Sommaire
- Les taux d’intérêt dans le rôle de la gravité.
- Les bourses dansent, mais surtout sur les épaules des géants.
- La diplomatie sur la scène internationale : beaucoup de cérémonies, peu de percées.
- "Joe Sixpack" déprime, les entrepreneurs allemands se montrent (prudemment) optimistes…
Un exercice d’équilibre
Le taux américain à 10 ans a poursuivi son ascension la semaine dernière et s’est hissé à 5,2%, son niveau le plus élevé depuis 2007. En Allemagne et au Japon également, les taux à long terme affichent des niveaux qu’on ne leur avait plus connus depuis des années. Le rythme de la progression, en particulier, est impressionnant. Cette remontée des rendements sans risque nuit (théoriquement) à l’attrait relatif des actions, fait chuter les cours obligataires et accroît les coûts de financement pour les ménages, les entreprises et les pouvoirs publics. Ce dernier point est crucial : des taux d’intérêt en hausse aggravent l’endettement et creusent encore davantage les déficits budgétaires.
Derrière ces mouvements se cache une combinaison de craintes inflationnistes dues aux tensions en Iran et d’émissions de plus en plus nombreuses d’obligations d’Etat pour financer les dettes publiques. L’augmentation de l’offre et un besoin de plus en plus cuisant de capitaux tant de la part des pouvoirs publics que des entreprises font augmenter le prix de l’argent…
Trapèze volant
Après la Fed et la BCE, c’était cette semaine au tour d’autres banques centrales d’Europe de se retrouver sous les feux des projecteurs. La Suède et la Suisse ont laissé leurs taux inchangés, tandis que la Norvège a porté son taux directeur à 4,5% et a laissé la porte ouverte à un nouveau resserrement. Forte de son inflation de seulement 0,8%, la Suisse pouvait en effet se permettre d’attendre… Le message à l’intention des investisseurs est clair : l’inflation détermine l’évolution des taux d’intérêt et demeure le principal point de repère des banques centrales.
Les bourses dansent, mais surtout sur les épaules des géants…
Toute la semaine, les marchés se sont efforcés de garder leur équilibre, ballottés comme ils l’étaient entre la remontée des taux, un prix du pétrole avoisinant les 100 dollars le baril et l’enthousiasme retrouvé pour l’intelligence artificielle. Finalement, ce sont à nouveau les géants technologiques qui ont volé à la rescousse des marchés. Meta a fait déferler une nouvelle vague d’enthousiasme sur le secteur technologique avec le lancement de son agent d’IA Muse, propulsant le Nasdaq à un nouveau record grâce également aux vigoureuses prestations des actions liées aux semi-conducteurs et à l’IA. A y regarder de plus près, l’évolution était cependant moins convaincante : le rebond est resté limité à une poignée de grands noms, tandis que les entreprises de plus petite taille et les secteurs sensibles aux taux d’intérêt ne parvenaient pas à échapper à la pression. Sans compter que pendant ce temps, le débat au sujet de la vitesse de développement de l’IA fait toujours rage…
Une nouvelle représentation du cirque diplomatique
L’assemblée générale des Nations Unies et la visite du président chinois Xi Jinping aux Etats-Unis ont planté le décor d’un nouveau numéro d’art diplomatique. La trêve commerciale entre les deux pays a été prolongée, mais c’est à peu près tout. Pas d’accords d’envergure sur le commerce, la technologie ou l’intelligence artificielle… La relation entre les deux grandes puissances reste donc fragile, minée par des dossiers comme Taïwan, les restrictions d’exportation et les sanctions, susceptibles de remettre le feu aux poudres à tout moment.
Des applaudissements pas unanimes
La confiance des consommateurs américains est retombée à son niveau le plus bas des quatre derniers mois. Le prix élevé du diesel et les taux hypothécaires de plus de 7% pèsent sur le sentiment, et les prévisions d’inflation continuent également à augmenter. Les consommateurs s’attendent à ce que les prix poursuivent leur ascension dans les douze mois qui viennent, et ils tablent pour les cinq à dix ans à venir sur une hausse des prix annuelle de 3,4%, le niveau le plus élevé avancé depuis le mois de mai.
En Allemagne retentit un tout autre son de cloche. La confiance des entrepreneurs y a augmenté pour le cinquième mois d’affilée et a ainsi atteint son niveau le plus élevé en trois ans. Les dirigeants d’entreprises sont devenus plus optimistes tant au sujet de la conjoncture économique actuelle qu’à l’égard des perspectives. Reste à voir si ce rétablissement aura l’étoffe de se muer en une relance économique durable…
Pleins feux sur l’inflation et l’emploi
Cette semaine, l’attention se reportera à nouveau sur l’inflation et l’activité économique. Les taux d’inflation qui seront publiés pour la Belgique et l’Europe nous diront si la pression sur les prix s’est encore atténuée. Nous aurons également l’occasion de découvrir la confiance des entrepreneurs au Japon, en Chine, en Europe et aux Etats-Unis avant d’en venir vendredi au point d’orgue de la semaine : la publication du rapport américain sur l’emploi. Pris dans leur totalité, tous ces chiffres détermineront si la récente remontée des taux va se poursuivre ou plutôt marquer une pause.
Tant que les taux d’intérêt et les prix du pétrole restent élevés, la sélectivité demeure essentielle. Les entreprises de qualité disposant d’un bon "pricing power" et de bilans solides constituent en ce moment un meilleur rempart qu’un optimisme aveugle devant l’évolution des indices. Le marché danse toujours sur la corde raide, et nous saurons cette semaine si les statistiques économiques vont l’aider à conserver son équilibre ou au contraire le déstabiliser à nouveau…
Chiffres clés du 21/9/2026 au 25/9/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5704,30 |
-0,16% |
12,32% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
638,65 |
0,50% |
7,85% |
| USA: S&P 500 |
7743,41 |
1,21% |
13,12% |
| Japon: Nikkei |
66364,20 |
4,54% |
31,83% |
| Chine: Shangai Composite |
3888,37 |
0,33% |
-2,03% |
| Hongkong: Hang Seng |
24510,09 |
-0,97% |
-4,37% |
| Euro/dollar |
1,14 |
-0,53% |
-2,92% |
| Brent pétrole |
104,18 |
-12,94% |
69,81% |
| Or |
4290,75 |
-2,19% |
-0,40% |
| Taux belge à 10 ans |
4,28 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3,62 |
|
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| Taux américain à 10 ans |
5,16 |
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