Sommaire
- Les bourses européennes en plein mouvement de rattrapage
- Le complexe technologique en tête
- La détente du prix du pétrole
- Des statistiques économiques plutôt décevantes
- Conclusion
Les bourses européennes en plein mouvement de rattrapage
La semaine dernière, le S&P 500 a progressé de 1% et le Stoxx Europe 600 de 3%. Si les marchés américains et la bourse de Londres étaient fermés à l’occasion du Lundi de Pentecôte, l’Eurostoxx 50 a pour sa part à nouveau gagné 2% et se rapproche de son précédent record. Alors que les investisseurs redoutaient jusque-là encore la combinaison de l’inflation élevée, des taux obligataires en hausse et des tensions géopolitiques en Iran et dans le détroit d’Ormuz, la semaine dernière leur a insufflé de nouveaux espoirs qui s’inspiraient surtout du repli du prix du pétrole et de la détente politique.
Sur les marchés des actions, c’est surtout la vigueur de l’Europe qui a retenu l’attention. Rassurés par la baisse des prix du pétrole et l’accalmie géopolitique, les investisseurs se sont à nouveau montrés disposés à prendre des risques. Si les bourses américaines ont d’une part profité des résultats impressionnants publiés par les entreprises du complexe technologique et du segment de l’IA, elles ont aussi été freinées dans leur élan par la remontée des taux à long terme. En voyant le taux américain à 30 ans se hisser un instant à plus de 5,1%, les investisseurs se sont souvenus que les valorisations des actions de croissance sont sensibles à l’augmentation du coût du capital. Les résultats trimestriels spectaculaires de Nvidia ont tout de même amélioré le sentiment en réveillant l’optimisme au sujet de l’IA, même si l’action elle-même a eu une réaction plutôt réservée.
Le complexe technologique en tête
La rotation sectorielle s’est révélée particulièrement marquée. Le complexe technologique a été le gagnant incontesté de la semaine et a progressé de plus de 6% grâce notamment à la dynamique qui s’est emparée du secteur des semi-conducteurs et des valeurs liées à l’IA. Le secteur du retail et celui des voyages et des loisirs ont repris du poil de la bête en réalisant que la baisse du prix du pétrole pourrait atténuer l’augmentation des coûts et créer un climat un peu plus propice pour le consommateur. Si ce mouvement était d’une part révélateur d’un retour sélectif aux secteurs cycliques, les secteurs sensibles au niveau élevé des coûts de financement, comme ceux des matériaux et de la construction, sont tout de même restés plutôt à la traîne. Malgré le prix du pétrole toujours élevé en termes absolus, le secteur de l’énergie ne s’est pas montré vraiment convaincant, précisément parce que le repli des prix du pétrole a fait fondre en partie la prime géopolitique que le marché affichait jusqu’alors.
La détente du prix du pétrole
En comparaison du début de la semaine dernière, le prix du baril de Brent est retombé de 115 USD à 96 USD, anéantissant en partie l’envolée des semaines précédentes. Cette détente s’inspirait surtout des signaux indiquant une certaine avancée des efforts diplomatiques déployés sur la question du conflit en Iran. Bien que la situation dans le détroit d’Ormuz soit restée précaire et que l’on ne puisse pas encore parler d’un rétablissement des flux énergétiques, les investisseurs se sont mis à moins redouter une escalade imminente. Ce revirement a atténué la prime de risque du pétrole et a contribué à stabiliser le sentiment du marché au sens large.
Des statistiques économiques plutôt décevantes
Sur le plan macroéconomique, la semaine a surtout été marquée par la publication des PMI provisoires et de quelques indicateurs de confiance. En Europe, les PMI du mois de mai trahissaient une certaine faiblesse. L’indice composite de la zone euro est retombé à 47,5 points, révélant surtout une contraction au niveau des services (46,4 points) qui confirme que la croissance économique reste fragile. Un détail frappant résidait en outre dans le fait que l’inflation des coûts a à nouveau augmenté dans les enquêtes, ce qui place la BCE devant un exercice d’équilibre périlleux: l’activité reste médiocre, mais la pression sur les prix n’a pas encore disparu. La confiance des consommateurs est aussi restée empreinte de faiblesse en Europe, ce qui indique que les ménages restent prudents en dépit de la stabilisation du marché de l’emploi. Aux Etats-Unis, l’agenda macroéconomique était un peu moins rempli, mais les publications étaient mi-figue, mi-raisin. La confiance des consommateurs trahissait toujours la prudence tandis que les statistiques du secteur immobilier ne laissaient pas présager un rétablissement vigoureux, ce qui est compréhensible vu les taux d’intérêt élevés. En même temps, l’économie américaine reste globalement résiliente, ce qui explique en partie que la croissance bénéficiaire des entreprises tienne bon jusqu’ici.
En Chine, les statistiques se sont par contre révélées plutôt décevantes. La production industrielle n’a pas augmenté autant que prévu (+4,1%) et les ventes au détail ont déçu les attentes également (+0,2% seulement). La relance chinoise manque donc toujours d’équilibre et reste sensible aux chocs externes et à la demande intérieure hésitante. Vu le rôle essentiel de la Chine pour le cycle industriel mondial, les matières premières et les exportateurs européens, il s’agit là d’un aspect important pour les marchés.
Conclusion
Pour résumer, la semaine du 18 au 22 mai a été marquée sur les marchés financiers par un rétablissement technique et fondamental, en particulier en Europe. Les actions ont profité de la détente des prix du pétrole et de l’engouement retrouvé pour le complexe technologique, tandis que les obligations se sont quelque peu stabilisées. Le ton sous-jacent n’en est pas moins resté mitigé : les statistiques macroéconomiques et l’inflation ne sont pas parvenues à convaincre, les taux d’intérêt sont restés élevés et le contexte géopolitique est toujours fragile. Les marchés ont donc fait preuve de résilience, mais pas d’une véritable sérénité. Le rétablissement était certes bien réel, mais il reposait toujours sur un équilibre précaire entre la résilience économique, la croissance des entreprises technologiques, l’incertitude au sujet de l’inflation et les tensions politiques.
Chiffres clés du 18/5/2026 au 22/5/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5649,03 |
4,16% |
11,24% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
631,63 |
3,52% |
6,66% |
| USA: S&P 500 |
7473,47 |
0,88% |
9,17% |
| Japon: Nikkei |
65158,19 |
7,14% |
29,44% |
| Chine: Shangai Composite |
4152,57 |
0,51% |
4,63% |
| Hongkong: Hang Seng |
25606,03 |
-1,37% |
-0,10% |
| Euro/dollar |
1,16 |
0,00% |
-0,87% |
| Brent pétrole |
103,70 |
-9,00% |
69,03% |
| Or |
4515,10 |
-0,84% |
4,81% |
| Taux belge à 10 ans |
3,58 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3,03 |
|
|
| Taux américain à 10 ans |
4,56 |
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