
En marge des fluctuations journalières des marchés, nous assistons aussi en ce moment à un tournant géopolitique marquant. A en croire plusieurs dépêches, le Canada examinerait les possibilités de resserrer ses liens économiques avec l’Union européenne et viserait même un statut de "membre associé".
Ces discussions se sont amorcées dans le sillage de la détérioration des relations commerciales entre le Canada et les Etats-Unis. Une collaboration plus étroite avec le Canada pourrait procurer à l’Europe des avantages dans les domaines de l’énergie, de l’infrastructure et de la technologie. Il est encore trop tôt pour parler d’un changement de cap historique, mais le message est clair : ce qui vaut pour les relations de voisinage s’applique aux pays également. Quand on se brouille avec son voisin, on veut se trouver des alliés un peu plus loin dans la rue. Même si cette rue n’est pas une rue, mais un océan…
Petit rappel à l’intention des marchés : un risque ne disparaît jamais tout à fait…
L’IA qui lève le pied. Le prix du pétrole qui redonne un coup d’accélérateur. La Fed qui va probablement relever les taux. Et à présent, le Canada qui fait des avances à l’Europe, et pas des plus subtiles…
Aucun de ces thèmes n’est vraiment nouveau, mais ils sont là pour nous rappeler que les marchés se laissent rarement guider par une seule tendance ou un seul thème. Une ambivalence qui dérange parfois, mais qui fait justement que la diversification et les stratégies à long terme ne passent jamais de mode…
Chiffres clés du 15/9/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5729,67 |
0,29% |
12,82% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
635,99 |
-0,49% |
7,40% |
| USA: S&P 500 |
7619,98 |
-0,48% |
11,31% |
| Japon: Nikkei |
63492,99 |
-0,81% |
26,13% |
| Chine: Shangai Composite |
3885,33 |
-0,07% |
-2,10% |
| Hongkong: Hang Seng |
24917,60 |
0,45% |
-2,78% |
| Euro/dollar |
1,15 |
-0,66% |
-1,76% |
| Brent pétrole |
105,49 |
0,78% |
71,95% |
| Or |
4286,65 |
-1,28% |
-0,49% |
| Taux belge à 10 ans |
4,18 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3,55 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,98 |
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