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Le Moyen-Orient, les taux d’intérêt et l’IA inquiètent le marché
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21 SEPT

Le Moyen-Orient, les taux d’intérêt et l’IA inquiètent le marché

21-9-2026
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
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Rédigé le 21-9-2026 08:09
Publié le 21-9-2026 08:09
Malgré la montée des tensions au Moyen-Orient, le rebond des taux d’intérêt et l’appel à ralentir le développement de l’IA, les marchés des actions sont parvenus à limiter les dégâts.
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Sommaire

  • La montée des tensions au Moyen-Orient propulse le prix du pétrole à un nouveau record
  • Les taux obligataires se hissent à leur niveau le plus élevé en 19 ans
  • Un appel surprenant à ralentir le développement de l’IA
  • Cap sur une semaine ponctuée d’événements politiques

Une légère correction boursière et une rotation vers les secteurs défensifs

La semaine avait débuté dans la volatilité à cause de la recrudescence de la violence au Moyen-Orient et de la remontée du prix du pétrole et des taux obligataires, combinées aux doutes quant à la viabilité de la vitesse de développement de l’IA. Les marchés des actions sont cependant parvenus à récupérer un peu en fin de semaine, après le relèvement des taux opéré par la Fed, de sorte que la perte hebdomadaire a pu être limitée à -0,2% pour le S&P 500 et -0,6% pour le Stoxx Europe 600. Nous relevons toutefois une correction un peu plus marquée dans les secteurs cycliques (notamment la construction automobile, les matériaux et l’industrie) et une rotation vers les secteurs défensifs comme l’industrie pharmaceutique, l’alimentation et les services aux collectivités. 

La montée des tensions au Moyen-Orient propulse le prix du pétrole à un nouveau record

En début de semaine, le baril de Brent s’était hissé à 110 USD, retrouvant son niveau le plus élevé en quatre mois et se rapprochant à nouveau de ses records du printemps en réaction à l’escalade de la violence militaire au Moyen-Orient. Aux frappes menées par l’Iran contre des navires qui tentaient d’emprunter le détroit d’Ormuz est venue s’ajouter une montée des tensions dans le détroit de Bab-el-Mandeb (accès à la mer Rouge) à présent que les rebelles Houthis se sont emparés d’une grande partie de la côte du Yémen. De leur côté, les milices chiites pro-iraniennes ont bombardé depuis l’Irak l’oléoduc Est-Ouest saoudien, paralysant ainsi pour quelques semaines cette principale voie de contournement permettant de transporter 5 millions de barils par jour, ou un quart de la production normale de la région du Golfe, en évitant le détroit d’Ormuz. 

Les taux obligataires se hissent à leur niveau le plus élevé en 19 ans

Le taux américain à 10 ans a atteint 5% dans le courant de la semaine. Les taux obligataires sont en hausse en Europe également, atteignant 3,5% en Allemagne, 4,5% en France et un peu plus de 4% en Belgique. Leur progression s’est accélérée depuis l’été sous l’effet du rebond des prix du pétrole provoqué par le blocage persistant du détroit d’Ormuz, combiné à la hausse des prix des matières premières dont l’offre ne suffit pas à faire face à la demande (par exemple le cuivre, qui a atteint un record). L’inflation augmente elle aussi sous l’effet des investissements colossaux dans l’IA, l’infrastructure et la défense, ce qui se traduit par une forte hausse des prix (notamment des puces électroniques). Au milieu de toute cette agitation, le marché de l’emploi américain fait preuve d’une meilleure résilience qu’on ne l’avait craint, ce qui offre à la Fed la marge nécessaire pour relever les taux. Les marchés s’inquiètent aussi de plus en plus des proportions que prennent les déficits publics ainsi que de l’endettement croissant.

La remontée des taux est susceptible de freiner les marchés d’actions : d’une part en augmentant le coût de financement des entreprises, ce qui pourrait finir par refroidir la croissance économique, mais aussi parce qu’un taux d’escompte supérieur fait baisser la valeur actuelle des cash flows futurs, sur laquelle les analystes se basent pour calculer la juste valeur des entreprises. Sans compter que si les taux obligataires retrouvent de leur attrait, nous pourrions assister à un arbitrage des actions vers les obligations. 
Paradoxalement, les taux obligataires ont retrouvé leur calme après le relèvement opéré par la Fed, sans doute parce que les marchés ont été soulagés de voir que la banque centrale accorde la priorité à la lutte contre l’inflation au lieu de céder aux pressions politiques. 

Un appel surprenant à ralentir le développement de l’IA

Un autre rebondissement marquant a été l’appel lancé par les CEO d’entreprises comme Anthropic et OpenAI, d’ailleurs rejoints par d’autres, comme SpaceX et Microsoft, en vue de ralentir le développement de l’IA et de réglementer suffisamment le secteur. Officiellement "pour des raisons de sécurité", mais assurément aussi pour éviter de se laisser rattraper par la concurrence chinoise…

Difficile de dire si cet appel mettra un frein aux investissements colossaux dans l’infrastructure d’IA. Sans doute pas tout de suite, car la construction des centres de données se poursuivra comme prévu…

Cap sur une semaine ponctuée d’événements politiques

Si l’on veut au moins mettre un terme à l’inflation induite par les prix du pétrole, il faudra d’urgence trouver une solution aux conflits militaires au Moyen-Orient et normaliser les accès aux détroits stratégiques d’Ormuz et Bab-el-Mandeb. L’attention se cristallisera donc cette semaine autour du sommet des Nations Unies qui se tient à New York, en marge duquel Donald Trump s’entretiendra avec les pays du Golfe Persique. Parviendra-t-on à un compromis acceptable par lequel l’Iran et le Sultanat d’Oman imposeraient des frais de transit aux navires mais leur garantiraient tout de même le passage ? 

Plus tard dans la semaine aura lieu la rencontre tant attendue entre les présidents Trump et Xi Jinping, également sur le sol américain. En plus de tenter d’aplanir leurs visions divergences au sujet du commerce et de la domination technologique, ils ne manqueront sans doute pas d’évoquer aussi le conflit en Iran et celui opposant la Russie et l’Ukraine, sur lesquels la Chine pourrait peut-être faire jouer son influence. Pour Donald Trump, il pourrait s’agir d’une dernière chance d’encore réaliser quelques percées sur la scène politique internationale avant les élections de mi-mandat de novembre…

Chiffres clés du 14/9/2026 au 18/9/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5713,16 0,00% 12,50%
Europe: Stoxx Europe 600 635,45 -0,57% 7,31%
USA: S&P 500 7650,50 -0,08% 11,76%
Japon: Nikkei 65018,95 1,57% 29,16%
Chine: Shangai Composite 3911,87 0,61% -1,44%
Hongkong: Hang Seng 24750,78 -0,22% -3,43%
Euro/dollar 1,15 -1,31% -2,41%
Brent pétrole 103,87 -12,02% 69,31%
Or 4387,00 1,03% 1,83%
Taux belge à 10 ans 4,17
Taux allemand à 10 ans 3,53
Taux américain à 10 ans 5,01
Source : Factset

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