Sommaire
- Une correction soudaine dans les segments de croissance du marché
- Le prix du pétrole se hisse à un nouveau record
- Les marchés obligataires obsédés par la France et l’ampleur des déficits publics
- L’horizon de l’IA s’obscurcit
- Au programme de cette semaine : les banques centrales et le point culminant de la saison des résultats
Une correction soudaine dans les segments de croissance du marché
Jusqu’il y a peu, l’ascension des bourses était relativement étroite et mue essentiellement par un seul segment, à savoir tout ce qui se rapportait de près ou de loin à l’IA. La semaine dernière, par contre, nous avons assisté à une rotation marquée par laquelle les investisseurs ont renoncé à leurs grandes attentes de croissance pour se tourner vers des entreprises plus traditionnelles – et peut-être plus ennuyeuses.
Sur l’ensemble de la semaine, le S&P 500 a reculé de 1% et le Stoxx Europe 600 de 1,4%. Si l’on prend comme référence leurs records d’il y a quelques semaines, la correction représente 2,5% pour l’indice américain et 4% pour son homologue européen. Une correction somme toute assez modérée qui n’a certes rien de dramatique, mais qui masque des disparités sectorielles manifestes. Le secteur technologique a chuté de 10% depuis son record, tandis que le segment plus spécifique de l’IA et des puces électroniques a même perdu environ 20%. Les entreprises industrielles présentant un lien avec le thème de l’IA ont subi leur part de la correction, et les valeurs bancaires semblent elles aussi avoir connu des jours meilleurs. Les bourses asiatiques ont également essuyé des revers non négligeables : -20% pour la Chine et même -40% pour la bourse sud-coréenne, au sein de laquelle la technologie représente une part considérable.
Dans un tel contexte, la correction limitée du S&P 500 et du Stoxx Europe 600 est finalement encore raisonnable. En effet, les investisseurs qui prennent leurs bénéfices sur les actions liées à l’IA ne désertent pas entièrement le marché mais se tournent vers les secteurs défensifs : les soins de santé, l’alimentation et les boissons, ainsi que l’énergie et les services aux collectivités. A cet égard, il est d’ailleurs à noter que le Dow Jones, qui est davantage axé sur les secteurs traditionnels, est parvenu à maintenir le cap la semaine dernière tandis que le BEL20 a même progressé de 4,5% grâce à la prestation méritoire de valeurs défensives comme UCB, Argenx et AB InBev.
Le prix du pétrole se hisse à un nouveau record
Le prix du baril de Brent a augmenté la semaine dernière de 7% jusqu’à atteindre 117 USD, dépassant ainsi son précédent record annuel de début mai. D’un côté, on pourrait s’étonner que ce rebond intervienne précisément maintenant, puisque les dépêches des dernières semaines indiquaient que la navigation dans le détroit d’Ormuz serait revenue à 80 ou 90% de son intensité normale. Mais d’un autre côté, ces pétroliers mettent parfois plusieurs semaines à atteindre leur destination alors que les réserves de pétrole et de carburants affichent dès à présent un niveau très bas. Dans l’intervalle, il semblerait aussi que certains navires se heurtent dans le détroit à des mines marines et que des infrastructures énergétiques saoudiennes soient la cible de frappes de Houthis pro-iraniens… Autrement dit, la situation reste tendue. Le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran n’est toujours pas résolu, et on commence à s’inquiéter de la tournure que prendront les choses après les élections de mi-mandat. On savait déjà depuis longtemps que l’Iran ne ferait pas de cadeaux à Donald Trump à l’approche de ces élections et Donald Trump, de son côté, ne pouvait pas se permettre de provoquer une nouvelle escalade du conflit avant ce nouveau sondage de popularité, par crainte que son électorat ne lui fasse payer le niveau élevé des prix du pétrole. Les deux camps seront-ils plus enclins à négocier après le 3 novembre, et finiront-ils par trouver un accord ? Dans la négative, on peut s’attendre dans un premier temps à une recrudescence des hostilités. L’armée américaine et Israël seraient déjà en train de préparer de nouveaux plans d’attaque…
Les marchés obligataires obsédés par la France et l’ampleur des déficits publics
Les taux obligataires sont depuis tout un temps en proie à une hausse due à l’inflation croissante dans le sillage des prix élevés de l’énergie et des investissements colossaux dans l’IA, l’infrastructure et la défense. En outre, il faut aussi y voir l’effet du mécanisme de l’offre et de la demande à présent qu’en plus du besoin de financement croissant des pouvoirs publics, des entreprises privées se tournent également vers les émissions obligataires pour financer une partie de leurs énormes investissements. De plus, certains pays, comme la France ou la Belgique, rencontrent des difficultés à réduire leurs importants déficits budgétaires à cause des dissensions politiques. Et si ces débats s’accompagnent en prime d’une grande agitation sociale et de mouvements protestataires violents, la confiance des marchés obligataires en prend immanquablement un coup… Alors que les taux obligataires des pays considérés comme des valeurs refuges (l’Allemagne, les Etats-Unis) ont légèrement baissé la semaine dernière sous l’effet d’un accès généralisé d’aversion au risque, ceux de la France, de l’Italie et de la Belgique ont augmenté. Pour la première fois en 24 ans, le taux français à dix ans a dépassé le cap des 5%, creusant ainsi encore davantage son différentiel d’intérêt ou sa prime de risque par rapport à un pays réputé plus sûr comme l’Allemagne.
L’horizon de l’IA s’obscurcit
Des différentiels d’intérêt qui se creusent, c’est aussi ce que l’on observe sur le marché des obligations d’entreprises, en particulier pour les entreprises qui s’endettent fiévreusement pour financer leurs investissements colossaux dans l’IA. Devant cette frénésie, les investisseurs se mettent soudain à douter de la viabilité de cette course aux investissements. Bien que l’IA soit de toute façon appelée à jouer un rôle économique crucial à l’avenir, le marché commence à se demander si ces investissements ne vont pas trop vite ou ne sont pas trop onéreux par rapport à ce qu’ils rapporteront vu l’ampleur de la concurrence dans le segment de l’IA, surtout compte tenu du coût de financement croissant. Après avoir observé pendant longtemps une tendance haussière persistante au niveau des investissements dans l’IA, nous voyons à présent certaines entreprises, dont Tesla, se mettre à réduire pour la première fois leurs budgets de dépenses en faveur de l’IA.
Au programme de cette semaine : les banques centrales et le point culminant de la saison des résultats
Vu la sensibilité des marchés aux fluctuations des taux d’intérêt, les réunions de la Fed et de la BCE seront cette semaine au centre de l’attention. Bien que les récents rebonds des prix de l’énergie et de l’inflation plaident en faveur de nouveaux relèvements des taux, il est probable que les deux banques centrales marquent cette fois une pause : la BCE parce que les taux obligataires grimpent déjà suffisamment dans plusieurs pays centraux de la zone euro, et la Fed en raison de la nervosité au sujet du financement de l’IA et des élections de mi-mandat qui se tiendront la semaine suivante.
Sur le front macroéconomique, nous verrons de nombreux pays publier leurs taux de croissance économique pour le troisième trimestre. Quant à la saison des résultats, elle atteindra cette semaine son point culminant avec les mises à jour de quelques grosses pointures comme Microsoft, Alphabet et Amazon. Nul doute que les investisseurs se focaliseront encore davantage sur les éventuelles révisions des perspectives et des budgets d’investissement…
Chiffres clés du 19/10/2026 au 23/10/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5781,80 |
3,50% |
13,85% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
635,77 |
-1,39% |
7,36% |
| USA: S&P 500 |
7623,68 |
-0,47% |
11,37% |
| Japon: Nikkei |
62693,16 |
-4,03% |
24,54% |
| Chine: Shangai Composite |
3690,48 |
-0,69% |
-7,01% |
| Hongkong: Hang Seng |
23093,37 |
-4,03% |
-9,90% |
| Euro/dollar |
1,12 |
-0,44% |
-4,60% |
| Brent pétrole |
116,58 |
-2,30% |
90,02% |
| Or |
4026,70 |
-3,71% |
-6,53% |
| Taux belge à 10 ans |
4,45 |
|
|
| Taux allemand à 10 ans |
3,36 |
|
|
| Taux américain à 10 ans |
5,00 |
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