Sommaire
- Pedro Sánchez convoque des élections anticipées après le rejet de son train de mesures de soutien.
- La mission impossible de la France : réduire les dépenses sous la pression de l’extrême droite et de l’extrême gauche.
- La liquidation progressive des "carry trades" au Japon pèse désormais aussi sur les emprunts d’État français.
- Les effets positifs des taux de change, nouvel espoir de l’investisseur européen.
Espagne : quand la crise du logement se mue en crise politique…
Qui aurait cru il y a quelques mois qu’à quatre semaines des élections américaines de mi-mandat, l’actualité serait dominée par la politique européenne ? Hier matin, les investisseurs européens ont été cueillis au saut du lit par la nouvelle des élections anticipées convoquées par Pedro Sánchez, dont la date a été fixée au 29 novembre. Fragilisé par le rejet au parlement de ses mesures destinées à enrayer la crise du logement qui secoue son pays, le premier ministre espagnol, à la tête d’un gouvernement minoritaire, a décidé de laisser choisir l’électeur. Á en croire les sondages, le Partido Popular et le parti d’extrême droite Vox pourraient parvenir ensemble à conquérir une majorité. Un scénario qui, s’il se réalise, équivaudrait à un séisme politique pour l’Espagne, l’un des meilleurs élèves de la classe européenne…
Les finances publiques de la France demeurent une source d’inquiétude
Pourtant, c’est surtout la France qui est à l’origine du malaise des bourses. Le gouvernement français doit en effet trouver un peu plus de 50 milliards d’euros à économiser pour ramener le déficit budgétaire pour 2027 à 5%. Sans ces efforts, le déficit en question atteindrait 6,5%, tandis que la dette publique du pays se chiffrerait d’ici là selon les estimations à 120% du PIB. Se retrouver contraint à une telle austérité à l’approche des élections présidentielles de l’année prochaine n’est évidemment pas un cadeau pour le gouvernement. Selon les sondages, on se dirigerait vers un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, autrement dit un duel entre l’extrême droite et l’extrême gauche. Autant dire que les bourses, qui aspirent avant tout à la stabilité, espèrent voir émerger d’ici là un candidat prometteur au centre…
Les marchés obligataires font monter la pression
Pendant ce temps, les marchés obligataires font ce à quoi ils nous ont habitués. Ces derniers jours, l’écart entre le taux à dix ans français et son homologue allemand s’est creusé pour s’établir à tout juste moins de 150 points de base. Á titre de comparaison, le taux italien à dix ans affiche environ 120 points de base de plus que son pendant allemand, tandis que le Portugal et l’Espagne peuvent se targuer d’un différentiel de seulement 45 et 35 points de base. La France est donc plus que jamais au centre de l’attention, mais malheureusement pour le Trésor français, c’est d’attention négative qu’il est question ici…
Des vendeurs inattendus
Détail frappant: les investisseurs japonais comptent parmi les vendeurs les plus assidus d’emprunts d’État français. En juillet, ils détenaient en portefeuille pour quelque 145 milliards de dollars d’emprunts d’État français. Bien plus, donc, qu’on ne pourrait s’y attendre vu le poids économique de la France. Et à présent que les emprunts d’État japonais à long terme rapportent eux-mêmes plus de 3%, ces mêmes investisseurs troquent volontiers leurs obligations françaises contre des titres allemands ou japonais… Après les bons du Trésor américain, les emprunts d’État français sont donc la nouvelle victime de la remontée des taux à long terme japonais.
Pour l’investisseur européen, la vigueur du dollar a ses bons côtés
Voilà qui nous amène à un constat qui n’a rien de réjouissant: à un mois des élections américaines de mi-mandat, c’est surtout la politique européenne qui inquiète. L’euro a sensiblement perdu du terrain ces dernières semaines par rapport au dollar, jusqu’à plonger hier sous la barre de 1,12 dollar, son niveau le plus bas en 17 mois. S’il s’agit indéniablement le signe d’une confiance vacillante à l’égard de la combativité politique de l'Europe, d’aucuns y verront une lueur d’espoir. La dépréciation de l’euro rend en effet les entreprises européennes plus compétitives et revalorise les revenus provenant d’outre-Atlantique. Comme quoi, il y a toujours moyen de voir le bon côté des choses – même s’il est grand temps que l’agitation politique nous laisse un peu de répit…
Chiffres clés du 6/10/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5498.96 |
-0.12% |
8.28% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
633.62 |
0.36% |
7.00% |
| USA: S&P 500 |
7773.95 |
0.66% |
13.56% |
| Japon: Nikkei |
69946.86 |
2.40% |
38.95% |
| Chine: Shangai Composite |
3842.19 |
0.31% |
-3.19% |
| Hongkong: Hang Seng |
24040.34 |
0.28% |
-6.20% |
| Euro/dollar |
1.12 |
-0.62% |
-4.56% |
| Brent pétrole |
100.28 |
-1.86% |
63.46% |
| Or |
4163.45 |
-0.55% |
-3.35% |
| Taux belge à 10 ans |
4.32 |
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| Taux allemand à 10 ans |
3.49 |
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| Taux américain à 10 ans |
5.31 |
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