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"Thank you, I won’t see you next time."
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30 AVR

"Thank you, I won’t see you next time."

30-4-2026
Veerle Daeninck – Investment Communication Manager
Veerle Daeninck
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Rédigé le 30-4-2026 08:39
Publié le 30-4-2026 08:39
La Fed a maintenu comme prévu les taux à 3,5%-3,75%. Comme s’ils avaient déjà oublié Powell, les investisseurs ont reporté leur attention sur le message sous-jacent et sur l’accueil mitigé réservé aux résultats des entreprises.
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Sommaire

  • La Fed laisse les taux inchangés, toujours pas d’abaissements en vue.
  • Le départ de Jerome Powell ne fait qu’ajouter à l’incertitude de la politique.
  • Les marchés réagissent avec tiédeur.
  • Les entreprises technologiques publient de bons résultats, mais le marché sanctionne les investissements élevés.

La prudence reste le fil conducteur

Jerome Powell a été clair : il ne faut pas s’attendre à des abaissements des taux dans l’immédiat. Avec une inflation oscillant aux alentours de 3,3%, l’objectif de 2% reste hors d’atteinte. Pour passer à l’action, la banque centrale voudra d’abord des preuves tangibles d’une poursuite du refroidissement.

La politique de rigueur est donc appelée à se poursuivre et pourrait peser sur les valorisations, en particulier dans les secteurs sensibles aux taux d’intérêt.

Fed : des dissensions internes à la veille du départ de Jerome Powell

Au sein de la Fed, les dissensions au sujet de la politique future ne cessent de croître, ce qui ajoute encore à l’incertitude ambiante. Lors de la réunion d’hier, qui devrait être sa dernière en tant que président, Jerome Powell a tiré sa révérence sur un laconique "Thank you, I won't see you next time.".

Jerome Powell était connu pour sa communication claire et pragmatique, parvenant à préserver l’indépendance de la banque centrale en dépit des pressions exercées ouvertement par Donald Trump sur la politique des taux. Son départ pourrait signifier une nouvelle dynamique pour la politique monétaire.

En dépit du boom de l’IA, les investisseurs prennent les résultats des entreprises technologiques avec des pincettes

Comme c’est souvent le cas ces dernières années, les résultats des « Magnificent Seven » sont particulièrement scrutés pendant la saison des publications. Une tendance claire se dégage : une croissance solide, mais des réactions de marché critiques.
Alphabet a dépassé les attentes en publiant un chiffre d’affaires de 109,9 milliards de dollars, en hausse de 22%. Le résultat le plus impressionnant était la croissance de 63% de Google Cloud, qui totalise désormais un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars et confirme ainsi la forte demande de capacité d’IA. Le CEO Sundar Pichai a souligné que les investissements dans l’IA sont rentables dans tous les segments.
Amazon a elle aussi fait état de résultats vigoureux, pulvérisant les attentes avec une croissance de 17% du chiffre d’affaires (181,5 milliards de dollars). La division AWS, spécialisée dans les services de cloud computing, a signé sa croissance la plus vigoureuse depuis plusieurs années grâce à l’explosion de la demande de services d’IA, révélant un chiffre d’affaires de 37,6 milliards de dollars (+28%).
Les activités retail ont dépassé les attentes également. Pour le trimestre prochain, Amazon estime pouvoir atteindre un chiffre d’affaires de 199 milliards de dollars.
Et pourtant, l’action a eu une réaction négative. Les investisseurs se sont focalisés sur la forte augmentation des investissements en capital (qui ont atteint cette année les 200 milliards de dollars) et sur les prévisions de bénéfices en léger repli. Malgré la croissance impressionnante, le besoin d’investissements et les perspectives prennent le dessus dans la valorisation.
Chez Microsoft, Azure a laissé entrevoir une croissance de 39% qui a porté le chiffre d’affaires à 32,9 milliards de dollars. Le CEO Satya Nadella indique de son côté que l’IA génère déjà un chiffre d’affaires de 37 milliards de dollars mais ici aussi, les investissements élevés tempèrent l’enthousiasme.

Une ère d’équilibre : croissance, prudence… et adieux

La dernière décision de la Fed et la saison des résultats brossent le portrait d’un monde financier en transition. La banque centrale maintient son cap, avec des taux stables et une inflation toujours tenace. Le départ de Jerome Powell symbolise la fin d’une ère de stabilité politique relative. Associé à des tensions internes grandissantes, son retrait accentue l’incertitude dans un contexte déjà complexe. Ses derniers mots, « Thank you, I won’t see you next time », résonnent non seulement comme un adieu personnel, mais aussi comme une métaphore d’une ère monétaire cédant la place à l’inconnu.
Pendant ce temps, le secteur technologique démontre que croissance et innovation, notamment dans l’IA, se poursuivent sans relâche, mais que le marché a enfilé ses lunettes critiques. Les solides performances d’Alphabet, Amazon et Microsoft confirment la vitalité de l’économie numérique, mais les investisseurs sont moins enclins à récompenser la croissance les yeux fermés. Les investissements en capital, les prévisions de bénéfices et l’efficacité pèsent plus que jamais. Un paradoxe se dessine : la révolution de l’IA dope les revenus, mais le coût de cette croissance, littéral et figuré, est évalué avec une rigueur accrue.
Dans ce contexte, la Fed, même après Powell, reste la main invisible qui structure le terrain de jeu. Son attitude prudente contraint les acteurs du marché à la sélectivité et à la patience. Le message est clair : dans un monde où politique monétaire et disruption technologique sont en mouvement, la croissance seule ne suffit plus comme critère, c’est la manière dont elle est atteinte, et à quel prix, qui compte. Pour les investisseurs, cela signifie un retour aux principes fondamentaux : discipline, réalisme et la capacité à distinguer les opportunités réelles du battage médiatique. Une ère où l’équilibre entre ambition et gestion des risques, entre innovation et rendement, devient la nouvelle norme.

Chiffres clés du 29/4/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5279,69 -1,03% 3,96%
Europe: Stoxx Europe 600 602,96 -0,60% 1,82%
USA: S&P 500 7135,95 -0,04% 4,24%
Japon: Nikkei 59917,46 -1,02% 19,03%
Chine: Shangai Composite 4107,51 0,71% 3,49%
Hongkong: Hang Seng 26111,84 1,68% 1,88%
Euro/dollar 1,17 -0,02% -0,38%
Brent pétrole 118,14 6,25% 92,57%
Or 4565,30 -0,99% 5,97%
Taux belge à 10 ans 3,66
Taux allemand à 10 ans 3,09
Taux américain à 10 ans 4,41

Source: Factset

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