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Pleins feux sur la géopolitique
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19 FÉVR

Pleins feux sur la géopolitique

19-2-2026
Veerle Daeninck – Investment Communication Manager
Veerle Daeninck
Veerle Daeninck Investment Communication Manager
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Rédigé le 19-2-2026 09:40
Publié le 19-2-2026 09:40
Les tensions entre les États Unis et l’Iran montrent à quel point les chocs géopolitiques influencent rapidement l’énergie, l’inflation et les marchés, un lien désormais clair pour les investisseurs.
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Sommaire

  • De l’occasionnel au structurel.
  • Pourquoi les prix de l’énergie sont toujours les premiers à réagir.
  • Les implications d’un monde multipolaire pour les marchés.
  • Quand le contexte géopolitique dicte les choix à poser pour les portefeuilles.

De l’occasionnel au structurel

Ce qui était autrefois perçu comme un incident isolé cadre de nos jours de plus en plus souvent dans un contexte structurel plus vaste. Les événements géopolitiques ne sont plus indépendants les uns des autres, mais s’inscrivent dans un réagencement fondamental des rapports de force et des dépendances économiques.

D’un équilibre fragile à un ordre mondial à plusieurs vitesses

L’évolution vers un ordre mondial à plusieurs vitesses n’est pas une perturbation temporaire, mais une reconfiguration structurelle des rapports de force, des routes commerciales et des primes de risque. Les investisseurs qui ne tiennent pas compte de ce facteur sous-estiment à quel point la fragmentation (qui se traduit par des relations moins prévisibles), la concurrence (surtout entre les Etats-Unis et la Chine) et les risques communs (comme le climat et l’IA) créent ensemble une nouvelle logique sous-tendant les réactions du marché.

Les valeurs refuges traditionnelles (comme les obligations d’Etat et l’or) et les expositions régionales (par exemple le risque énergétique de l’Europe et la rivalité technologique de l’Asie) doivent faire dans ce nouvel environnement l’objet d’une pondération différente.

La fragmentation, la cohésion et la concurrence en tant que forces structurantes

La fragmentation rend les relations économiques moins prévisibles. Dans le même temps, les risques communs comme le changement climatique et l’intelligence artificielle encouragent la collaboration partielle. Mais la concurrence, notamment entre les Etats-Unis et la Chine, reste la force dominante.

Des institutions mondiales comme les Nations Unies, autrefois garantes de prévisibilité, sont de plus en plus souvent reléguées à l’arrière-plan ou remises en question. Cela signifie que les événements politiques, qui se déclinent sur une échelle allant de conflits commerciaux à des tensions régionales, sont susceptibles d’impacter plus rapidement et plus profondément les marchés financiers.

Par ailleurs, les puissances moyennes ou "middle powers" (comme l’Inde et les Etats du Golfe) découvrent de nouvelles manières de louvoyer à travers ce nouvel ordre mondial en recherchant un équilibre stratégique dans leurs relations avec les grandes puissances. D’un côté, elles entretiennent des relations de sécurité avec les Etats-Unis mais de l’autre, elles approfondissent des liens économiques avec la Chine et les autres économies émergentes.

Pour l’investisseur, cela signifie que les flux de capitaux, les relations commerciales et les accords énergétiques deviennent moins prévisibles et recourent plus souvent à de nouvelles alliances.

Les réactions du marché dans une structure multipolaire

En combinaison avec les tensions actuelles entre les Etats-Unis et l’Iran – qui même sans escalade à grande échelle engendrent déjà des fluctuations substantielles des prix du pétrole et des actifs risqués –, ces évolutions donnent aux investisseurs une idée concrète de la manière dont cette structure multipolaire fonctionne dans la pratique.

Les réactions du marché aux rebondissements géopolitiques sont rarement linéaires. Les prix de l’énergie se révèlent particulièrement sensibles aux signaux laissant présager des perturbations potentielles. La seule perspective d’interruptions de l’approvisionnement en pétrole ou en gaz suffit à faire grimper la prime de risque, ce qui se répercute sur les prévisions d’inflation et l’évolution des taux d’intérêt.

Dans ces moments, les marchés des actions font souvent preuve de retenue, en particulier dans les régions susceptibles d’être affectées directement. Les investisseurs ont alors davantage tendance à chercher leur planche de salut dans les actifs relativement sûrs, comme les obligations d’Etat et l’or.

Durant les phases d’aversion au risque, les devises des marchés émergents sont particulièrement vulnérables, ce qui expose les portefeuilles internationaux à une volatilité accrue. Là encore, il faut y voir une nouvelle preuve que les chocs géopolitiques, même lorsqu’ils restent limités, peuvent avoir un impact matériel sur le marché dès que la perception des risques change.

Gestion des portefeuilles : de la vision à l’action

Pour la gestion des portefeuilles, une approche structurée des risques est essentielle. Plutôt que de se fier à une seule prévision centrale, il est plus efficace de réfléchir en termes de scénarios, puisque cette approche envisage systématiquement les différentes issues possibles. Un scénario de base table sur des tensions persistantes mais gérables, avec des marchés qui absorbent les chocs sans subir de désorganisation structurelle. Un scénario baissier présuppose des perturbations au niveau des chaînes énergétiques ou d’approvisionnement, engendrant à leur tour des corrections abruptes pour les actifs risqués et faisant grimper les primes de risque. Un scénario haussier, en revanche, repose sur une détente diplomatique qui permettrait aux primes de risque de diminuer et aux marchés cycliques de se rétablir. En confrontant systématiquement les portefeuilles à ces différents scénarios, il devient possible de déceler les vulnérabilités et d’adapter de manière proactive l’allocation des actifs.

L’Europe et l’Asie : deux situations différentes

Du fait que nombre de ses économies sont tributaires de matières premières importées et de flux commerciaux ouverts, l’Europe reste relativement sensible aux risques énergétiques et commerciaux. Les perturbations des livraisons de pétrole et de gaz, la hausse des coûts du transport ou encore les nouvelles barrières commerciales produisent de ce fait assez rapidement leurs effets sur les coûts de production, l’inflation et la rentabilité des entreprises, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la chimie et des transports.

Les marchés asiatiques dépendent moins de l’énergie mais sont davantage exposés aux rivalités technologiques et géopolitiques, notamment entre la Chine et les Etats-Unis. On peut dans ce contexte penser aux restrictions commerciales qui affectent les semi-conducteurs, aux limitations imposées aux investissements dans les secteurs stratégiques ou encore aux tensions au sujet de Taïwan. Des mesures comme celles-là affectent directement les entreprises technologiques, les chaînes d’approvisionnement et les flux de capitaux dans la région, de sorte que la volatilité y est plus souvent dictée par des considérations de sécurité et d’innovation que par les prix de l’énergie.

A l’ère de la fragmentation géopolitique, la diversification géographique et la diversification instrumentale restent donc les pierres angulaires fondamentales d’une stratégie efficace.

Les tensions géopolitiques ne sont pas des interférences, mais une réalité à prendre en compte

Les marchés financiers ne sont pas immunisés contre les tensions géopolitiques, mais ils les intègrent activement dans les prix et les prévisions. Les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ne sont pas un incident isolé, mais s’inscrivent dans une réorientation plus vaste des rapports de force internationaux.

Pour l’investisseur, le défi consiste non pas à prévoir chaque évolution distincte, mais à constituer des portefeuilles capables de faire face à plusieurs issues et à se ménager une possibilité de saisir les opportunités qui se présentent dans cet ordre mondial en pleine évolution.

Dans un monde où le contexte géopolitique est devenu une donnée structurelle, la résilience n’est plus un choix défensif, mais une nécessité stratégique.

Chiffres clés du 18/2/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5677.83 0.60% 11.80%
Europe: Stoxx Europe 600 628.69 1.19% 6.16%
USA: S&P 500 6881.31 0.56% 0.52%
Japon: Nikkei 57143.84 1.02% 13.52%
Chine: Shangai Composite 4082.07 -1.26% 2.85%
Hongkong: Hang Seng 26705.94 0.52% 4.20%
Euro/dollar 1.18 0.09% 0.66%
Brent pétrole 67.43 0.00% 9.91%
Or 4916.85 -0.11% 14.13%
Taux belge à 10 ans 3.25

Taux allemand à 10 ans 2.74

Taux américain à 10 ans 4.09


Source : Factset

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