Sommaire
- Le taux directeur de 1% est le résultat d’une évolution progressive.
- De nouveaux relèvements des taux ne sont pas à exclure.
- Le yen reste zen.
- Comment réagissent les marchés des actions?
Une augmentation constante
Après plusieurs décennies d’inflation faible, voire de déflation, le Japon assiste au retour de la pression à la hausse sur les prix. La hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, la dépréciation du yen et l’augmentation des salaires ont rapproché l’inflation de l’objectif de la Bank of Japan.Á titre d’illustration, le yen a reculé d’environ 11% par rapport au dollar américain. La Bank of Japan a joué son rôle dans cette partition en maintenant depuis 2016 un taux directeur de -0,1%. Jusqu’en 2024, où elle s’est mise à le relever graduellement jusqu’à ce dernier relèvement qui l’a porté à 1%.
Le taux directeur de 1% est un cap, mais pas nécessairement le terminus
Si une inflation de 2% n’est aujourd’hui encore qu’un rêve lointain pour l’Europe et les États-Unis, elle commence à devenir réalité au Japon. L’évolution future de cette inflation sera cruciale pour les décisions des taux à venir, mais l’attention se cristallise aussi autour des négociations salariales qui auront lieu en novembre. Un autre facteur qui influence l’inflation est la situation au Moyen-Orient. Comme le Japon importe environ 90% de son énergie, les taux d’inflation sont en effet sensibles à la moindre hausse des prix de l’énergie.
Une poursuite de l’augmentation de l’inflation en direction de 2% ou au-delà pourrait justifier d’éventuels nouveaux relèvements des taux, dont le rythme dépendra notamment du respect du cessez-le-feu au Moyen-Orient. Selon le consensus des analystes, la banque centrale japonaise devrait relever encore une fois son taux directeur de 25 points de base cette année.
Le yen relativise
La première réaction du marché des devises au relèvement des taux du 16 juin a été positive. Cet effet a cependant été de courte durée car le yen est ensuite retombé à son niveau d’avant le relèvement des taux et affiche même en ce moment un niveau inférieur. Le principal point d’attention reste le risque de "carry trades" en yens. Ces opérations consistent pour les investisseurs à emprunter des capitaux en yens à des conditions avantageuses pour ensuite les investir dans des actifs libellés dans une autre devise qui s’assortissent de rendements supérieurs (par exemple des emprunts d’État américains). Souvenez-vous de l’été 2024, lorsque la Bank of Japan avait porté son taux directeur de 0,10% à 0,25% et que le yen s’était contre toute attente apprécié considérablement dans la foulée. L’actuel repli du yen ne pose en soi aucun problème aux "carry traders". Au contraire, il entretient même l’attrait du yen en tant que devise de financement, faisant naître le risque que les "carry traders" renforcent encore leurs positions.
Le danger pour les marchés réside dans une vigoureuse remontée inopinée du yen par la suite. C’est ce qui s’est passé en 2024, où les investisseurs qui avaient financé leurs positions au moyen de yens empruntés se sont retrouvés confrontés à d’importantes pertes de change. Certains ont été obligés d’alléger leurs positions, ce qui a attisé la volatilité des marchés financiers. Des appels de marge ont ensuite engendré des ventes forcées de nantissements pour pouvoir maintenir le capital emprunté. Il a fallu attendre que la plupart des appels de marge aient été réalisés pour que les marchés retrouvent enfin leur calme.
Les marchés des actions reprennent leur souffle après un rallye effréné
Cette année, la bourse japonaise se montre particulièrement performante. Le TOPIX, un important indice boursier japonais, a grimpé d’environ 20% depuis le début de 2026. Les valeurs technologiques et le segment des semi-conducteurs étaient les principaux moteurs de cette ascension. Le relèvement des taux annoncé a interrompu cette progression des marchés des actions. Bien que les gains des entreprises du TOPIX soient d’environ 12% inférieurs au consensus du marché, il n’en ont pas moins augmenté de 14% sur une base annuelle.
Á court terme, la bourse japonaise reste intéressante dans le contexte de l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. L’effet de la remontée des taux est double, augmentant d’une part les coûts de financement pour les entreprises (du fait de la gravité exercée par les taux d’intérêt), mais se traduisant d’autre part par un yen plus stable qui permettra de soutenir les actions sensibles aux importations.
Chiffres clés du 7/7/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5724,43 |
-0,14% |
12,72% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
646,29 |
-0,65% |
9,14% |
| USA: S&P 500 |
7503,85 |
-0,45% |
9,62% |
| Japon: Nikkei |
68256,96 |
-2,12% |
35,59% |
| Chine: Shangai Composite |
3990,24 |
-1,26% |
0,54% |
| Hongkong: Hang Seng |
23496,89 |
-0,51% |
-8,32% |
| Euro/dollar |
1,14 |
0,14% |
-2,65% |
| Brent pétrole |
74,19 |
3,07% |
20,93% |
| Or |
4124,15 |
-0,32% |
-4,27% |
| Taux belge à 10 ans |
3,55 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
2,98 |
|
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| Taux américain à 10 ans |
4,54 |
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